08/06/2001 | communication | PDF | imprimer | 

Albula, col de l'

Col des Grisons (2312 m) entre Bergün/Bravuogn et La Punt-Chamues-ch. Important point de passage nord-sud sur la route du col de la Bernina au XVIe s., l'A. (rom. Pass d'Alvra) déclina lorsque la route principale se porta vers l'ouest et vers Chiavenna; dès lors, il servit surtout au trafic local ou avec la Valteline, et au transport du sel de Hall (Tyrol).

D'un projet de pacte de 1451 entre la Ligue grise et la Haute-Engadine il reste une croix, près de Cruschetta (2236 m), à quelque distance du col en direction de Bergün: signe de l'ancienne frontière entre Engadine et vallée de l'A. L'image du col est plus nette dans le rapport d'un ambassadeur vénitien, qui le franchit, péniblement, le 29 décembre 1525. Tout aussi difficile fut en 1537 le voyage du sculpteur et orfèvre florentin Benvenuto Cellini, qui passa autour des 7 et 8 mai la Bernina et l'A. très enneigés; avec ses compagnons, il frôla souvent la mort. Le col n'avait alors pas d'hospice; l'auberge de Crap Alv ne fut ouverte que plus tard. Il incombait à Bergün et à La Punt-Chamues-ch d'ouvrir la route et de l'entretenir. La convention de la Haute-Engadine avec Chamues-ch (1544) de ruptura Albule réglait surtout l'ouverture hivernale (du 11 novembre au 1er avril); toujours sous la menace d'avalanches, la route devait constamment être marquée par des piquets. Les voisins de Chamues-ch pouvaient percevoir un péage pour les frais d'entretien. Par l'A. passaient surtout vin, grains, riz et sel, ainsi que de grandes quantités de minerai et de métal, lorsque florissaient les mines de Bergün, de Filisur et de la Bernina. La France organisa en 1548 un service postal par l'A.-Bernina, afin d'assurer les communications avec Venise, ce qui rendit les deux cols plus attractifs. A Coire, Lantsch, Bergün et La Punt-Chamues-ch, des gens et des chevaux furent spécialement engagés au service de la poste française de l'A.

La nouvelle route Saint-Marc construite par les Vénitiens, de Bergame à Morbegno, en 1593, attira presque tout le trafic de transit vers le Splügen et le Septimer; l'A. et la Bernina régressèrent. Néanmoins l'A. était utilisé et fut amélioré. En 1696 on perça le Bergüner Stein (rocher de Bergün), qu'il fallait jusqu'alors contourner; pour la première fois aux Grisons, on fit exploser de la poudre pour construire une route. Le tarif douanier de Bergün de 1759 énumère des taxes pour les bêtes de bât, les voitures et les traîneaux, ce qui prouve une utilisation, même modeste, du col. La route actuelle Bergün-La Punt-Chamues-ch fut construite en 1865. Le chemin de fer de l'A. (Chemins de fer rhétiques), avec ses fiers viaducs métalliques, ses tunnels hélicoïdaux et sa longue galerie entre Preda et Spinas (val Bever) fut ouvert en 1903.


Bibliographie
– R. A. Ganzoni, «Davart il cuolm d'Alvra», in Annalas, 25, 1911, 63-71
– M. Bundi, «Über die Bündnerpässe nach Venedig», in Revue suisse de l'hôtellerie et du tourisme, printemps 1991, 36-38

Auteur(e): Martin Bundi / PM