15/05/2007 | communication | PDF | imprimer

Franquemont

Ancienne seigneurie située sur les deux rives du Doubs, comprenant le vallon, le village et les deux communes de Goumois (canton du Jura) et Goumois (Doubs, F). L'évêque de Bâle aurait possédé la suzeraineté sur la rive droite de la rivière au début du XIe s. En 1247, Thierry III, comte de Montbéliard, acheta le village de Goumois au prieuré comtois de Lanthenans. Ses héritiers le donnèrent en 1304 avec des dépendances à Gauthier, sire de Montfaucon en Bourgogne, premier seigneur de F., qui entreprit la construction du château sur l'arête qui sépare le hameau de Belfond (comm. Goumois, JU) du Doubs. En 1380, la suzeraineté revint à la comtesse Isabelle de Neuchâtel, qui renonça à son héritage au profit des comtes de Montbéliard. En 1474, pendant les guerres de Bourgogne, le prince-évêque de Bâle Jean de Venningen, allié des Suisses, s'empara du château, occupé par une garnison de Charles le Téméraire. La seigneurie de F. lui fut remise par droit de conquête. Les sujets vivant sur les deux rives du Doubs durent lui prêter serment. Ayant vainement tenté de reprendre son fief, Henri de Montbéliard finit par lui vendre tous ses droits et prétentions pour la somme de 200 florins (1481). La seigneurie fut inféodée à Claude de F. (sa famille, qui avait beaucoup souffert de la guerre, avait sollicité l'aide des Confédérés pour la récupérer). Elle lui fut remise avec le château après qu'il eut fait allégeance au prince-évêque de Bâle, son nouveau suzerain. Le fief fut acquis en 1537 par Nicolas de Gilley, ancien ambassadeur de l'empereur Charles Quint, qui l'érigea en baronnie. Frédéric de Wurtemberg, comte de Montbéliard, le racheta en 1595 et refusa de reconnaître les droits de l'évêque. Il profita du procès interminable qui s'ensuivit pour y introduire le luthéranisme. En 1658, le comte Léopold de Montbéliard dut reconnaître la suzeraineté de l'évêque sur la seigneurie de F. L'arrangement signé entre le vassal et le souverain rétablissait la messe comme seul et unique culte public. Il autorisait les luthériens à pratiquer leur religion en privé et dans les paroisses environnantes de leur confession. Les rivalités perdurèrent cependant entre le vassal et le souverain, qui fit détruire le château en 1677. Par le traité de 1780, le prince-évêque de Bâle céda à la France sa souveraineté sur la rive gauche du Doubs. La Révolution supprima la seigneurie de F. La partie sud fut rattachée à la Franche-Montagne des Bois et forma une commune du Mont-Terrible, puis du Haut-Rhin, alors que le nord rejoignait le département du Doubs. En 1815, la réunion de la plus grande partie de l'ancien évêché de Bâle au canton de Berne établit au milieu du Doubs la frontière franco-suisse à cet endroit.


Bibliographie
– J. Beuret-Frantz, «Le vallon de Goumois et la seigneurie de Franquemont», in Actes SJE, 1913, 233-292

Auteur(e): Claude Rebetez