30/11/2006 | communication | PDF | imprimer | 

Hünenberg

Comm. ZG et village entre la Reuss, la Lorze et le lac de Zoug. 1173 de Hunberg (faux), 1185 de Hunoberg, 1239 de Hunaberc. 812 hab. en 1771, 1032 en 1850, 943 en 1900, 1409 en 1950, 1819 en 1970, 4105 en 1980, 6987 en 2000. Habitat néolithique près de Chämleten au bord du lac de Zoug (civilisation de Horgen), nécropole alémanique près de Hof Marlachen. Au haut Moyen Age, le territoire de l'actuelle commune faisait probablement partie du domaine royal carolingien de Cham, qui passa en 858 au Fraumünster de Zurich. Au Moyen Age, les couvents de Schänis, Muri, Kappel, Frauenthal et Eschenbach possédaient des droits et des biens à H., toutefois les seigneurs les plus influents étaient les von H., comme en témoignent les ruines de leur château fort homonyme, qui détenaient des fiefs des Rüssegg et des Habsbourg et représentaient aux XIIIe et XIVe s. une forte puissance régionale. En 1414 et 1415, ils vendirent leurs biens et droits dans la juridiction de H. à la commune, qui s'était organisée en communauté d'exploitation. Les habitants conclurent en 1416 un traité de combourgeoisie avec la ville de Zoug, ce qui leur amena une forme d'autonomie (élection du bailli, tribunal avec un sous-bailli, Commission des Quatre), mais les conduisit à la longue à une forme de dépendance. Des conflits entre les parties haute et basse de Hünenberg, ainsi qu'entre les communiers et les habitants, dont les droits d'usage ne furent reconnus qu'en 1816, favorisèrent l'emprise de la ville de Zoug. Une dispute concernant l'autonomie judiciaire du bailliage dégénéra au début du XVIIIe s. en une grave crise (appelée Vogthandel) entre la ville et le bailliage de Zoug. En 1640-1641, la ville de Zoug fit construire sur la Reuss le pont de Sins (avec un poste de douane), qui constitua une importante liaison géographique et stratégique avec le Freiamt. Composé de hameaux et de fermes isolées, H. ne posséda pas jusqu'à la fin du XXe s. de noyau villageois. Au spirituel, H. releva de la paroisse catholique de Cham (jusqu'en 1975), qui fut en 1798 à l'origine de la municipalité de Cham-H. En 1799, H. s'en sépara politiquement tout en restant jusqu'à ce jour dans la paroisse de Cham-H. La maison communale zur Wart devint le centre politique du bailliage et celui de la nouvelle commune. Le hameau de Sankt Wolfgang (également chapellenie) fut jusqu'en 1934 une enclave de la ville de Zoug.

La forte demande de la fabrique de lait condensé de Cham entraîna dès 1866 un développement de l'économie laitière au détriment de la culture des champs. H. qui, en 1900, n'avait pas plus d'habitants que cent ans plus tôt, resta une commune paysanne, stagnante, jusqu'à la seconde moitié du XXe s. En 1965, trois quarts des emplois étaient encore agricoles, les terres cultivables ayant été augmentées par les travaux d'endiguement de la Reuss dans les années 1910 et 1920. Un profond changement structurel advint dans les années 1970, lorsque la localité fut raccordée à l'autoroute (1979). La population augmenta de 125% entre 1970 et 1980. Le nombre d'emplois doubla presque, celui des navetteurs tripla. Cet accroissement économique se poursuivit dans les décennies suivantes, aussi bien dans le secteur secondaire que tertiaire. En 2004, H. fut raccordée au réseau des transports publics de la ville de Zoug.


Bibliographie
– A. Baumgartner, Herrschaftswandel und Gemeindebildung im Zuger Ennetsee 1300-1550, mém. lic. Zurich, 1997
– A. Setz-Frey, Hünenberg, 1998

Auteur(e): Renato Morosoli / WW