18/11/2010 | communication | PDF | imprimer | 

Oberägeri

L'édition imprimée de cet article comporte une image. Commandez le DHS chez notre éditeur.

Comm. ZG, dans la partie orientale de la vallée préalpine où se trouve le lac d' Ägeri (724 m), comprenant le village d'O., les hameaux de Morgarten/Hauptsee et Alosen (897 m), ainsi que de nombreuses fermes isolées. Vers 1150 Agregia, en 1538 Ober Egere. 789 hab. en 1660 (1413 pour l'ensemble de la commune d'Ägeri), 871 en 1743 (1519), 1332 en 1798 (2238), 1807 en 1850, 1891 en 1900, 2453 en 1950, 4740 en 2000. Outils en silex du Mésolithique (au Gulm), vestiges isolés de l'âge du Bronze et de l'époque romaine, tombe alamane du VIIe s. La première église paroissiale doit dater de 876 environ; un curé est mentionné en 1219. L'église et une grande part de la vallée d'Ägeri étaient sans doute comprises dans le domaine royal de Cham qui, en 858, passa à l'abbaye du Fraumünster à Zurich. Dans un coutumier daté de 1407, mais reflétant assurément un état de fait plus ancien, les gens du domaine d'Ägeri se disaient encore serfs du Fraumünster. Cette sujétion n'avait plus grande signification, le seul signe de dépendance étant une redevance payable en truites rouges, qu'Ägeri dut livrer à Zurich jusqu'en 1838, en contrepartie de franchises douanières. Au XIVe s., la vallée d'Ägeri relevait pour la haute justice du bailliage habsbourgeois de Zoug. L'abbaye d'Einsiedeln y était le principal seigneur foncier et bas-justicier; elle y possédait des terres (dès le Xe- XIe s.) et des sujets, rattachés au domaine de Neuheim. Au XIIIe ou au début du XIVe s., elle acquit le patronage de l'église d'Ägeri.

Une communauté de la vallée d'Ägeri apparaît dans la seconde moitié du XIVe s. En 1352, les gens d'Ägeri, de concert avec les autres parties de l'Äusseres Amt et avec la ville de Zoug, conclurent une alliance avec les Confédérés. Dans une querelle avec le Grossmünster de Zurich, à propos de la dîme, ils furent excommuniés par le prévôt en 1370, mais finirent par l'emporter en 1380. Ils rachetèrent divers droits au XVe s., tels les droits de pêche dans le lac d'Ägeri (avec la ville de Zoug, en 1421), qu'ils réglementèrent en 1431 (Seebrief).

Les sujets d'Einsiedeln ne purent s'affranchir de la juridiction abbatiale qu'en 1679. Une tentative antérieure (1464) s'était heurtée à l'opposition de Schwytz. Bien que la politique menée par ce canton pour étendre son influence dans la vallée d'Ägeri en y créant des bourgeois forains ait échoué, en 1404, lors de l'affaire de Zoug, les relations humaines et économiques entre la vallée d'Ägeri et Schwytz demeurèrent étroites. Un sautier d'Ägeri est documenté pour la première fois en 1417. La maison de commune fut construite vers 1500 (attestée en 1518, démolie en 1830). Jusque vers la fin du XVe s., Ägeri occupait dans le canton une position particulière, puisqu'il fournit tous les ammans de Zoug originaires de l'Äusseres Amt, à une exception près.

Il existait, sans doute dès le bas Moyen Age (mention dans le coutumier), deux corporations d'usagers des communaux. Cependant, la disposition, encore en vigueur, qui permet aux anciennes familles, en fonction de leur lieu de résidence, d'exercer leurs droits d'usage dans l'une ou l'autre fait apparaître une étroite relation entre les deux. Ces corporations, qui constituaient l'infrastructure d'une économie reposant sur l'élevage et la sylviculture, furent le noyau des futures communes d'O. et Unterägeri. Elles se séparèrent de plus en plus nettement entre le XVIe et le XIXe s. Elles restent, au début du XXIe s., les plus gros propriétaires terriens des deux communes. Dans la première moitié du XIXe s., la question de la privatisation des communaux et de leur partage provoqua de violents conflits. La vente de parcelles des communaux comme terrain à bâtir, autorisée depuis 1834, permit la création du hameau d'Alosen.

A la scission économique s'ajouta en 1714 la partition ecclésiastique (détachement de la paroisse d'Unterägeri). Sur le plan politique, la commune d'Ägeri, qui se donna en 1684 un statut fondé sur des dispositions plus anciennes, resta unifiée jusqu'en 1798.

A la fin du XVIIe s., l'industrie textile à domicile, pour le compte d'entrepreneurs le plus souvent zurichois, prit de l'ampleur; cette activité demeura importante jusqu'au début du XXe s. En 1850, elle occupait, surtout avec le tissage de la soie, un tiers de la population active (un cinquième en 1905) et les trois quarts de sa part féminine (près de la moitié en 1905).

Tandis qu'Unterägeri se développait vigoureusement au XIXe s. grâce à la construction de deux filatures, O., mal desservi au point de vue des transports et dépourvu d'établissements industriels, végéta et ne comptait guère plus d'habitants en 1900 qu'en 1850. La sylviculture, l'élevage et la production laitière occupaient en 1905 bien plus de la moitié de la population active et presque autant en 1955. En 2005, le secteur primaire fournissait encore 15% des emplois. Favorisé par un climat agréable, le tourisme commença à se développer vers 1900 (pensions, colonies de vacances). Les hôtes visitaient le mémorial de Morgarten, inauguré en 1908; mais ce monument, érigé en amont du lac d'Ägeri et non sur le site même de la bataille, envenima les relations entre Zoug et Schwytz. Une ligne de tram pour Zoug fut inaugurée en 1913 (bus depuis 1955). L'hôtel du Ländli (1911) fut repris en 1926 par l'Association de diaconesses protestantes du Ländli. Le chemin de pèlerinage reliant le lac de Zoug à Einsiedeln a joué un rôle important pour la vallée d'Ägeri. Encore utilisé aujourd'hui, il passe par le Raten (1077 m) et à proximité de l'ermitage Saint-Jost occupé jusqu'en 1883. En 1798, il y eut à cet endroit des accrochages avec les Français, auxquels participèrent des gens d'Ägeri, puis, lors de la deuxième guerre de coalition, en 1799, des affrontements entre Français et Autrichiens. De 1943 à 1945, la vallée d'Ägeri s'opposa avec succès au projet de place d'armes de Biberbrugg-Rothenthurm, dont la réalisation aurait compromis la corporation d'O. et le tourisme.

La population se mit à croître dans les années 1960; elle augmenta de plus de la moitié entre 1970 et 2000. La création de nouveaux quartiers résidentiels modifia considérablement l'aspect du site. Comme les emplois ne s'accrurent pas dans la même proportion, le nombre des navetteurs progressa (plus de 50% de croissance pour les seules années 1980); on en comptait 1139 en 1990 (pour 1141 emplois dans la commune) et 1576 en 2000, dont un sur deux travaillait à Zoug, Baar ou Cham, un sur dix seulement à Zurich.


Bibliographie
Ägerital - seine Geschichte, 2 vol., 2003

Auteur(e): Renato Morosoli / DVU