• <b>Stans</b><br>Vue depuis les hauteurs de Kniri en direction de Buochs; eau-forte au trait aquarellée réalisée vers 1790 par  Heinrich Thomann (Zentralbibliothek Zürich, Graphische Sammlung und Fotoarchiv). La vue légèrement plongeante permet de distinguer le bourg, au premier plan, avec l'église paroissiale Saint-Pierre (à gauche), le Rathaus avec sa tour (au centre) et le couvent des capucines (à droite). Au deuxième plan, la plaine alluviale s'étend jusqu'à l'un des bras du lac des Quatre-Cantons. Au-delà, l'artiste a représenté une partie du massif du Rigi.
  • <b>Stans</b><br>Le funiculaire et l'hôtel Stanserhornkulm vers 1893. Photographie de l'atelier zurichois  Ed. Schroeder & C<SUP>ie</SUP> (Bibliothèque nationale suisse). La construction d'un funiculaire partant de Stans et comportant trois sections distinctes fut décidée en 1892. La 3<SUP>e</SUP> et dernière section, la plus raide du trajet, aboutit dans le sous-sol de l'hôtel. La mise en service date de 1893. En 1970, un orage foudroya l'hôtel, qui brûla entièrement avec la machinerie du funiculaire. Un téléphérique fut construit pour remplacer les deux dernières sections et l'exploitation reprit en 1975.
  • <b>Stans</b><br>Anton Frey-Näpflin le 23 octobre 2008 dans la nouvelle partie du musée de la Frey-Näpflin-Stiftung  © KEYSTONE / Sigi Tischler. Institué en 2004, le musée accueille dans cette partie nouvelle des vitraux de l'ancienne abbaye cistercienne de Saint-Urbain, réalisés par l'artiste de Stans Melchior Paul von Deschwanden et ses aides.
  • <b>Stans</b><br>Affiche pour le festival musical, 2006 (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).

Stans

Comm. NW, située au débouché de la vallée d'Engelberg, au pied septentrional du Stanserhorn, s'étalant au-delà de la plaine inondable de l'Aa d'Engelberg jusqu'au Bürgenstock et à l'Ennerberg. 1100 Tannis, 1124 (et jusqu'au XIVe s.) Stannes/Stannis (parfois Stagnes/Stagnis). Chef-lieu et siège judiciaire avant 1798, chef-lieu du canton d'Unterwald (1798), puis d'un district dans le canton des Waldstätten (1798-1803), du demi-canton (dès 1803) et canton (dès 1999) de Nidwald. Siège des autorités et de l'administration cantonales, centre économique et culturel de Nidwald.

Population de Stans
AnnéeHabitants de la paroisse
17433 833
17504 083
17553 759
17693 461
17993 754
18364 598

Année18501870a18881900191019301950197019902000
Habitants1 8772 0842 4582 7982 9442 9163 9925 1806 2176 983
En % de la population cantonale16,6%17,8%19,6%21,4%21,4%19,4%20,6%20,2%18,8%18,8%
Langue          
Allemand  2 4412 7422 8842 8423 8454 8005 6806 395
Italien  1340293470252180141
Français  312263546252838
Autres  145531103329409
Religion, Confession          
Catholiquesb1 8712 0502 4412 7492 8882 8253 6014 7305 1625 354
Protestants61817495488389425705756
Autres 2  23225350873
dont communauté juive  1
dont communautés islamiques       122207
dont sans appartenancec       12162358
Nationalité          
Suisses1 8622 0402 4052 6862 7852 7863 8624 7615 6296 256
Etrangers153053112159130130419588727

a Habitants: population résidante; religion et nationalité: population "présente"

b Y compris catholiques-chrétiens de 1888 à 1930; depuis 1950 catholiques romains

