06/07/2006 | communication | PDF | imprimer

Grüningen (commune)

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Comm. ZH, distr. de Hinwil, dans l'Oberland zurichois, comprenant, outre la bourgade campagnarde de G., les villages et hameaux d'Itzikon, Binzikon, Bächelsrüti, Adeltshausen et Holzhausen, ainsi que des fermes isolées. 1243 apud Gruningin. 38 feux en 1467, 674 hab. en 1634, 1040 en 1739, 1695 en 1850, 1207 en 1900, 1450 en 1950, 3092 en 2000. Tumulus hallstattien au Strangenholz. L'archéologie et les premières mentions, notamment celles d'Itzikon (837 in Izinheimo) et de Binzikon (854 in willa Pinuzzinhovun), permettent d'affirmer que le territoire de la commune était déjà colonisé au VIIIe s.

Un château ou habitat fortifié (castrum, castellum) est cité en 1256/1261; des avoyers de G. le sont en 1261, une cité fortifiée (castrum seu oppidum) en 1284, un bourgeois de G. en 1296, un tribunal municipal en 1337, un droit de marché en 1416 (bétail et marchandises; marché aux grains dès 1621). Tout cela indique que G. était une ville; mais on ignore la date de sa fondation, à laquelle les barons de Regensberg ont sans doute fortement contribué. Ceux-ci affranchirent le couvent de Rüti de redevances sur des immeubles sis à G. (1260), ce qui semble prouver leur suzeraineté sur la bourgade. En 1269 (ou au début du XIVe s. selon Christian Kuchimeister), l'abbaye de Saint-Gall racheta les droits des Regensberg. On sait qu'en 1279 le bailliage et la ville de G. appartenaient aux Habsbourg. Plusieurs mises en gage suivirent, notamment aux seigneurs de Landenberg-Greifensee (1331) et aux Gessler de Meienberg (1374). En 1408, les frères Hermann et Wilhelm Gessler vendirent le gage à la ville de Zurich, qui annexa ainsi le château fort, la bourgade et la seigneurie de G.

La petite cité constituait l'avant-cour du château (édifié avant 1229), dont elle était séparée par un fossé. Son mur septentrional (rangée de six maisons) a été conservé jusqu'à nos jours. Le reste des murailles et la porte ont été presque entièrement détruits. La bourgade abritait notamment l'ancienne chancellerie (siège du secrétaire baillival), le tribunal du bailliage, la grange des dîmes bâtie en 1552, le quartier du marché et des artisans appelé "Chratz", la fontaine municipale et, hors les murs, le gibet et une grande fosse à déchets. L'église procède de la chapelle du château (1396). Elle fut érigée en paroisse en 1610, mais le gouvernement zurichois ne désigna un pasteur qu'après l'achèvement de la cure en 1678 (la collation appartint de 1682 à 1811 à la famille Schmid de Kempten, qui la vendit au canton de Zurich). La ville connut plusieurs incendies (vers 1383, en 1551, en 1685). En 1970, les flammes emportèrent l'église et une partie du château (reconstruction en 1977). Les mesures de protection de la vieille ville, prises en 1954, avant la période de haute conjoncture et alors que la pression des promoteurs ne se faisait pas encore sentir, valurent à la commune le prix Wakker en 1976.

G. comptait vingt-six artisans en 1634 et trente-six en 1689; on y trouvait de nombreuses entreprises banales (des tavernes, une boulangerie, des moulins, un pilon, une fabrique de poêles et des teintureries). Des dépendances agricoles hors les murs furent transformées en fermes dans la première moitié du XIXe s. En 1836, quelque 300 personnes travaillaient dans l'agriculture, 200 dans le tissage du coton et de la soie et 112 dans des métiers artisanaux. G. ne connut guère de développement industriel. Cette stagnation lui fit perdre l'administration du district, transférée en 1831 à Hinwil. Une diligence assurait la liaison avec Zurich (1836) et Stäfa (1858). Le tramway Wetzikon-Meilen circula de 1903 à 1950; les bus de la compagnie de l'Oberland zurichois lui ont succédé. Le plan de zones de 1960 entraîna le développement des fractions villageoises, ce qui ne fut pas sans effet sur la structure de l'emploi (en 2000, seulement un vingtième environ des personnes actives travaillait dans le secteur primaire).


Bibliographie
– E. Gehri, Grüningen Zürich, 1983
– M. Leutenegger, Das Landstädtchen Grüningen bis 1440, 1988
– M. Leutenegger, Stadt- und Bevölkerungsgeschichte Grüningens im Spätmittelalter, 1989
– E. Gehri, Grüningen. Ein Bildband mit alten und neuen Ansichten, 1995

Auteur(e): Martin Illi / WW