16/07/2015 | communication | PDF | imprimer | 

Bâle (-Campagne)

L'édition imprimée de cet article est richement illustrée par des image(s) et infographie(s). Commandez le DHS chez notre éditeur.

Demi-canton de la Confédération depuis 1833, date de la division du canton de Bâle en Bâle-Campagne et Bâle-Ville. Nom officiel selon la Constitution du 27 avril 1832: Kanton Basel-Landschaft; it. Basilea-Campagna, rom. Basilea-Champagna. La langue officielle est l'allemand, le chef-lieu Liestal.

Superficie (1994)517,5 km² 
Forêt/surface boisée216,3 km²41,8%
Surface agricole213,9 km²41,3%
Surface bâtie84,3 km²16,3%
Surface improductive3,1 km²0,6%

Population et économie (avec le district de Laufon depuis 1995)
Année 1850190019501990
Habitants 47 88568 497107 549233 488
En % de la population suisse2,0%2,1%2,3%3,4%
LangueAllemand 66 402102 301200 927
 Français  6072 1244 024
 Italien 1 4502 64510 721
 Romanche      6 146 325
 Autres    32 33317 491
ConfessionProtestants38 81852 76378 786119 598
 Catholiques (y compris catholiques-chrétiens jusqu'en 1900)9 05215 56426 74178 555
 Catholiques-chrétiens  1 115 988
 Israélites   15 130 148 339
 Autres et sans confession     0   40 75934 008
 dont sans confession   22 973
NationalitéSuisses46 10361 001100 923197 292
 Etrangers1 7827 4966 62636 196
Année 1905193919651995
Personnes activesSecteur primaire14 10116 0224 2294 758a
 Secteur secondaire16 53618 65445 40044 624
 Secteur tertiaire4 1676 83318 46965 556
Année 1965197519851995
Part au revenu national2,9%3,6%3,5%3,7%

a Chiffres du recensement des exploitations agricoles 1996

Sources:OFS, OFA et Stat. hist.

1 - L'Etat

1.1 - Histoire constitutionnelle et politique

Après la séparation complète prononcée par la Diète le 26 août 1833, le nouveau canton, régi par la Constitution du 27 avril 1832, connut une époque de luttes pour le pouvoir et de conflits de compétences. Bientôt se formèrent, autour de Stephan Gutzwiller, partisan d'un gouvernement fort, et d'Emil Remigius Frey, favorable à une large démocratisation, les deux groupes qui domineront les débats parlementaires jusqu'au début du XXe s.: le "parti de l'ordre", d'abord majoritaire, et le "parti du mouvement", qui seul parvint à organiser ses sympathisants dans les Associations patriotique (1833-1835), nationale (1835-1836), populaire (1846-1847) et patriotique "Helvetia" (1858-1860). Le peuple avait déjà montré, pendant les troubles de la séparation, une grande capacité de résistance à l'autorité. Cette attitude persista, la méfiance se reportant sur le nouveau pouvoir. Le particularisme communal traditionnel joua un grand rôle jusqu'au XXe s. et freina la mise en place d'une infrastructure cantonale. Les communes furent souvent l'élément moteur de l'opposition populaire. Ainsi Muttenz en 1833, Waldenburg en 1834 et Oberwil en 1834-1835 se défendirent-elles contre des ordonnances cantonales sur l'élection des pasteurs. Lors du putsch de "Gemeindejoggeli" (surnom d'un des meneurs) à Gelterkinden en 1840, un "comité des amis de la patrie" appela les communes à élire des comités pour s'opposer à des autorités cantonales trop progressistes et dépensières. Le gouvernement réagit par une occupation militaire. En politique fédérale, B.-Campagne était l'un des cantons les plus ardemment radicaux; des contingents communaux participèrent aux expéditions des Corps francs (1844-1845) et à la guerre du Sonderbund (1847).

Les deuxième et troisième Constitutions, en 1838 et 1850, réglèrent les conflits de compétences entre autorités. Celle de 1850 limita l'autonomie communale et substitua au gouvernement collégial le système directorial. Comme elle tenait très peu compte des vœux du peuple, il se répandit un sentiment d'impuissance face aux décisions gouvernementales. Le mécontentement grandit quand, en 1853, la compagnie ferroviaire du Central-Suisse mena brutalement, sous la protection du gouvernement, ses expropriations et achats de terrains. Pour la première fois depuis 1838, le parti de l'ordre perdit en 1854 la majorité au Conseil d'Etat et au Grand Conseil. Mais le nouveau gouvernement n'avait ni base homogène ni programme cantonal; bientôt qualifié de "minable" (Knorzregiment), il dut se retirer en 1857 déjà.

