• <b>Regio Basiliensis</b><br>Bateau-pompe sur le Rhin entre Bâle et Huningue, 2006  © KEYSTONE / AP Photo / Winfried Rothermel. La coopération transfrontalière en cas de catastrophe est prévue dans le contexte de la Regio Basiliensis. "Regio cat 2006" impliqua les pompiers, la police, la protection civile, les services de secours et les organisations d'aide aux victimes. Quelque 1500 personnes membres de la Regio participèrent à l'exercice catastrophe.

Regio Basiliensis

Désignation usuelle (à côté de Dreiland, Dreyeckland, TriRhena, metrobasel; en abrégé "Regio") de la région du coude du Rhin, qui s'étend sur trois pays (France, Allemagne et Suisse) et nom d'une association qui, sur mandat des cantons suisses concernés, coordonne le développement de cette région dans le cadre européen.

Bâle occupe une situation limitrophe depuis la formation d'Etats territoriaux dans son voisinage. A la fin du XVe s., plus des deux tiers des visiteurs se rendant à ses foires venaient des territoires actuels d'Allemagne et de Suisse, le reste de France. Après l'adhésion à la Confédération (1501), les terres fertiles et assez faciles d'accès relevant de l'Empire, ou dès le XVIIe s. en partie de la France (Alsace), restèrent essentielles pour la ville. Jusqu'à la constitution des Etats-nations modernes, le passage de la frontière ne créait guère de difficultés. La France ne déplaça qu'en 1791 son poste de douane des Vosges à Saint-Louis. La situation se simplifia en 1815 du fait que le Birseck (partie septentrionale de l'ancien évêché de Bâle, sous domination française de 1793 à 1814) fut attribué au canton de Bâle, qui dès lors n'eut plus de frontières internationales qu'au nord (avec la France et avec le grand-duché de Bade, rattaché à l'Empire d'Allemagne en 1871). Le protectionnisme douanier (appliqué par l'Allemagne dès 1878) encouragea les relations, car des entreprises bâloises y réagirent en ouvrant des usines des deux côtés de la frontière, surtout dans le textile puis dans la chimie. Des ouvriers se déplaçaient journellement dans les deux sens, ce qui facilita dès 1900 l'ouverture de lignes de tramways internationales. Des Bâlois profitaient aussi des loyers plus avantageux à l'étranger. La Première Guerre mondiale limita fortement cette libre circulation, qui ne se rétablit que partiellement dans l'entre-deux-guerres et disparut presque complètement pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle reprit après 1945, mais fut longtemps freinée par des prescriptions et des contrôles. Elle ne retrouva un niveau analogue à celui de 1914 que vers la fin du XXe s.

Les relations s'intensifièrent après la Deuxième Guerre mondiale. Elles se traduisirent en particulier par une forte interpénétration sur le marché du travail, mais avec des flux à sens unique, la Suisse offrant la plupart des emplois occupés par des frontaliers. Elles ne furent pas exemptes de conflits, par exemple à propos de la répartition des frais d'assainissement de dépôts de déchets toxiques. Elles prirent aussi l'aspect de mouvements trinationaux de protestation contre des projets portant atteinte à l'environnement (centrales atomiques de Kaiseraugst et Fessenheim). Peu à peu, Fribourg-en-Brisgau et Mulhouse s'affirmèrent face à Bâle. Le premier grand ouvrage conçu par-dessus la frontière fut l'aéroport de Bâle-Mulhouse en 1946 (Euroairport Bâle Mulhouse Fribourg dès 1987). L'association Regio basiliensis, fondée en 1963, fut la première organisation vouée à la collaboration trinationale; elle assume des tâches de coordination relevant de la "petite politique étrangère", sur mandat des cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne (dès 1970), Argovie (1996), Jura et Soleure (2003). Des rencontres ont lieu depuis 1971 entre des représentants du cercle allemand de Lörrach, du département français du Haut-Rhin et des deux Bâles; elles ont été officialisées en 1975 par une convention intergouvernementale, sous la forme d'un comité tripartite. Depuis 1989, les universités de Bâle, Fribourg-en-Brisgau, Karlsruhe, Strasbourg et Mulhouse coordonnent leurs activités au sein de l'Eucor (Confédération des universités du Rhin supérieur). Des villes, des communes et d'autres collectivités se sont regroupées en 1995 dans l'association Regio TriRhena, qui s'est dotée d'un conseil en 1997 et s'occupe surtout du tourisme et des foires. L'association Agglomération trinationale de Bâle est née en 2002; rassemblant au départ cinquante-six entités territoriales, elle vise à promouvoir la région sur le plan économique et comme cadre de vie. L'association metrobasel, fondée en 2005, se charge surtout de questions économiques trinationales. L'eurodistrict trinational de Bâle, créé en 2007, comprend Bâle-Ville, des communes des cantons de Bâle-Campagne, d'Argovie, de Soleure et du cercle de Lörrach ainsi que trois syndicats de communes alsaciennes. La Conférence franco-germano-suisse du Rhin supérieur (1992) couvre un territoire beaucoup plus vaste; elle dispose depuis 1998 d'une assemblée parlementaire, le Conseil rhénan. La juxtaposition de tant d'institutions aux compétences et aux buts divers, ayant en outre chacune une extension géographique différente, a récemment suscité des critiques; on a réclamé surtout une meilleure coordination.

<b>Regio Basiliensis</b><br>Bateau-pompe sur le Rhin entre Bâle et Huningue, 2006  © KEYSTONE / AP Photo / Winfried Rothermel.<BR/>La coopération transfrontalière en cas de catastrophe est prévue dans le contexte de la Regio Basiliensis. "Regio cat 2006" impliqua les pompiers, la police, la protection civile, les services de secours et les organisations d'aide aux victimes. Quelque 1500 personnes membres de la Regio participèrent à l'exercice catastrophe.<BR/>
Bateau-pompe sur le Rhin entre Bâle et Huningue, 2006 © KEYSTONE / AP Photo / Winfried Rothermel.
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Bibliographie
Regio Basiliensis, 1-, 1959/1960-
Schriften der Regio, 1-, 1965-
– D. Rippmann, Bauern und Städter, 1990
– B. Speiser, Europa am Oberrhein, 1993
– W. Kaiser et al., éd., En marge de la Confédération: Mulhouse et Genève, 2001
– U.R. Kaufmann, éd., Die Schweiz und der deutsche Südwesten, 2006
– P. Felder, E. Gschwind, Grenzfall Basel-Stadt, 2009

Auteur(e): Bernard Degen / PM