c N'appartenant ni à une confession ni à un groupe religieux

Sources:Auteur; recensements fédéraux

1 - Préhistoire et haut Moyen Age

Le plus ancien témoin d'une fréquentation des lieux par l'homme est un poignard du Bronze moyen. Une tombe de jeune fille de La Tène (IIe s. av. J.-C.), découverte près de l'église, est le seul indice d'une éventuelle occupation à l'âge du Fer et sa présence laisse supposer que le caractère sacré du site est peut-être très ancien. Des indices toponymiques et des trouvailles de l'époque romaine (tessons de céramique près de l'église, tombes à incinération à Oberdorf) signalent l'existence d'un habitat aux époques celtique et romaine. Le nom de S. est assurément préalémanique et l'on peut admettre une origine préromaine. La persistance du nom celtique tend à prouver une continuité d'occupation.

Une tombe en ciste et une nécropole remontent au haut Moyen Age. Une première église en pierre peut être datée du VIIIe s. L'importance de la paroissiale de S. est soulignée par sa reconstruction aux époques carolingienne et ottonienne.

Auteur(e): Emil Weber / PM

2 - Du Moyen Age à la fin du XVIIIe siècle

2.1 - Eglise, paroisse et couvents

La paroissiale Saint-Pierre est la plus ancienne église de Nidwald; il s'agissait probablement de la fondation privée d'une famille noble alémanique. La paroisse comprenait à l'origine toute la vallée d'Engelberg. Vers 1100, l'abbaye de Muri détenait deux tiers du patronage; le troisième tiers passa dans la première moitié du XIIe s. à l'abbaye d'Engelberg. Il en résulta un long conflit entre les deux maisons. En 1270, Engelberg incorpora l'église de S., contre la volonté de Muri, mais à long terme la manœuvre échoua face à la ténacité des paroissiens, lesquels obtiendront en 1462 le droit de choisir librement leur curé; ce droit leur fut conféré par les cantons protecteurs d'Engelberg, Lucerne, Uri, Schwytz et Unterwald. La paroisse de S. fut amputée en 1148 du territoire d'Engelberg; d'autres séparations interviendront à partir du XVe s., en raison de l'essor des Ürten : Wolfenschiessen (filiale dès 1277) en 1469, Hergiswil en 1621, chapellenie de Kehrsiten en 1768. L'église actuelle à trois nefs, orientée au sud, fut construite en 1641-1647 par Jakob Berger, de Sursee, qui démolit l'ancien édifice orienté à l'est, mais conserva le clocher roman du XIIe s.

Le landamman Melchior Lussi, lié à Charles Borromée, mit son influence au service de la Réforme catholique. Il fit appel aux capucins en 1582 et leur offrit un couvent à S., où ils s'installèrent en 1584 (église refaite en 1683). Les capucines suivirent en 1592, d'abord seulement tolérées, jusqu'à ce que la landsgemeinde approuve la construction d'un couvent en 1618 (église de 1625).

Auteur(e): Emil Weber / PM

2.2 - Droits seigneuriaux et formation communale

Les abbayes de Muri et d'Engelberg possédaient des terres à S., mais l'abbaye de Murbach-Lucerne y détenait, depuis les défrichements médiévaux, une importante seigneurie foncière, comprenant, selon une source du XIVe s., un domaine principal (Meierhof et Kelnhof) avec élevage (Schweighof), dix-huit tenures héréditaires et trente terres accensées. Son centre était la tour d'habitation de la Rosenburg, siège des Meyer von S. En 1291, l'empereur Rodolphe de Habsbourg acheta les droits de Murbach-Lucerne. Peu après 1300, S. était le siège du tribunal d'Unterwald dans le bailliage impérial des Waldstätten. Après la disparition du bailliage (années 1330), l'abbaye d'Engelberg tenta de renforcer sa position à S. en achetant des terres, mais ne put s'imposer face à la noblesse locale et aux gros paysans en cours d'ascension sociale.