Le refus "irrévocable" que le Grand Conseil opposa en 1861 aux offres de réunification présentées par B.-Ville rencontra l'incompréhension de larges milieux. L'insatisfaction latente profita au programme de révision constitutionnelle de Christoph Rolle (1861). Le succès des révisionnistes ou "revi" (premier parti fortement organisé dans le canton), avec le slogan "plus de liberté, une justice plus accessible et des économies", obligea les tenants du parti de l'ordre ou "anti" à créer en 1862 une association patriotique. Dès sa seconde tentative, en 1863, Rolle réussit à imposer une Constitution, la quatrième, qui donnait au peuple des pouvoirs de contrôle sur le Conseil d'Etat et le Grand Conseil plus amples que dans tout autre canton. Ce fut le premier grand succès du mouvement démocratique en Suisse. Les "revi" gagnèrent aussi les élections aux deux Conseils, mais faute de programme cantonal, ils perdirent le pouvoir en 1866. Cependant, les conquêtes du mouvement démocratique, les droits populaires, sont restés en vigueur, pour l'essentiel, jusqu'à nos jours. A la fin des années 1860, les luttes s'apaisèrent: les partis de l'ordre et du mouvement s'unirent en 1873 pour former l'Association patriotique suisse, qui rassemblait diverses tendances radicales, mais ne dura que quelques années.

Les empêchements au mariage furent abolis par la Constitution fédérale de 1874 et, en 1879, une votation cantonale supprima la tutelle des femmes célibataires, divorcées ou veuves. La révision constitutionnelle de 1887-1892 devait surtout clarifier la question fiscale, en suspens depuis la fondation du canton. Les lois instituant un impôt permanent avaient toujours été rejetées. Cependant, les revenus tirés de la fortune attribuée au demi-canton lors de la séparation, ceux de la régale des sels, de diverses taxes de patentes et d'impôts occasionnels ne suffisaient plus. La cinquième Constitution institua un impôt cantonal provisoire, le référendum financier obligatoire et l'élection du conseiller aux Etats par le peuple; elle contenait des dispositions sur l'amélioration de la prévoyance sociale. Mais ce furent encore des lois spéciales, renouvelées en 1919, 1923 et 1926, qui permirent de lever les impôts indispensables et B.-Campagne fut le dernier canton à se donner une loi fiscale en 1928.

Les premières associations durablement actives sur le plan politique apparurent dans le dernier quart du XIXe s.: associations catholiques à l'époque du Kulturkampf (Comité central des catholiques du Birseck), sections de la Société du Grutli dans les années 1880 (fondée en 1867, une section de la Ire Internationale avait eu une existence éphémère). L'Union des ouvriers et des paysans, créée en 1892 et dirigée par Stephan Gschwind, voulait imposer, au nom des ouvriers et à celui des paysans endettés, une réforme des hypothèques et le principe des coopératives de consommation; le mouvement subsista jusqu'en 1898, son journal jusqu'en 1915. Après la révision constitutionnelle de 1892, le gouvernement devint de plus en plus conservateur et entra en conflit avec le Grand Conseil, de tendance réformiste. Dans la presse, la Basellandschaftliche Zeitung soutenait le parti de l'ordre (du gouvernement), et le Landschäftler le parti du mouvement (du Grand Conseil), dont quelques membres fondèrent en 1905 le parti des jeunes radicaux, devenu en 1908 parti radical populaire. Au Grand Conseil, ces radicaux s'allièrent avec des représentants des catholiques et des ouvriers dans le groupe démocratique progressiste. Cela poussa le parti du gouvernement à créer en 1910 une association rivale, dite "démocratique-économique", qui pourtant se réclamait aussi du radicalisme. L'Union cantonale des sociétés du Grutli, où la politique l'emporta bientôt sur les activités culturelles, prit en 1913 le nom de parti social-démocrate (PS). Une nouvelle Société du Grutli s'en détacha en 1916, prospéra brièvement après la grève générale de 1918 et disparut en 1925. Le parti conservateur populaire, créé en 1913, changea souvent de nom (depuis 1970 Parti démocrate-chrétien, PDC). La forte participation à la grève générale dans les communes industrielles et la proche arrivée de la proportionnelle décidèrent les frères ennemis radicaux à s'unir en 1919 en parti démocratique progressiste, appelé dès 1927 parti radical-démocratique (PRD). Les premières élections législatives au système proportionnel, en 1920, virent les radicaux perdre 21 sièges et les socialistes en gagner 24.

