22/09/2008 | communication | PDF | imprimer

Gossau (ZH)

L'édition imprimée de cet article comporte des images. Commandez le DHS chez notre éditeur.

Comm. ZH, distr. de Hinwil, dans la vallée supérieure de la Glatt, comprenant cinq fractions (appelées Wachten ou Schulwachten): G. (859 in Cozzesouwo), qui englobe le quartier de Berg autour de l'église, Bertschikon, Grüt, Herschmettlen et Ottikon. La topographie est marquée par des collines morainiques (drumlins) et par le vaste bassin de l'ancien marais de G. 875 hab. en 1634, 1649 en 1730, 3089 en 1850, 2322 en 1910, 2387 en 1941, 4759 en 1970, 7157 en 1990, 8685 en 2000.

Vestiges d'habitat ancien dans la région des drumlins de G.-Bertschikon-Grüt (tumulus de l'âge du Bronze, pierre à écuelles) et sur la rive de l'ancien marais (site lacustre de l'âge du Fer à la Stocken). Nécropole alamane à la Tägernau qui, comme la Lützelnau (745 Lucicunauvia) toute proche et le village même de G., est située dans une zone de colonisation du haut Moyen Age, comme l'indique la terminaison en -ikon des toponymes environnants. Dotée d'une église par l'abbaye de Saint-Gall, au lieudit auf dem Berg (Gozeshuova in atrio sancte Marie publice en 877), la région formait au bas Moyen Age une juridiction libre (le plaid se tenait à Binzikon; coutumier de 1435). La paroisse de G. incluait la commune de Grüningen (jusqu'en 1610) et en partie celles d'Oetwil am See (jusqu'en 1729) et d'Unterwetzikon (jusqu'en 1775). Après la fondation vers 1250 de la ville de Grüningen sur le territoire de la juridiction libre, les gens de celle-ci furent intégrés à la seigneurie de Grüningen, laquelle passa en 1408 à Zurich. Le patronage de l'église appartenait aux barons de Matzingen aux XIIIe et XIVe s., puis de 1366 à 1414 aux chevaliers de Landenberg-Werdegg, qui le vendirent au couvent de Rüti (supprimé en 1525). A la Réforme, G. fut un centre anabaptiste; son pasteur, Sebastian Ramsperg, tomba à Kappel en 1531 avec dix de ses paroissiens. En 1820, l'ancienne église gothique, démolie à l'exception du clocher, fit place à un temple néoclassique, à disposition transversale, capable d'accueillir 1200 personnes; sa charpente s'effondra le 22 juin 1820, pendant la fête du bouquet (fin du chantier), faisant 25 morts et 300 blessés.

Jusqu'à leur fusion en commune vers 1800, les cinq Wachten étaient des communautés indépendantes les unes des autres. La topographie s'opposait à l'extension de l'assolement obligatoire et favorisa, dès le bas Moyen Age et surtout au XVIe s., l'exploitation individuelle et la formation de domaines clôturés (hors terroir assolé). Vers 1800, on partagea définitivement les communaux et de nouvelles fermes isolées apparurent. Une élite de gros paysans et d'artisans se lança, dès le XVIIe s., dans l'industrie du coton, selon le Verlagssystem. Cela entraîna un important essor démographique et la construction de Flarzhäuser (maisons ouvrières typiques), par exemple à Grüt et Oberottikon. Au XVIIIe s., G. était la commune la plus peuplée de l'Oberland zurichois. Dans la seconde moitié du XIXe s., l'industrie textile à domicile s'effondra; les agriculteurs se tournèrent davantage vers la production laitière (huit fromageries). La coopérative agricole fut fondée en 1910; à la même époque, et jusque vers 1950, de nombreuses familles paysannes de l'Emmental immigrèrent. L'amélioration foncière de 1941 à 1946 fut suivie d'un remaniement en 1977 (construction de la route rapide de la Forch).

Le chemin de fer de la vallée de la Glatt (1857), passant par Wetzikon, laissa G. à l'écart. La mise en service du tramway Wetzikon-Meilen (1903), avec arrêts à Grüt, G. et Ottikon, ne réussit pas à enrayer le recul économique; la ligne fut désaffectée en 1950 et G. raccordé au réseau de bus de l'Oberland zurichois. L'économie locale se reprit. Après l'introduction du plan de zones en 1965, la construction fut très active, en particulier à Grüt et Bertschikon; de 1960 à 1990, le nombre d'habitants augmenta de 218%, on bâtit sept écoles entre 1951 et 1991, une église catholique en 1959 et une nouvelle maison de commune en 1992. Les entreprises sont nombreuses (288 en 1990) et de petite taille. En 2000, le secteur secondaire offrait un bon tiers des emplois et le tertiaire près de la moitié, mais G. comptait trois fois plus d'habitants employés à l'extérieur que de navetteurs venant y travailler.


Bibliographie
– G. Strickler, Geschichte der Herrschaft Grüningen, 1908
MAH ZH, 2, 1943, 184-188
Gossau - deine Heimat, 1-, 1962-
– M.H. Gubler, Reformierte Kirchen von Uster, Gossau, Bäretswil, 1976

Auteur(e): Jakob Zollinger / IB