A côté des seigneurs ecclésiastiques et laïques, il existait deux institutions: la paroisse et l'Ürte (communauté). La première, mentionnée dès 1261, possédait en 1291 un sceau qui devint plus tard celui de Nidwald. La seconde s'est formée au cours du Moyen Age, à partir de structures communautaires liées sans doute à la paroisse et peut-être aussi aux travaux d'entretien des digues de l'Aa. L'existence d'une communauté de marche (Markgenossenschaft) au haut Moyen Age, hypothèse parfois soutenue par le passé, n'a pas pu être confirmée. Contrairement à la paroisse, qui englobait plusieurs villages, l'Ürte se limitait en 1370 déjà au village de S. et à ses proches environs. Son rôle, comme celui du pays de Nidwald, s'accrut après la disparition du bailli, représentant du pouvoir central. Il faut distinguer l'Ürte (à base économique) des communiers (communauté politique) qui, dès le XVe s. au plus tard, envoyaient six représentants au Conseil et un au tribunal des Onze. L'une et l'autre commencèrent à se fermer au XVIIe s. Dès 1641, le plein droit de vote et d'éligibilité fut réservé aux seuls membres de l'Ürte. En 1695, l'achat de la bourgeoisie fut interdit aux nouvelles familles.

Auteur(e): Emil Weber / PM

2.3 - Démographie et habitat

Avant 1750, il n'y a pas de données précises sur la population. Pour les XVe et XVIe s., on estime que la paroisse de S. comptait 2000 à 3000 âmes (d'après le nombre des victimes des épidémies de peste, qui atteint chaque fois plusieurs centaines). Les listes de communiants font apparaître un recul de 8% dans la seconde moitié du XVIIIe s., dû à la redéfinition des limites de la paroisse et aux événements de 1798 (186 morts, 52 bâtiments incendiés).

Le village de S. s'est développé autour de son église et du Rathaus. Il ne fut jamais doté d'un mur d'enceinte comme une ville, mais au bas Moyen Age on y trouvait prétendument sept "châteaux" (maisons en pierre), qui devaient lui donner une apparence urbaine. La réorientation de l'église dans les années 1640 eut de grandes répercussions sur la topographie du noyau villageois et le réseau des chemins. En 1713, un incendie réduisit en cendres quatre-vingt-une maisons. La reconstruction fut menée selon un plan général contraignant élaboré par Josef Aebi et Ludwig Gassmann, architectes de la ville de Lucerne, qui donnèrent au centre du village un aspect plus ouvert en créant sur le quartier incendié une vaste place bordée de bâtiments alignés.

<b>Stans</b><br>Vue depuis les hauteurs de Kniri en direction de Buochs; eau-forte au trait aquarellée réalisée vers 1790 par  Heinrich Thomann (Zentralbibliothek Zürich, Graphische Sammlung und Fotoarchiv).<BR/>La vue légèrement plongeante permet de distinguer le bourg, au premier plan, avec l'église paroissiale Saint-Pierre (à gauche), le Rathaus avec sa tour (au centre) et le couvent des capucines (à droite). Au deuxième plan, la plaine alluviale s'étend jusqu'à l'un des bras du lac des Quatre-Cantons. Au-delà, l'artiste a représenté une partie du massif du Rigi.<BR/>
Vue depuis les hauteurs de Kniri en direction de Buochs; eau-forte au trait aquarellée réalisée vers 1790 par Heinrich Thomann (Zentralbibliothek Zürich, Graphische Sammlung und Fotoarchiv).
(...)

Auteur(e): Emil Weber / PM

2.4 - Economie et société

Des lieudits attestent la pratique de la céréaliculture jusqu'au bas Moyen Age, mais des toponymes évoquant la présence de jardins font presque totalement défaut. Apparemment, l'assolement obligatoire ne réussit pas à s'imposer. La céréaliculture fut abandonnée dès le XVIe s. Jusqu'au XIXe s., les principales activités furent l'élevage, l'exportation de fromage et de bois ainsi que la production de noix. Marché régional (une foire annuelle, probablement instituée au XIIIe s., fut placée par la landsgemeinde sous la protection d'une "paix du marché" en 1456), S. abritait aussi, dès le XVe s., de petits commerçants et artisans: boucherie aménagée dans le Rathaus construit en 1415, ateliers regroupés dans la Schmiedgasse, non loin du centre, mais à l'écart des maisons de maître.

