23/04/2015 | communication | PDF | imprimer

Faubourgs

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Au sens courant, les faubourgs sont des quartiers situés à la périphérie d'une ville, généralement construits à la manière d'un village. Au Moyen Age, ils étaient sis à l'extérieur des murailles, le long des voies d'accès, en particulier si elles servaient au transit, ou bien au débouché d'un pont sur la rive opposée à la ville (par exemple à Bâle, Genève, Lucerne, Soleure, Stein am Rhein). Les faubourgs étaient parfois eux-mêmes fortifiés et, à partir d'une certaine taille, on décidait (au cas par cas) de les inclure dans la ville, qui agrandissait son enceinte et connaissait ainsi une brusque croissance, dans le cadre de l'essor démographique qui commença au XIIe s. Dans la seconde moitié du XIVe s., la plus grande ville de l'ancienne Confédération, Bâle, comprenait cinq anciens faubourgs (Sankt Alban, Sankt Johann, Steinen, Spalen, Aeschen) et un récent (Neue Vorstadt). Aux XIVe et XVe s., même de petites villes (Bischofszell, Frauenfeld, Neuchâtel) virent se former des faubourgs.

Le développement des faubourgs dépendait de celui de la ville et de sa situation sur les voies de communication. On y trouvait fréquemment des bâtiments et terrains agricoles (granges, écuries, entrepôts, vergers, vignes, pâtures), mais aussi des activités polluantes (tanneries, blanchisseries, teintureries) ou comportant des risques d'incendie. S'y trouvaient également les activités en rapport avec les transports (ateliers de maréchaux-ferrants et de charrons), des moulins, parfois alimentés en eau par des canaux spécialement aménagés (Frauenfeld), et très souvent des couvents, des églises, des hôpitaux et maladreries administrés par l'Eglise ou la ville, ainsi que des auberges. Les habitants avaient un statut inférieur à celui des bourgeois, en dépit des privilèges dont ils pouvaient bénéficier. Cette inégalité ne disparaissait en règle générale qu'après l'incorporation du faubourg dans l'enceinte urbaine.

Pour les structures sociales, les sources sont avares de renseignements; on peut néanmoins admettre que la population se composait surtout d'immigrants venus des campagnes proches. Une partie des parcelles appartenait à des bourgeois de la ville. Au bas Moyen Age, de grands faubourgs se dotèrent d'organes administratifs propres. Ils acquirent des compétences de basse justice et abritèrent des sociétés ou corporations qui assumaient des fonctions militaires et de police (garde, police des fontaines, des rues et du feu).

Avec l'abolition des privilèges urbains et la démolition des murailles dès la fin du XVIIIe s., puis avec la rapide croissance des grandes villes dès le milieu du XIXe s., le terme de faubourg perdit son sens originel pour désigner un espace périphérique se caractérisant par une structure, une mentalité et un mode de vie semi-urbains (Agglomération). Pour certains spécialistes de l'urbanisme, ce type de quartier représente, depuis la fin du XIXe s., une source d'inspiration qui peut contribuer à résoudre les problèmes des grandes villes. Dans ce contexte, on peut voir dans des réalisations qui se rattachent au mouvement des cités-jardins, comme le quartier Hirzbrunnen à Bâle (1920-1929), un aménagement moderne de faubourg, notion qui a aussi présidé, avec ses conséquences architecturales et sociales, à l'extension de petits centres anciens aux alentours des grandes villes suisses après 1945.


Bibliographie
– A. Staehelin «Entstehung und Entwicklung Kleinbasels und der Grossbasler Vorstädte», in Stadterweiterung und Vorstadt, éd. E. Maschke, J. Sydow, 1969, 96-101
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– M. Koch, Städtebau in der Schweiz: 1800-1990, 1992
– F. Walter, La Suisse urbaine, 1750-1950, 1994, 412-413
– A. Baeriswyl Stadt, Vorstadt und Stadterweiterung im Mittelalter, 2003

Auteur(e): Martina Stercken / PM