Un grand nombre de petits partis apparurent entre 1920 et 1950, représentants de paysans ou de membres des classes moyennes qui ne se reconnaissaient ni dans le PRD ni dans le PS: parti évangélique populaire (1921), parti radical des bourgeois de Liestal (1923-1929), parti des paysans, artisans et bourgeois du bas du canton (1925), parti des paysans du haut du canton (1925-1939), liste paysanne (1925-1935), liste des débiteurs, métayers et locataires du bas du canton, comité d'action contre l'asservissement par les taux d'intérêts (1925-1939), parti des bourgeois, paysans et artisans du bas du canton (1932-1945), Ligue pour le développement économique (Schweizer Freiwirtschaftsbund, parti évangélique populaire, parti des paysans du district de Waldenburg, Jeunes Paysans, 1935-1944), Alliance des Indépendants (dès 1937), association démocratique libre (1938-1944), parti paysan bâlois (1938-1953), groupes du centre (1944-1945), parti démocrate (1945-1950) et démocrates libres, association politique libre (1950-1959). Le parti communiste de B.-Campagne (1921-1940) est une scission du PS; en 1944, des socialistes de gauche, des communistes et quelques sans parti fondèrent le parti du travail (actif jusqu'en 1989).

Le canton développa considérablement ses prestations durant les crises de l'entre-deux-guerres: il améliora la législation sociale (office cantonal de conciliation en 1918, loi sur le travail à domicile en 1922, assurance chômage obligatoire en 1930), prit des mesures urgentes de soutien aux chômeurs (chantiers publics, placement, cours de recyclage dans la passementerie) et vint en aide, dans une mesure rarement atteinte ailleurs, aux communes en difficulté (loi de 1932 sur l'aide aux communes, financée par la "contribution de crise").

La crise économique fit surgir un mouvement en faveur de la réunification avec B.-Ville. Cette idée, acceptée dans le bas du canton, refusée dans le haut, domina les débats politiques jusqu'à ce que, dans les années 1960, elle perdît de son attrait, à cause de l'amélioration des infrastructures (construction de gymnases, d'hôpitaux, de routes comme l'A2 ou le projet de T18), de l'adaptation de la législation sociale (loi sur la santé publique en 1973) et de la collaboration avec B.-Ville dans de nouvelles tâches régionales, par exemple gestion portuaire, réseau d'eau potable, hygiène de l'air, communauté tarifaire, péréquation. Le Conseil d'Etat élabora une série de plans: aménagement du territoire (publication du Leitbild Baselland en 1968), finances, routes, énergie, transports publics, maisons de retraite.

Devancé seulement par Genève, Vaud, Neuchâtel et B.-Ville, B.-Campagne a inscrit le suffrage féminin dans sa Constitution en 1967 et dans sa loi en 1968, après avoir refusé de l'accorder en 1926 (en matières scolaire, ecclésiastique et d'assistance), 1946, 1955 (sur le plan cantonal) et 1959 (votation fédérale).

Le coût croissant des infrastructures, surtout dans les domaines de l'enseignement et de la santé, et des diminutions d'impôt entraînèrent des déficits publics dès 1965. Après le refus de trois projets de suppléments fiscaux (1966, 1968 et 1972), le peuple accepta en 1972 une initiative socialiste frappant massivement les hauts revenus. Les partis adoptèrent en 1974 une nouvelle loi fiscale qui remplaça cet impôt sur la richesse. Succédant à la cinquième Constitution, qui datait de 1892 et comportait plus de vingt-quatre amendements lors de sa mise en révision en 1978, la sixième, adoptée en 1984, est entrée en vigueur en 1987. Elle élargit les droits populaires en instaurant le référendum en matière de planification, l'initiative générale et la fonction de médiateur (ombudsman).

Depuis les années 1970, la population s'est plus d'une fois élevée contre des projets de l'Etat ou de l'économie privée. En occupant en 1975 le terrain, sis en Argovie, mais à la frontière de B.-Campagne, où devait s'élever la centrale nucléaire de Kaiseraugst, des opposants empêchèrent sa construction. Une initiative adoptée en 1978 oblige les autorités à refuser toute centrale atomique dans la région. En 1980, le peuple a accepté une loi cantonale sur l'énergie, première du genre en Suisse, et l'initiative proposant une loi sur la promotion économique. Depuis 1981, les communes sont obligées d'établir un plan d'aménagement. L'incendie de Schweizerhalle en 1986 favorisa la création d'un inspectorat pour les questions de sécurité et d'un bureau pour la prévention des catastrophes.

La création du canton du Jura (1979) isola le Laufonnais du reste du canton de Berne. La population de ce district refusa nettement en 1983 le rattachement à B.-Campagne, puis l'accepta à une faible majorité en 1989. Le Laufonnais est donc depuis 1994 le cinquième district du demi-canton.