Au Moyen Age, il existait déjà différents groupes (paysans dépendant des abbayes, paroissiens, membre de l'Ürte, communiers), sources de stratifications sociales. Des confréries d'artisans, analogues à des corporations (Saint-Crispin, Saint-Xavier, Saint-Joseph), et une société carnavalesque sont mentionnées dès le XVIe s. La confrérie de prière et celle des armaillis apparurent au XVIIe s. Une maladrerie est attestée dès 1498. La paroisse disposa d'un petit hospice des pauvres au plus tard en 1582.

Auteur(e): Emil Weber / PM

2.5 - Ecoles et vie culturelle

Vers 1500 déjà, S. disposait probablement d'une école, sans doute réservée aux garçons (le règlement scolaire de 1690 ne mentionne que des garçons). Les capucines ouvrirent une école de filles en 1592. L'école latine de S., fondée en 1749, accueillit dès 1778, sous la férule des capucins, des élèves de tout Nidwald. En 1799, Johann Heinrich Pestalozzi s'occupa du fameux orphelinat aménagé dans le couvent de Sainte-Claire pour des enfants ayant perdu leurs parents lors de l'invasion française de 1798. Le trésor de l'église fut volé en grande partie par des soldats français durant ces événements.

Le couvent de Sainte-Claire porta l'art de la broderie à un très haut point de perfection au XVIIe s. Les familles Leuw, Trachsler et von Matt s'illustrèrent dans l'orfèvrerie, les Obersteg dans la peinture. Deux demeures patriciennes (maison Winkelried, Rosenburg) témoignent de l'art de vivre des familles de magistrats au XVIe s.; leur décor présente des influences italiennes, dues aux relations commerciales avec la Lombardie. La culture populaire est plus difficile à saisir. On connaît les rogations, les pèlerinages à Einsiedeln, Sachseln ou Niederrickenbach et certaines coutumes (chant du Nouvel An, fêtes de tir, fêtes des armaillis, fêtes de confréries).

Auteur(e): Emil Weber / PM

3 - XIXe et XXe siècles

3.1 - Histoire politique et administrative

Les membres de l'Ürte et les communiers dominèrent la politique locale jusqu'en 1798 et de 1803 à 1850. La Constitution de 1850 leur fit perdre leurs droits politiques, qui passèrent à la commune qu'elle institua (Bezirksgemeinde, actuelle commune politique). L'Ürte conserva cependant ses terrains et la gestion de sa fortune. La paroisse dut elle aussi abandonner certaines responsabilités, surtout dans le domaine de l'assistance et des écoles. La commune d'assistance de S., dont le territoire correspondait à celui de la paroisse, fut fondée en 1811; transformée en corporation communale autonome par la Constitution cantonale de 1877, elle sera supprimée en 1980, la commune et le canton reprenant ses tâches. La commune scolaire de S.-Oberdorf fut créée en 1877 (Oberdorf s'en sépara en 1968) et fusionna avec la commune politique en 2010.

La commune se composait en 1850 des quatre quartiers (Bezirke) de S. (village), Kniri, Niederdorf et Mettenweg. Le Conseil communal (exécutif) comprenait onze membres (cinq pour le village et deux pour chacun des autres quartiers); ce chiffre fut progressivement ramené à sept entre 1996 et 2004. Radicaux et conservateurs, de force à peu près égale, se partagèrent les sièges jusque dans les années 1950. Les ouvriers attirés à S. à l'époque de la Deuxième Guerre mondiale (notamment pour la construction du réduit national) amenèrent des idées nouvelles. Un parti socialiste fut fondé en 1942. Il eut des représentants au Conseil communal de 1952 à 1974, de même que le parti Demokratisches Nidwalden (Verts) dès 1994. En 2011, l'exécutif comptait trois PDC, trois radicaux et un Vert. Le pouvoir législatif appartient à l'assemblée communale.

