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Näfels

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Ancienne commune GL, ayant fusionné en 2011 avec Bilten, Filzbach, Mollis, Mühlehorn, Niederurnen, Oberurnen et Obstalden pour former la commune de Glaris Nord. Situé dans l'Unterland, le territoire communal comprenait le village de N., sur la rive gauche de la Linth, en face de Mollis, et en altitude le Näfelser Berg (habitat dispersé) et l'Oberseetal. 1240 Nevels. 533 Glaronais (hommes) en 1777; 1869 hab. en 1850, 2513 en 1870, 2557 en 1900, 3327 en 1950, 3947 en 2000. A l'origine, la localité occupait un cône alluvionnaire entre les torrents du Rauti et du Tränki. N. dut la dîme à l'abbaye de Säckingen jusqu'en 1395. Le château fort, siège des chevaliers de N., passé aux Habsbourg au XIIIe s., fut détruit en 1351 par des troupes confédérées. Le village participa après 1280 à la construction de la chapelle (future paroissiale) de Mollis, dont il dépendait au spirituel. En 1352, les Tagwen d'Obernnevels et de Niedernnevels s'unirent pour former celui de N. La fortification barrant l'accès de la vallée (Letzi), construite vers 1353, a laissé quelques fragments visibles dans sa partie occidentale. En 1389, le canton de Glaris fonda une chapelle aux environs de l'église actuelle en souvenir de l'issue victorieuse de la bataille de Näfels (1388); la même année probablement, la landsgemeinde décida de commémorer cette victoire par une procession annuelle. Le monument du Sendlen, en forme d'obélisque, est dû à Alfred Romang (1888). Jusqu'en 1419, un marché avait lieu tous les lundis à N., mais il fut ensuite déplacé à Glaris. Au Moyen Age, les gens de N. vivaient principalement de l'agriculture et de l'élevage (le petit bétail cédant de plus en plus la place au gros bétail dès le XVe s.). Un document de 1476 (renouvelé en 1617) réglementait l'estivage des moutons, des cochons, des bœufs et des chevaux dans l'Oberseetal. N. refusa la Réforme et forma en 1532 une paroisse (qui engloba Oberurnen jusqu'en 1868). Une chapelle, construite en 1523, fut élevée au rang d'église paroissiale en 1534.

Une aristocratie rurale se forma à N. dès le bas Moyen Age. Elle resta fidèle à la foi catholique. A l'époque moderne, elle compta de nombreux officiers supérieurs au service étranger. Ils ornèrent le village d'édifices sacrés et profanes. En 1612, Kaspar Gallati, colonel de la garde, fonda la chapelle du cimetière. L'objet le plus remarquable du point de vue de l'histoire de l'art est le palais Freuler, au centre du village, que Kaspar Freuler, colonel de la garde, fit construire entre 1642 et 1648. Ce palais présente des éléments Renaissance, baroques et Régence; avec sa riche décoration intérieure, il compte parmi les maisons patriciennes les plus prestigieuses du XVIIe s. en Suisse. Il abrite depuis 1946 le Musée cantonal de Glaris, complété en 1988 par un musée du textile (dernière restauration complète de 1975 à 1989). La maison à pignon An-der-Letz, imposante résidence du général Niklaus Franz von Bachmann, fut construite en 1604; dédiée à l'accueil des orphelins par Ida von Müller en 1909, elle fut offerte à la commune. L'église paroissiale, de style baroque, fut construite entre 1778 et 1781 d'après les plans de Johann Anton et Jakob Singer, à la place de l'édifice gothique tardif de 1523 (rénovation en 1977-1978). La partie catholique de Glaris fit de N. son chef-lieu; elle y tint sa landsgemeinde quarante-neuf fois entre 1623 et 1837 et y fonda en 1674, au grand mécontentement des protestants, le couvent capucin de Mariaburg, qui fut construit au cours des années suivantes sur la colline du château.

