• <b>Paléontologie</b><br>Frontispice illustrant la théorie du Déluge et page de titre du <I>Museum Diluvianum</I> de Johann Jakob Scheuchzer, publié à Zurich en 1716 (Universitätsbibliothek Bern). Scheuchzer comprit que les fossiles sont les restes pétrifiés d'êtres vivants. Il crut toutefois qu'il s'agissait d'animaux qui n'avaient pas été recueillis sur l'arche de Noé et qui avaient péri dans le Déluge. Un sentier mène de la préhistoire, symbolisée par l'arche échouée au sommet de la montagne, vers un gisement de fossiles. Un paléontologue pointe sa canne vers ses découvertes.

Paléontologie

La paléontologie est la science qui, par l'étude des êtres vivants préhistoriques, cherche à comprendre l'évolution de la vie au cours de l'histoire terrestre. Ses matériaux sont les fossiles, les restes pétrifiés et les traces d'anciens organismes conservées dans les roches sédimentaires. En raison de l'origine organique des objets dont elle s'occupe, la paléontologie est une partie de la biologie, avec laquelle elle partage des problématiques et des méthodes d'investigation communes. Elle présente aussi des liens étroits avec la géologie. La paléontologie décrit et nomme les fossiles, reconstitue les êtres vivants dont ils sont les vestiges, les classe systématiquement, étudie leurs liens de parenté, leur mode de vie, leur situation dans le temps et leur répartition dans l'espace. Elle en déduit des preuves sur la phylogenèse et des indices sur l'évolution et la transformation des groupes d'êtres vivants d'autrefois et de leur milieu vital. Du fait de l'évolution phylogénétique, chaque ère de l'histoire de la Terre présente une faune et une végétation caractéristiques. L'étude des fossiles, et en particulier des fossiles directeurs, a donc permis d'établir une chronologie relative.

<b>Paléontologie</b><br>Frontispice illustrant la théorie du Déluge et page de titre du <I>Museum Diluvianum</I> de Johann Jakob Scheuchzer, publié à Zurich en 1716 (Universitätsbibliothek Bern).<BR/>Scheuchzer comprit que les fossiles sont les restes pétrifiés d'êtres vivants. Il crut toutefois qu'il s'agissait d'animaux qui n'avaient pas été recueillis sur l'arche de Noé et qui avaient péri dans le Déluge. Un sentier mène de la préhistoire, symbolisée par l'arche échouée au sommet de la montagne, vers un gisement de fossiles. Un paléontologue pointe sa canne vers ses découvertes.<BR/>
Frontispice illustrant la théorie du Déluge et page de titre du Museum Diluvianum de Johann Jakob Scheuchzer, publié à Zurich en 1716 (Universitätsbibliothek Bern).
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En 1451 déjà, le Zurichois Felix Hemmerli interpréta les fossiles comme des restes d'êtres vivants. Son compatriote le grand savant Konrad Gessner fut l'un des premiers au monde à collectionner des fossiles, dont il méconnut toutefois la véritable nature, et à en publier, en 1565, des illustrations détaillées. Johann Jakob Scheuchzer (1672-1733), médecin et savant zurichois, interpréta plusieurs fossiles de sa riche collection comme des vestiges du Déluge et contribua ainsi à la reconnaissance de la théorie de la pétrification d'anciens êtres vivants. La paléontologie n'accéda au rang de discipline scientifique qu'avec le Français Georges Cuvier à la fin du XVIIIe s. Les recherches d'anatomie comparée du naturaliste français l'amenèrent en 1796 à établir scientifiquement que les espèces animales et végétales actuelles avaient été précédées par d'autres espèces entre-temps disparues. La paléontologie est longtemps restée une science peu connue, mais depuis les années 1970, en Suisse aussi, l'engouement pour les dinosaures et la création de nouveaux musées (Aathal, Frick, Meride) l'a fait bénéficier de l'intérêt de plus larges milieux dans la population. La Suisse n'étant pas un "pays de dinosaures" classique pour des raisons géologiques, les chercheurs suisses effectuent leurs principales missions à l'étranger. La paléontologie des vertébrés de l'école de Bâle (Hans Georg Stehlin, 1870-1941) s'est intéressée avant tout aux mammifères des gisements tertiaires de Suisse et l'école de Zurich (Emil Kuhn-Schnyder) aux sauriens et poissons marins des dépôts du Trias, en particulier au Monte San Giorgio. Les chercheurs suisses ont rendu d'éminents services à la paléontologie non seulement dans le domaine des vertébrés, mais encore dans celui des invertébrés, de la biostratigraphie et de la micropaléontologie. Pour une grande partie, les micropaléontologues ont travaillé dans la recherche pétrolière en divers endroits de la planète. Parmi les chercheurs et les enseignants de la paléontologie suisse du XIXe et du XXe s. dominent les noms de Louis Agassiz, Ludwig Rütimeyer, Oswald Heer et Bernhard Peyer.

La Suisse possède des gisements de fossiles nombreux, abondants et scientifiquement importants. Le Monte San Giorgio, au Tessin, exceptionnellement riche en fossiles de sauriens et poissons marins du Trias moyen, a été inscrit en 2003 sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco. Le platéosaure de Frick, les traces de dinosaures dans les roches de la chaîne du Jura et les fossiles de poissons, oiseaux et tortues des schistes du Tertiaire ancien de Glaris sont d'autres richesses paléontologiques suisses de notoriété mondiale.


Bibliographie
– E. Kuhn-Schnyder, Paläontologie als stammesgeschichtliche Urkundenforschung, 1967
– U. Leu, «Geschichte der Paläontologie in Zürich», in Paläontologie in Zürich, 1999, 11-76
– D. Becker et al., Rapport scientifique 2007: études et projets scientifiques, paléontologie A16, 2008

Auteur(e): Hans Rieber / LA