Auteur(e): Emil Weber / PM

3.2 - Démographie et habitat

La population s'accrut lentement dès 1770 environ, puis au même rythme que dans le reste du canton dès le milieu du XIXe s. (taux inférieur à la moyenne suisse jusqu'en 1870). La croissance démographique fut stimulée par l'essor du tourisme à la fin du XIXe s., puis par l'industrialisation dans les années 1930. Elle se maintint ensuite à un niveau élevé, notamment en raison de la politique fiscale. La construction de l'autoroute (dès 1958) provoqua une hausse notable de la population étrangère, mais la part de celle-ci est restée inférieure à la moyenne nationale (10,2% en 2010).

A la fin du XIXe s., S. était encore un village compact, alors que l'habitat dispersé prédominait dans les autres quartiers. La situation changea dès les années 1940. Des lotissements apparurent le long des routes d'accès et dans la plaine pour les ouvriers récemment arrivés, comme celui de la coopérative de Tottikon en 1942 et celui de la Fédération suisse des ouvriers sur métaux et horlogers en 1943. Néanmoins, un ambitieux projet d'urbanisation de l'Allmend (1940) resta lettre morte. Le raccordement à la ligne du Brünig (1964) et l'ouverture de l'autoroute (1966) permirent le trafic pendulaire vers Lucerne. De nouveaux quartiers d'habitation surgirent, ainsi que des zones industrielles près des sorties autoroutières. Pendant que le village s'agrandissait vers l'extérieur, le centre subit moins de transformations. Il faut cependant mentionner quelques éléments marquants: le monument Winkelried de Ferdinand Lukas Schlöth (1865) et le bâtiment de la Banque cantonale (1933) sur la place centrale (pour le reste laissée intacte), ainsi que diverses constructions publiques (administration et services) et hôtelières (hôtel Adler, 1895).

Auteur(e): Emil Weber / PM

3.3 - Economie et transports

Au XIXe s., l'agriculture prédominait (élevage, production laitière, exportation de fromage, commerce du bétail et du bois). Le secteur des services avait une certaine importance, malgré la modestie de l'administration cantonale jusque dans les années 1960. L'essor libéral des années 1820 et 1830 se traduisit par la fondation en 1827 de la Caisse d'épargne de Nidwald, avec siège à S. La Caisse cantonale d'épargne et de crédit suivit en 1879 (Banque cantonale de Nidwald en 1909).

<b>Stans</b><br>Le funiculaire et l'hôtel Stanserhornkulm vers 1893. Photographie de l'atelier zurichois  Ed. Schroeder & C<SUP>ie</SUP> (Bibliothèque nationale suisse).<BR/>La construction d'un funiculaire partant de Stans et comportant trois sections distinctes fut décidée en 1892. La 3<SUP>e</SUP> et dernière section, la plus raide du trajet, aboutit dans le sous-sol de l'hôtel. La mise en service date de 1893. En 1970, un orage foudroya l'hôtel, qui brûla entièrement avec la machinerie du funiculaire. Un téléphérique fut construit pour remplacer les deux dernières sections et l'exploitation reprit en 1975.<BR/>
Le funiculaire et l'hôtel Stanserhornkulm vers 1893. Photographie de l'atelier zurichois Ed. Schroeder & Cie (Bibliothèque nationale suisse).
(...)

Le tourisme se développa vers la fin du XIXe s. Il offrait de nouvelles sources de revenus, notamment pour les femmes. Franz Josef Bucher et Josef Durrer furent d'énergiques pionniers dans ce domaine, efficacement soutenus par l'élite villageoise. En 1893, ils construisirent un hôtel au sommet du Stanserhorn, un funiculaire pour y accéder et un tramway électrique reliant la station inférieure au débarcadère de Stansstad. Le tourisme resta relativement modeste, mais S. lui doit sa première liaison ferroviaire (1893, reconstruite et prolongée jusqu'à Engelberg en 1898), l'électrification de la commune (1905) et son raccordement au réseau routier suisse. Le réseau d'eau potable date de 1894, le raccordement au réseau téléphonique de 1895.

