• <b>Lugano (pieve, bailliage, district)</b><br>Sources: indications de Paolo Ostinelli;  <I>Revue d'histoire ecclésiastique suisse,</I> 33, 1939, 123-131; H. Ammann, K. Schib, éd., <I>Atlas historique de la Suisse,</I>    <SUP>2</SUP> 1958, 52-53; <I>Ticino 1798-1998</I>, 1, 1998, 256  © 2007 DHS et Kohli cartographie, Berne.

Lugano (pieve, bailliage, district)

A partir du IXe s., l'appellation L. s'appliqua non seulement à la ville de L. et à son lac, mais aussi à diverses entités territoriales et administratives. Elle désigna une pieve (grande paroisse) dès le Moyen Age, l'un des bailliages italiens depuis la conquête des territoires tessinois par les cantons suisses (1512-1798), un canton de l'Helvétique entre 1798 et 1803 (Lugano (canton)) et un district depuis la création du canton du Tessin (1803). Les différentes entités administratives eurent des extensions territoriales diverses.

<b>Lugano (pieve, bailliage, district)</b><br>Sources: indications de Paolo Ostinelli;  <I>Revue d'histoire ecclésiastique suisse,</I> 33, 1939, 123-131; H. Ammann, K. Schib, éd., <I>Atlas historique de la Suisse,</I>    <SUP>2</SUP> 1958, 52-53; <I>Ticino 1798-1998</I>, 1, 1998, 256  © 2007 DHS et Kohli cartographie, Berne.<BR/>
Pieve, bailliage et district de Lugano

1 - Pieve

Les sources ne permettent pas de dater avec précision l'origine de la pieve de L. Si son appartenance initiale à la pieve d'Agno reste une hypothèse, il est avéré en revanche qu'elle dépendait de Côme. L'église paroissiale est mentionnée pour la première fois en 818, sa dédicace à saint Laurent est attestée depuis 875; l'existence d'un chapitre, d'un archiprêtre et d'une cure est confirmée dès 1078. Le nombre des chanoines a varié au cours des siècles: ils étaient peut-être sept au XIIIe, douze au XIVe et quatre au XVe s.; depuis la fin du XVIe s., le chapitre est composé d'un archiprêtre et de neuf chanoines. Les prêtres de la paroisse ne vivaient pas, semble-t-il, en communauté. L'autonomie économique du chapitre, dont les statuts datent de 1364 et 1486, était garantie par la possession de biens (depuis le XIe s.) et de droits de dîme sur tout le territoire de L.; le chapitre acquit d'autres dîmes au XIIe s. ou les loua à des particuliers (XIIIe s.). La pieve comprenait les territoires situés au nord du lac de L. touchant au nord la Capriasca, à l'est la Valsolda et à l'ouest le Malcantone. Elle s'occupa de la cure d'âmes et de l'administration des sacrements jusqu'à la création de nouvelles paroisses. L'organisation de la pieve se transforma progressivement à partir du XVe s. et pendant toute l'époque moderne: de nombreuses paroisses se détachèrent de L. et les communautés rurales tendirent parfois à acquérir une plus grande autonomie. Cependant, malgré quelques changements, la pieve conserva toujours sa dignité ecclésiastique.