Au XVIIIe s., l'industrie laitière supplanta nettement l'élevage du bétail de boucherie. Le filage manuel du coton, qui apportait un revenu supplémentaire, se répandit largement. Une fabrique d'indiennes fut créée en 1768, suivie bientôt par d'autres entreprises textiles. De 1799 à 1802, N. et le couvent capucin subirent de lourds dommages en raison de l'occupation française et de la guerre. La correction de la Linth, notamment la construction du canal Escher sur le territoire de Mollis (1807-1811), mit fin aux fréquentes inondations qui touchaient la région. Au cours de la première moitié du XIXe s., N. fut encore menacé à plusieurs reprises par des famines; la commune tenta de combattre ce fléau en lançant des projets de défrichement et en intensifiant la culture des légumes et des pommes de terre. Entre 1838 et 1841, elle put acheter les alpages de l'Oberseetal. L'industrialisation s'imposa progressivement: ouverture d'une filature mécanique en 1823, de deux indienneries en 1833 et 1850, d'une fonderie en 1856. Outre de nombreux ponts ferroviaires, l'entreprise de construction métallique Arnold Bosshard réalisa la coupole du Palais fédéral. L'industrie profita du raccordement au réseau ferré de l'Union-Suisse en 1859. En 1837, N. fut occupé pendant deux jours par trois compagnies glaronaises, car le village s'opposait à la nouvelle Constitution cantonale qui ne tenait plus compte des différences confessionnelles. Les archives de la partie catholique du canton furent saisies et transférées à Glaris.

En 1831, les capucins ouvrirent un collège pour garçons (plus tard géré comme école secondaire, avec latin facultatif, et logé dans des bâtiments construits en 1895, 1954 et 1962). Les capucins abandonnèrent l'enseignement en 1984 et cédèrent leur couvent aux franciscains en 1986. A l'entrée en vigueur de la Constitution de 1837, qui régissait notamment l'école obligatoire, N. dut se doter d'une école primaire. La commune l'installa d'abord dans le palais Freuler, qu'elle avait acquis en 1840, avant de faire construire un bâtiment spécifique en 1877. Dès 1860, une école sise dans le Schwändital accueillit les élèves des hauts de N. et d'Oberurnen. De nouveaux bâtiments scolaires furent édifiés en 1958 et 1972. Dès 1846, le palais Freuler abrita en outre, un foyer pour personnes âgées ou indigentes. Une maison de retraite fut ouverte en 1937, suivie en 1984 d'un établissement médicosocial régional. La première centrale électrique communale du canton (auj. Elektrizitätswerk Näfels) fut installée en 1890 dans les dépendances du palais Freuler. En 1911, la commune créa la réserve de chasse de Rauti-Tros dans l'Oberseetal, d'une surface de 9,5 km2. En 1957, la fabrique de machines et fonderie de Netstal (Netstal-Maschinen AG depuis 1976) choisit N. pour y installer son siège. Suivirent les usines textiles Fritz Landolt, des quincailleries, des fabriques d'appareils électriques, de cartonnages, de pinceaux, un facteur d'orgues, un commerce de fruits en gros, des entreprises de construction et de nombreux établissements commerciaux. La construction d'une bretelle d'autoroute en 1973 permit d'établir la liaison avec l'A3. Le centre sportif de l'Unterland, comportant deux piscines, l'une en plein air et l'autre couverte, ainsi que plusieurs salles utilisées pour de nombreux sports et manifestations, a été ouvert en 1975. Le carnaval de N. est riche d'une longue tradition.


Bibliographie
– P. Schwitter, Das Kapuzinerkloster Näfels, 1675-1975, 1975
Novalis, Nevels, Näfels, [1988]
– E. Feldmann et al., Näfels, 1991
– J. Davatz, Der Freulerpalast in Näfels, 1995
– J. Landolt, Das Land Glarus bis zur Schlacht bei Näfels 1388, 2001
– J. Davatz, Pfarrkirche Sankt Hilarius und Kapuzinerkloster in Näfels, Kanton Glarus, 22003
– F. Hauser, Näfelser Geschichte(n), 2005

Auteur(e): Karin Marti-Weissenbach / MBA