Retardée par l'isolement géographique (pas d'accès au lac) et par les réticences des familles influentes, qui se méfiaient de la classe ouvrière pour des raisons politiques et religieuses, l'industrialisation démarra en 1939, avec la fondation de l'entreprise aéronautique Pilatus Flugzeugwerke et l'ouverture d'une place d'aviation dans la plaine de Buochs. L'amélioration des transports (ligne Lucerne-S.-Engelberg en 1964, autoroute en 1966) entraîna l'installation d'entreprises actives dans divers domaines (imprimerie, construction de machines, informatique, électronique, services). En 2005, le secteur primaire ne fournissait plus que 1,2% des emplois. S. abrite le centre commercial Länderpark (1980), l'hôpital cantonal (1866, reconstruit en 1908 et 1966), l'école cantonale (1778, gymnase des capucins en 1877), le Musée de Nidwald (1872), le Musée de la Fondation Frey-Näpflin (instituée en 2004), la Bibliothèque cantonale (1971), la bibliothèque scolaire et communale (1996, bibliothèque populaire en 1976).

<b>Stans</b><br>Anton Frey-Näpflin le 23 octobre 2008 dans la nouvelle partie du musée de la Frey-Näpflin-Stiftung  © KEYSTONE / Sigi Tischler.<BR/>Institué en 2004, le musée accueille dans cette partie nouvelle des vitraux de l'ancienne abbaye cistercienne de Saint-Urbain, réalisés par l'artiste de Stans Melchior Paul von Deschwanden et ses aides.<BR/>
Anton Frey-Näpflin le 23 octobre 2008 dans la nouvelle partie du musée de la Frey-Näpflin-Stiftung © KEYSTONE / Sigi Tischler.
(...)

Auteur(e): Emil Weber / PM

3.4 - Société

En 1798, la population souffrit des désastres de la guerre et dut contribuer à l'entretien des troupes françaises. Elle fut confrontée ensuite à la disette de 1816-1817 qui, quoique moins grave à S. qu'en Suisse orientale par exemple, prit les autorités au dépourvu; seules des initiatives privées apportèrent quelque soulagement, comme la fondation d'une société de secours prônant la production de pommes de terre et de céréales. Après la crise, cette société disparut et la population revint rapidement à ses anciennes habitudes. Le paupérisme resta un phénomène récurrent jusque dans les années 1940.

Jusqu'en 1850, une nette distinction séparait les bourgeois des gens ayant le statut d'"habitants" (Beisassen), groupe dont faisaient partie la plupart des domestiques, servantes, artisans, compagnons et journaliers. Jusque vers la fin du XIXe s., ces derniers n'avaient pratiquement aucune possibilité de s'élever socialement. La classe supérieure se composait encore presque exclusivement de représentants des anciennes familles patriciennes fortunées, qui exerçaient une grande influence comme créanciers; elle comptait aussi, depuis la première moitié du XIXe s., quelques commerçants et membres de professions libérales parvenus à des positions dirigeantes. Au XXe s., elle intégra des industriels, des entrepreneurs et les hauts fonctionnaires cantonaux. La classe moyenne était formée surtout de paysans et d'artisans; depuis le deuxième tiers du XXe s., elle est de plus en plus constituée d'employés et d'ouvriers spécialisés.

