Corps helvétique

Désignation de la Confédération suisse, soit de l'ensemble formé par les treize cantons et leurs alliés, communément utilisée dès le XVIIe s., parallèlement aux termes de Confédération, Suisse, Confoederatio helvetica, Magna Liga, Ligues et Helvetia. L'expression (en latin Corpus helveticum) trouve son origine dans le nom des Helvètes, redécouvert par les humanistes et appliqué aux Confédérés. Dans la première moitié du XVIIe s., "Corps helvétique" était fréquemment employé dans la correspondance diplomatique française, mais alternait encore, sous Louis XIV, avec d'autres expressions ("Corps des Ligues helvétiques", "Corps de la Nation helvétique", "République helvétique"). Vers la fin du XVIIe s. pourtant, "Corps helvétique" l'emporte dans les lettres royales. Au XVIIIe s., il sera le nom officiel de la Suisse en France et entrera même dans l'usage littéraire. Il remplacera systématiquement, dans le Trücklibund conclu en 1715 entre les cantons catholiques et la France, l'expression "les anciennes ligues (des Hautes Allemagnes)", qui figurait dans l'alliance de 1663. Au cours du XVIIIe s., les Etats italiens, l'Espagne, les Provinces-Unies et l'Angleterre l'adopteront aussi officiellement. En Allemagne, on tenta de reprendre la terminologie française dans les actes officiels, grâce à des expressions comme eidgenössischer Corpus, helvetischer Corpus ou simplement Corpus, mais les termes usuels étaient Eidgnoßschaft ou Eidgnossischer Stand. En 1792, l'ambassadeur français François de Barthélemy garantit à nouveau devant la Diète le respect de la neutralité du "Louable Corps helvétique". L'expression disparut en 1798 avec la naissance de la République helvétique.


Bibliographie
– W. Oechsli, «Die Benennungen der alten Eidgenossenschaft und ihre Glieder», in JSG, 41, 1916, 51-230; 42, 1917, 87-258, surtout 168-177
HbSG, 675

Auteur(e): André Holenstein / LD