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Hergiswil (NW)

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Comm. NW, constituée sous sa forme moderne en 1850, formant une communauté scolaire indépendante depuis 1877. Village sur le lac des Quatre-Cantons, au pied du Pilate. 1303-09 ze Hergenswile. 460 hab. en 1769, 804 en 1850, 1080 en 1900, 2904 en 1950, 4364 en 1970, 4754 en 2000. Utilisé peut-être déjà au Néolithique, un chemin allant de Lucerne au Brünig passait par H. et le col de Rengg. Une exploitation saisonnière des pâturages aux alentours de ce col est attestée pour l'âge du Bronze (fouilles de 1985-1987). Au col même (qui sert de frontière au sud avec Alpnach), se trouvait vers 1315 une Letzi (ouvrage défensif) longue de 250 m environ. Le village, au bord du lac, fut donné au prieuré bénédictin de Lucerne au IXe s. L'avouerie confiée aux Rothenburg passa aux Habsbourg vers 1285; elle fut vendue en 1355 au landamman d'Uri Heinrich von Moos, dont la fille, Cäcilia, céda la basse juridiction, pour 700 florins, à la communauté (Ürte) de H., en 1378. Devenue autonome, celle-ci se rattacha aussitôt à Nidwald, dont elle constitua la onzième commune. Au spirituel, H. releva probablement de Stans dès le XIIIe s. Une chapelle est mentionnée pour la première fois en 1504 (chapellenie en 1507, droit de baptême en 1579). Les villageois commencèrent en 1618 la construction d'une église qui fut consacrée en 1621, H. étant alors érigé en paroisse. L'édifice fut refait sur un autre emplacement en 1857. Réservé à l'égard de la résistance nidwaldienne contre la République helvétique en 1798, H. abrita le quartier général de l'armée française. De même, en 1815, la commune ne soutint guère l'opposition de Nidwald au Pacte fédéral et envisagea une adhésion autonome. Elle garda également ses distances à l'égard du Sonderbund (1845-1847). Elle acquit ainsi une réputation de "forteresse de l'esprit confédéral" et la population est encore considérée aujourd'hui comme "libérale".

Initialement, l'activité économique se limitait à l'agriculture (élevage surtout) et à la pêche. Les droits de pêche firent l'objet d'une querelle avec les voisins lucernois, qui s'envenima en 1435 et pesa de façon récurrente sur les relations entre Nidwald et Lucerne (la frontière lacustre ne fut fixée qu'en 1967). Des tuileries virent le jour au Mühlehof (1602), à la Käppelimatt (1785) et dans la zone d'Engesch (1786). Un moulin à papier, attesté dès 1667, fonctionna comme cartonnerie jusqu'au XXe s. Une famille de souffleurs de verre de Flühli, les Siegwart, vint s'établir à H. en 1815 et fut à l'origine d'une verrerie, qui existe encore aujourd'hui (reprise par Roberto Niederer en 1976). Le Pilate devint une attraction touristique à partir de 1850. De nombreux restaurants et hôtels s'ouvrirent dans le village et dès 1860 en altitude (Pilatus-Kulm, Klimsenhorn). Desservi par une compagnie de navigation privée dès 1862 et par celle du lac des Quatre-Cantons dès 1874, H. bénéficia de l'ouverture du chemin de fer du Brünig en 1889. Une ligne de cars postaux pour Stans fut inaugurée en 1928. Le tronçon Horw-H. de l'A2 fut mis en service en 1962. A partir des années 1920, des familles fortunées découvrirent cet endroit idyllique proche de Lucerne et en firent leur lieu de résidence et leur domicile fiscal (les industriels Schindler, les banquiers von Speyr). Un taux d'imposition de plus en plus bas attira ensuite certaines sociétés financières et de services (notamment l'institut d'études de marché IHA-GfK en 1962), ainsi que des particuliers fortunés. H. devint un pôle économique qui, tout en n'abritant que 13% de la population nidwaldienne, fournissait 27% du revenu fiscal cantonal en 1998. Cette aisance permit d'améliorer les infrastructures: piscine chauffée (1968), station d'épuration (1970), maison de retraite de Kuchi (1972), établissement scolaire de Grossmatt (1974), équipement du quartier de Steinibach (dès 1980), port de plaisance (1985), salle polyvalente Lopper (1990), dispensaire de Zwyden (1992), parking souterrain (1994), centre paroissial Hostatt (1995), ateliers communaux (1997).


Bibliographie
600 Jahre Hergiswil, 1378-1978, 1978
Bilanz, 1988, no 6, 28-32

Auteur(e): Peter Steiner / FS