Auteur(e): Emil Weber / PM

3.5 - Eglise, vie religieuse, formation et culture

Au début du XIXe s., la paroisse de S. englobait Oberdorf (où fut fondée en 1864 la chapellenie de Büren), ainsi que les villages de Dallenwil (jusqu'en 1923), Stansstad (jusqu'en 1958), Obbürgen (comm. Stansstad) et Ennetmoos (jusqu'en 1972). Le paroisse protestante de S. naquit en 1898 (elle dessert aussi au début du XXIe s. Stansstad, Ennetmoos, Oberdorf, Dallenwil et Wolfenschiessen); le temple date de 1933-1934. Le couvent des capucins fut supprimé en 2004, en raison de la crise des vocations. Son gymnase avait déjà été repris par le canton en 1988.

Une école de dessin privée (future école professionnelle) fut ouverte en 1852 avec l'aide de la Caisse d'épargne. Une école secondaire de garçons suivit en 1859, puis une école de perfectionnement pour jeunes filles en 1871. La commune scolaire fit construire le nouveau collège primaire des garçons en 1878-1879 et celui des filles en 1896-1898. L'école libre de Nidwald, institut privé fondé en 1981, défendit une pédagogie novatrice (reprise en partie par l'école officielle) jusqu'à sa fermeture pour raisons financières en 1994.

Parmi les sociétés actives dans la seconde moitié du XIXe s., on en trouve qui se vouent au tir, au théâtre, à la préparation du carnaval, à l'histoire locale. La fête fédérale de tir organisée à S. en 1861 à l'initiative de milieux radicaux, malgré l'opposition des conservateurs, favorisa l'intégration de Nidwald dans l'Etat fédéral.

Les principaux artistes de S. au XIXe s. furent le peintre Melchior Paul von Deschwanden, qui marqua l'art sacré suisse de son époque, son élève Theodor von Deschwanden et plusieurs membres de la famille Keyser (ou Kaiser). Les von Matt (Hans et Annemarie notamment) et les Stöckli incarnèrent le renouveau culturel après la Première Guerre mondiale. Le théâtre de poche du Chäslager (dès 1969), le festival musical de S. (dès 1994) et divers lieux d'exposition accueillent la création contemporaine.

<b>Stans</b><br>Affiche pour le festival musical, 2006 (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).<BR/>
Affiche pour le festival musical, 2006 (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).
(...)

Auteur(e): Emil Weber / PM

Références bibliographiques

Fonds d'archives
– ACom, Stans
– APar catholique, Stans
– Korporationsarchiv, Stans
– StANW
Bibliographie
– H. Ammann, «Die Talschaftshauptorte der Innerschweiz in der mittelalterlichen Wirtschaft», in Gfr., 102, 1949, 105-144
MAH Unterwalden, 21971, 755-975
– L. Steiner-Barmettler, «Der Dorfbrand von Stans 1713», in BGN, 39, 1980, 9-94
– H. von Matt, Kunst in Stans - 1900, 1982
– F. Kaiser, Stans um die Jahrhundertwende, 1983
– M. Keller, Armut im Kanton Nidwalden, 1850-1900, mém. lic. Fribourg, 1987
– H. Achermann, Das Höfli oder die Rosenburg in Stans NW, 1988
– A. Cueni, L. Meyer-Hofmann, Die anthropologischen Befunde: Stans Pfarrkirche St. Peter und Paul, Ausgrabungen 1984/1985, ms., 1989 (StANW)
– R. Odermatt-Bürgi, Pfarrkirche St. Peter und Paul in Stans NW, 1989
Frauenleben in Stans, 1998
INSA, 9, 217-293
– A. Hug, V. Weibel, Nidwaldner Orts- und Flurnamen, 5 vol., 2003
Kapuziner in Nidwalden, 1582-2004, 2004
– D. Krämer, "Wenn ich nicht so Mager wäre, so hätte ich forcht, ich wurde von denen Armen Leiten aufgefressen", mém. lic. Berne, 2005
– M. Näpflin, Frömmigkeitspraxis in Nidwalden zwischen 1570 und 1800, mém. lic. Berne, 2006
Zugluft, cat. expo. Stans, 2008

Auteur(e): Emil Weber / PM