• <b>Ouchy</b><br>Vue du port d'Ouchy vers 1824, gouache de l'atelier  Bleuler  de Feuerthalen (Musée historique de Lausanne). Sous l'Ancien Régime, le port d'Ouchy joua un rôle essentiellement local: pêche, transport de marchandises et débarquement de passagers. Les Bernois refusèrent de moderniser les installations portuaires, par crainte du poids que Lausanne aurait pu prendre face aux autres villes vaudoises (Morges et Vevey). Dans le courant du XIX<SUP>e</SUP> siècle, une autre vocation se dessina: le tourisme, symbolisé dans cette vue par la présence de l'un des premiers bateaux à vapeur du lac Léman.

Ouchy

Quartier sud de Lausanne, au bord du lac Léman, autrefois hameau (statut confirmé encore en 1765 avec ses 360 hab.) de vignerons et de pêcheurs. L'appellation primitive de Rive, qui désignait le port, subsista durant tout le Moyen Age; Rive relevait de la paroisse de la Sainte-Croix à la cathédrale. Le nom d'O. (vers 1184 Oschie) s'appliquait à l'origine au territoire situé un peu plus haut que le port, autour de l'église Saint-Théodule (paroissiale au moins dès 1228, supprimée en 1537, vers la Croix d'O. actuelle), fondée probablement par l'évêque de Sion qui en eut la propriété jusqu'en 1244. Rive: 10 feux en 1403, 13 en 1427, 8 en 1467 et 1474, 12 en 1487. Croix d'O.: 6 feux en 1403, 5 en 1416 et 1427, 1 en 1457 et 1474, 2 en 1487. O. faisait partie de la bannière du Pont et fut fortifié par l'évêque Landri de Durnes (1160-1178). Le château fort, dont la tour fut relevée de ses ruines avant 1212, était l'une des résidences de l'évêque de Lausanne. Le port d'O. (avec halles) succéda à une date indéterminée à celui de Lousonna/Vidy; en raison de la proximité de celui de Morges, il fut modeste jusqu'à la création d'une jetée, en 1791-1793. Il prit un grand essor avec la navigation à vapeur en 1823 et le tourisme. Le quartier fut partagé entre deux activités, dont la ligne du funiculaire, ouverte en 1877 (métro M2 dès 2008), pour relier O. à la gare de Lausanne et à la vallée du Flon, fixait la démarcation. A l'est, la zone de villégiature fut organisée autour des hôtels, des pensionnats, le long du grand quai (1896-1901) que bordent de belles maisons de maître et le Musée olympique (1993). A l'ouest, l'aire industrielle est caractérisée par des immeubles locatifs et des rangées de maisons pour les ouvriers et la petite bourgeoisie; l'usine à gaz de 1847 fut remplacée par celle de Malley en 1911, le port marchand et le chantier naval furent installés en 1888. La commune libre d'O. (1934) maintient l'esprit de quartier.

<b>Ouchy</b><br>Vue du port d'Ouchy vers 1824, gouache de l'atelier  Bleuler  de Feuerthalen (Musée historique de Lausanne).<BR/>Sous l'Ancien Régime, le port d'Ouchy joua un rôle essentiellement local: pêche, transport de marchandises et débarquement de passagers. Les Bernois refusèrent de moderniser les installations portuaires, par crainte du poids que Lausanne aurait pu prendre face aux autres villes vaudoises (Morges et Vevey). Dans le courant du XIX<SUP>e</SUP> siècle, une autre vocation se dessina: le tourisme, symbolisé dans cette vue par la présence de l'un des premiers bateaux à vapeur du lac Léman.<BR/>
Vue du port d'Ouchy vers 1824, gouache de l'atelier Bleuler de Feuerthalen (Musée historique de Lausanne).
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Bibliographie
MAH VD, 1, 1965, 132-133; 2, 1979, 60-62; 4, 1981, 6-73
– G. Yersin, Ouchy, mém. lic. Lausanne, 1971
– P. Oehrli, Ouchy et son hist., 1985 (21999)
INSA, 4, 295-297
– J. Neuenschwander, Ouchy, 1850-1914, mém. lic. Lausanne, 1993

Auteur(e): Gilbert Coutaz