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Thorberg

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Château fort dans la comm. de Krauchthal BE, chartreuse de 1397 à 1528, siège d'un bailliage de 1528 à 1798, prison dès 1848. Le château fut construit au Moyen Age classique sur les ruines d'un habitat romain (traces de poteaux de bois). On ignore s'il fut d'abord la résidence des seigneurs de Krauchthal (cités en 1181), ou celle des T. (cités dès 1175), ministériaux des Zähringen et des Kibourg. Dès 1299, le domaine, le patronage et l'avouerie de l'église de Krauchthal appartinrent au château au titre de fief d'Empire. En 1371, l'empereur Charles IV remis le fief, converti en alleu, à Peter von T. en vue d'y fonder un couvent. De 1367 à 1381, il agrandit sa seigneurie de Koppigen et environs par des achats, notamment de biens et de droits de justice à Ersigen, Willadingen, Höchstetten et Wil, ainsi que les patronages d'Alchenstorf et Hellsau. Il donna ces possessions à la chartreuse qu'il fonda en 1397 (avec l'accord des comtes de Kibourg en 1399). L'église, dédiée à sainte Paule de Rome, et les bâtiments conventuels furent édifiés à la place du château qui avait été assiégé pendant la guerre de Sempach (1386), puis remis à Berne et restitué en 1389 (vestiges des fondations du donjon encore visibles). La maison mère de Grenoble envoya le premier prieur, Jean de Brunswick. En 1399, à l'initiative de Peter von T., la chartreuse fut admise dans la combourgeoisie de Berne; l'avoyer de la ville en fut dès lors l'avoué. La chartreuse conclut un traité de combourgeoisie avec Soleure en 1399 et avec Thoune en 1472. Ses possessions s'accrurent par des achats et des donations. Elle reçut notamment la seigneurie de Walkringen de Verena von Seedorf (1398), ainsi que la basse justice de Konolfingen et le domaine d'Eichi des Krauchtal (1397-1459). Les biens se trouvaient principalement à Krauchthal, Koppigen, Walkringen, dans la région de Thoune et au bord du lac de Bienne (vignes). A Berne, elle possédait le Thorbergerhaus. Elle incorpora les églises de Krauchthal, Walkringen et Koppigen, avec Hellsau et Alchenstorf, en 1413. Au XVe s., elle comptait environ seize moines et autant de frères. Les derniers prieurs, Niklaus Schürstein (jusqu'en 1525) et Johannes Hurri (jusqu'en 1528) se rallièrent à la Réforme. La chartreuse fut sécularisée en 1528, ses biens furent inventoriés en 1529, puis rachetés aux moines et aux frères. Berne établit une Schaffnerei (intendance) pour administrer les possessions de la charteuse (siège de l'intendant dans la maison d'hôtes du couvent). Les cellules furent transformées en hospice, pouvant accueillir trente à trente-sept pensionnaires âgés ou malades; des personnes externes et des pauvres y furent aussi assistés. Dans les années 1570, T. acquit le statut de bailliage. Entre 1738 et 1763, les bâtiments délabrés furent remplacés par de nouvelles constructions (château baillival, hospice et dépendances). De 1798 à 1848, T. fut une Schaffnerei dans le bailliage, puis district, de Berthoud. L'hospice se transforma peu à peu en établissement pour marginaux malades ou délinquants, et servit de lieu d'enfermement dès 1807 (lieu de surveillance en 1826, asile d'aliénés en 1844, maison de correction pour hommes, femmes et enfants en 1848), avant de devenir un pénitencier pour hommes avec la construction d'un bâtiment cellulaire en 1891. Au XXe s., une nouvelle aile fut notamment construite après un incendie (1995-1997). Prison cantonale, T. comprend aussi des exploitations agricoles et artisanales. Dès 2000, des divisions spécialisées destinées aux détenus atteints de troubles psychiques et aux délinquants dangereux furent ajoutées.


Bibliographie
Heimatbuch des Amtes Burgdorf und der Kirchgemeinde Utzenstorf und Bätterkinden, 2 vol., 1930-1938
– Krauchthal, Thorberg: ein Heimatbuch, 5 vol., 1971-1999
HS, III/4, 350-374

Auteur(e): Anne-Marie Dubler / MBA