27/11/2009 | communication | PDF | imprimer

Peney

Hameau de la comm. de Satigny GE, sur la rive droite du Rhône, séparé en P.-Dessus et P.-Dessous. 1258 Pineyum. 12 feux en 1518, 179 hab. en 2008. Un trésor monétaire enfoui au bord du Rhône témoigne de l'occupation du site à l'époque burgonde (IIIe s.-420 apr. J.-C.). Jusqu'au XIIe s., la région de P. est sous la souveraineté du comte de Genève et plus directement de ses vassaux, les sires de Gex. Au début du XIIe s., l'évêque de Genève étend sa suzeraineté sur P. et les autres localités de la terre de Mortier, qui formeront dès lors le mandement de P., du nom du château qui en est le centre administratif et judiciaire. La construction de ce château par l'évêque Aymon de Grandson dans la première moitié du XIIIe s. ainsi que la fortification du bourg provoquent rapidement des conflits avec les sires de Gex, jusqu'à ce que Simon de Joinville confirme en 1261 les droits de l'évêque sur la rive droite du Rhône. Une communauté d'habitants est attestée à P. dès 1305. L'évêque accorde des franchises aux hommes de P. comme à ceux des deux autres mandements épiscopaux (Jussy et Thiez) dès 1469. Au XIVe s., le mandement de P. est le théâtre des guerres entre les comtes de Genève et de Savoie, qui confirment la souveraineté savoyarde sur le Pays de Gex. En 1534, le château de P. sert de retraite aux partisans de l'évêque et du duc de Savoie (désormais appelés Peneysans) au moment des troubles de la Réforme. Pris par les protestants, le château est démoli en 1536 et le mandement soumis à la seigneurie de Genève. Celle-ci installe un châtelain chargé de rendre la justice civile, de l'instruction des causes pénales, et de prélever les impôts. Les habitants des mandements deviennent sujets de la seigneurie de Genève jusqu'en 1792. Une partie du territoire de P. est inféodée à la famille Turrettini (Château des Bois). Lors de la création de la commune de Satigny en 1798, P. y est rattaché. Au spirituel, P. est au Moyen Age le siège d'une paroisse dont l'église, citée depuis 1275, était dédiée à la Vierge; à la Réforme, P. passe à la paroisse de Satigny avec Bourdigny et Peissy. En 1749, on édifie un temple sur les ruines de l'église paroissiale. La vigne, cultivée sur les coteaux du mandement depuis le XIe s., reste la principale activité de la région. Une gravière est exploitée depuis le XIXe s. Un bac sur le Rhône reliait P.-Dessous à Aire-la-Ville. Un pont suspendu construit en 1852 s'effondra lors d'un essai en 1853. Il fut remplacé par un pont en fer en 1858. Au début du XXIe s., les habitants de P. travaillent le plus souvent à Genève.


Bibliographie
– A.-L. Poncet, Châtelains et sujets dans la campagne genevoise: 1536-1792, 1973
– A. Brulhart, E. Deuber-Pauli, Ville et canton de Genève, 1985, 363, 371 (21993)
– M. de la Corbière et al., Terres et châteaux des évêques de Genève, 2001, 109-143

Auteur(e): Martine Piguet