07/01/2010 | communication | PDF | imprimer | 

Menzingen (commune)

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Comm. ZG, sur un haut plateau (env. 800 m) entre la Lorze et la Sihl, dans un paysage de moraines, comprenant le village de M. et de nombreuses fermes, isolées ou groupées. La commune de Neuheim fit partie de M. jusqu'en 1848. 1217/1222 Meincingin, am Berg jusqu'aux Temps modernes. 1676 hab. en 1743, 2290 en 1799, 2113 en 1850, 2495 en 1900, 3398 en 1950, 4495 en 2000.

L'analyse des pollens atteste une première exploitation humaine du sol vers 3750 av. J.-C. et un habitat permanent à la charnière de notre ère. Ce n'est qu'au Moyen Age que la colonisation s'intensifia. Trois domaines seigneuriaux situés à Neuheim, soit hors de l'actuelle commune, influencèrent les liens de suzeraineté à M. à la fin du Moyen Age: celui des Hünenberg, avec son centre à Hinterburg, fut vendu aux habitants avec les droits de basse justice au plus tard en 1431; le domaine du couvent de Saint-Blaise (Forêt-Noire) ne passa qu'en 1537 à la ville et au bailliage de Zoug. Le plus important était celui de l'abbaye d'Einsiedeln dont dépendaient non seulement les "gens de la montagne", soit ceux de M., mais aussi les "gens de la vallée", ceux d'Ägeri. Les droits de juridiction (qui comprenaient la mainmorte, les lods et les "poules du carnaval") ne furent cédés à M. et Ägeri qu'en 1679, après qu'une tentative eut échoué à cause de l'opposition de Schwytz (1464). L'amman de ce tribunal de basse justice (Gotteshausgericht), désormais rural et qui perdura jusqu'en 1798, eut un rôle déterminant, en particulier dans la période précédant la fixation des structures communales.

En 1352, M. entra dans la Confédération avec la ville de Zoug et les autres communes du bailliage extérieur ou Äusseres Amt. La communauté d'am Berg n'apparaît comme entité politique qu'en 1374. Un huissier est attesté dès 1467, un Conseil au début du XVIe s., un hôtel de ville en 1611. Les statuts de 1517 (Bergrecht) réglèrent principalement des questions de droit de bourgeoisie. En 1799, M. fut l'un des foyers du Hirthhämmli, soulèvement contre la République helvétique. Au XIXe s., M. ne fut par contre pas touché par les luttes de partis, les conservateurs gardant le pouvoir sans interruption. En 1823, pendant l'affaire dite du Geldhandel, la commune fit quelque temps sécession, parce qu'elle avait vainement réclamé au canton sa part de la somme attribuée à Zoug par le congrès de Vienne.

En 1479, les habitants de M. obtinrent leur paroisse à l'insu des détenteurs du droit de patronage. Auparavant, M. était filiale de la grande paroisse de Baar, incorporée au couvent de Kappel, et la chapelle se trouvait au hameau de Schönbrunn; l'église paroissiale fut édifiée à M. en 1480 (reconstruite en 1624-1625) et devint le nouveau noyau de la commune. La fondation en 1844 de l'institut de la Sainte-Croix influença fortement la naissance et le développement de l'école publique dans la Suisse catholique grâce à ses sœurs enseignantes et à son école normale pour institutrices qui fonctionna jusqu'en 2006. Un second couvent (capucines) fut construit entre 1846 et 1851 sur le lieu de pèlerinage du Gubel.

La commune, topographiquement divisée, mal desservie, n'ayant pas de corporation d'usagers, se caractérisait par une agriculture mixte (rotation culturale) avec élevage et production laitière. Au XIXe s., de nombreux chalets d'alpage furent construits. Le travail féminin à domicile (tissage de la soie), en priorité pour le compte de fabricants zurichois (Verlagssystem), eut une grande importance aux XVIIIe et XIXe s. (la moitié des 344 familles étaient concernées en 1850). L'exploitation d'une mine de charbon près de Finstersee (1837-1861, 1942-1943) fut peu rentable. Au XIXe s., le tourisme se développa avec les trois établissements de cure de Schwandegg (1839), Schönbrunn (1857) et Gottschalkenberg (1867), mais il pâtit de la Première Guerre mondiale. Le désenclavement intervenu peu auparavant avec l'ouverture du nouveau pont des gorges de la Lorze et d'un tramway (bus dès 1953) n'apporta pas un grand changement structurel. De 1900 à 1970, la population de M. augmenta proportionnellement moitié moins que celle du canton. En 2005 encore, le secteur primaire était largement supérieur à la moyenne (presque 20 %), notamment grâce à l'exploitation d'une gravière. Entretemps, une importante immigration, touchant principalement le village de M. et le hameau d'Edlibach, a vu le nombre des navetteurs augmenter considérablement. En 1977, le pénitencier intercantonal de Bostadel (Zoug et Bâle-Ville) fut inauguré.


Bibliographie
– P. Hoppe, «Das Haus "Spittel" in Hinterburg und die alte Gemeinde am Berg», in Tugium, 9, 1993, 116-137
– A. Staub, Menzingen, die Gemeinde am Berg, 1993
MAH ZG, N.S. 1, 1999, 132-212

Auteur(e): Renato Morosoli / WW