Auteur(e): Giuseppe Negro / DW

2 - Bailliage

Les terres composant la communauté de la vallée de L., qui constituaient déjà au Moyen Age une entité politico-administrative centrée autour du bourg, passèrent sous la domination suisse en 1512 et devinrent un bailliage commun gouverné par un bailli (landfogto ou capitaine) résidant à L. et désigné à tour de rôle par les XII cantons. Nommé pour deux ans, le bailli gérait l'administration et détenait les pouvoirs judiciaires et de police; en cas de guerre, il assumait la charge de commandant de tous les bailliages italiens. Il était assisté par un lieutenant, qu'il nommait lui-même, par un secrétaire baillival, deux fiscaux et deux chanceliers, tous autochtones. Le seul bourreau pour les quatre bailliages des XII cantons résidait aussi à L. Le territoire du bailliage était constitué par la communauté (Magnifica Comunità) de L., divisée en quatre grandes paroisses (Magnifiche Pievi) qui s'étaient formées au Moyen Age lorsque des fonctions administratives étaient venues s'ajouter à leur rôle religieux: il s'agissait des pievi de L. (36 communes), d'Agno (37 communes), de Capriasca (11 communes) et de Riva San Vitale (13 communes). Le bailliage comprenait aussi les terres séparées ou privilégiées de Carabietta, Monteggio, Carona, Morcote, Ponte Capriasca, Ponte Tresa, Sonvico, Vico Morcote, Vezia et le fief de Magliaso (tenu par la famille Beroldingen depuis 1668). Les pievi étaient représentées à l'Assemblée générale de la communauté, qui se réunissait au moins une fois par année et qui possédait diverses compétences, notamment dans le domaine des finances, des impôts, des travaux publics et de l'approvisionnement en sel. L'administration courante était confiée au Conseil de la communauté, composé d'un nombre variable de membres; depuis 1693, il comptait sept régents (deux élus par le bourg de L., deux par la pieve d'Agno et un par chacune des trois autres grandes paroisses). Les terres séparées jouissaient d'une administration autonome et ne participaient aux dépenses de la communauté qu'en cas de peste ou de guerre. Chaque année, les représentants des XII cantons se réunissaient à L. pour la reddition des comptes (syndicat); ils contrôlaient l'activité du bailli, examinaient les recours contre ses décisions et jugeaient en appel.

Les famines qui frappèrent le Luganais à la fin du XVIe et au début du XVIIe s. eurent une grande influence sur le développement démographique. Les habitants de la pieve étaient environ 26 000 en 1590, 29 000 aux alentours de 1680 et 29 700 en 1783. Les épidémies de peste (dernier quart du XVIe s., 1629-1630 et 1636-1637) furent à l'origine d'une décroissance démographique, de l'augmentation des dépenses publiques et de l'alourdissement de la fiscalité. La campagne vivait essentiellement de l'agriculture et de l'élevage tandis que, dans la ville, régnait une vive activité commerciale et artisanale; la sériciculture connut un grand essor aux XVIIe et XVIIIe s. Les difficultés économiques et l'esprit de clocher furent à l'origine de nombreux différends entre les pievi et le bourg, causés généralement par des divergences concernant la répartition des dépenses de la communauté et l'élection des régents.

Auteur(e): Giuseppe Negro / DW

3 - District

Le territoire du district de L. correspond à celui de l'ancien bailliage (à l'exception de Riva San Vitale, rattaché en 1814 au district de Mendrisio). Sa création date de l'acte de Médiation (1803) qui mit un terme à la brève expérience du canton de L., créé sous l'Helvétique (1798-1803). Le district, cinquième du canton par la superficie et premier par la population (128 581 habitants en 2000, sur un total cantonal de 306 846) forme une unité administrative et judiciaire, qui, en 2005, comprenait septante communes divisées en douze cercles (L. est, L. ouest, Ceresio, Carona, Magliasina, Agno, Sessa, Sonvico, Vezia, Breno, Taverne, Capriasca). L., chef-lieu du district, est également le siège du tribunal de district et de nombreux organismes judiciaires cantonaux (tribunal d'appel, tribunal pénal). Se trouvent aussi dans le district: le pénitencier cantonal La Stampa (Cadro), divers établissements d'instruction supérieure (lycées à L. et Savosa, centre scolaire à Trevano, université de la Suisse italienne à L., haute école spécialisée à Manno et Trevano, conservatoire de la Suisse italienne à L.), l'hôpital régional (avec deux établissements hospitaliers à L., civique et italien), la Radio-Télévision de la Suisse italienne (à L. et Comano), de nombreuses associations, organes de presse et sociétés. Il est doté d'un réseau routier et ferroviaire très dense et, depuis 1980, d'un aéroport (L.-Agno). Dans le district, les activités sont essentiellement financières et le tourisme y joue un rôle important; le secteur secondaire (industries pharmaceutiques et mécaniques) s'est développé à partir de 1950.

Références bibliographiques

Fonds d'archives
– ACom et AEp
Bibliographie
– Schaefer, Sottoceneri
HS, II/1, 28, 121-134
– S. Bianconi, B. Schwarz, éd., Il vescovo, il clero, il popolo, 1991
– D. Tarilli, Notizie dal Cinquecento, éd. D. et T. Petrini, 1993
– O. Weiss, Il Ticino nel periodo dei baliaggi, 1998 (all. 1914)
– R. Ceschi, éd., Storia della Svizzera italiana dal Cinquecento al Settecento, 2000
– G. Negro, Un borgo prealpino in età moderna, 2006

Auteur(e): Giuseppe Negro / DW