Beaucoup des multiples formations partisanes qui existaient encore au lendemain de la guerre ont disparu et le paysage politique cantonal s'est coulé dans un moule national. Le PS et le PRD ont leurs fiefs dans le bas du canton, l'UDC (parti paysan bâlois jusqu'en 1953, PAB jusqu'en 1975) dans le haut, le PDC dans le Birseck et le Laufonnais catholiques. Malgré son histoire mouvementée, le parti des Verts de B.-Campagne dispose depuis 1987 d'un siège au Conseil national. Les Démocrates suisses (Action nationale pour le peuple et la patrie de 1967 à 1990) en ont un depuis 1991. Le parti libéral, fondé en 1974, n'est plus représenté au Grand Conseil depuis 1987, l'Alliance des Indépendants depuis 1991.

B.-Campagne avait deux conseillers nationaux en 1848. Vu sa croissance démographique supérieure à la moyenne suisse, il en eut trois dès 1863, quatre dès 1911, cinq dès 1963 et sept dès 1971. De l'introduction de la proportionnelle en 1919 jusqu'à 1983, les mandats sont allés, sauf rares exceptions (Freiwirtschaftsbund, parti démocrate, Alliance des Indépendants), aux partis gouvernementaux, PRD, PS, PDC et UDC; les deux premiers prédominent et s'équilibrent à long terme, au-delà d'une alternance qu'on observe aussi, de 1914 à 1987, dans l'élection du conseiller aux Etats (radical dès 1987).

Auteur(e): Sibylle Rudin-Bühlmann / PM

1.2 - Activités de l'Etat et administration cantonale

Le Grand Conseil (Landrat) détient le pouvoir législatif; il nomme et contrôle les autorités et organes cantonaux. Il comptait au début un député pour 500 habitants, un pour 600 dès 1838, un pour 800 dès 1850; le nombre de sièges fut fixé à 80 en 1927, à 84 en 1983 et porté à 90 en 1994 à cause du Laufonnais. Les députés sont élus, au système majoritaire jusqu'en 1919, à la proportionnelle dès 1920, dans des cercles électoraux (quatorze en 1832-1833, dix dès 1834, quarante dès 1864, sept dès 1919, onze dès 1983, douze avec le Laufonnais dès 1994). La législature fut d'abord de six ans, avec renouvellement par tiers tous les deux ans; elle passa à trois ans dès 1838, à quatre ans dès 1959.

Répartition des sièges au Grand Conseil (depuis l'introduction du système proportionnel)
Parti19201927193819501963197519871999
PRD 55 28 24 19 24 24 23 22
PS 27 19 21 26 26 24 21 25
PDCa   7   9 10 11 11 12 12 12
UDC -   5   5   8   7   8   9 14
PEV -   5 - -   1   2   4   3
AN/DS - - - --   3   4   9
Gauches/Vertsb   7   4   2   4-   2 10   5
Autresc- 10 18 12 11   5   1 -

a Parti populaire catholique de 1920 à 1926, parti populaire catholique et association chrétienne-sociale de 1926-1961, parti conservateur chrétien-social de 1961 à 1970, PDC dès 1970.

b Société du Grutli, Parti communiste, Parti du travail, Organisations progressistes, Verts BL et Liste verte libre.

c Parti radical (non PRD), Parti des bourgeois, paysans et artisans (non UDC), Démocrates libres, Parti démocrate, AdI, Association politique libre, Aktion Kt. Basel (1963: 11 sièges), Ligue pour le développement économique (1938: 11 sièges).

Sources:Statistisches Jahrbuch Basel-Landschaft, Annu. stat.

Le Conseil d'Etat, élu par le Grand Conseil jusqu'en 1863, puis par le peuple, dirige l'administration cantonale. Il compte cinq membres dès 1832, sept dès 1838 et cinq dès 1850. Une femme y est entrée pour la première fois en 1994. La durée des mandats a toujours correspondu à celle de la législature. Dès 1850, chaque conseiller d'Etat est responsable à plein temps d'un département (Direktion): Finances, Intérieur, Justice, Instruction publique et cultes, Affaires militaires et police. De l'Intérieur se sont détachés les Travaux publics en 1867 et l'Agriculture en 1959, des Affaires militaires la Santé publique en 1947, ce qui donna huit directions réparties entre les cinq conseillers. Elles ont été ramenées à cinq en 1984: Finances et cultes, Economie et santé, Travaux publics et agriculture (Travaux publics et environnement dès 1989), Justice, police et affaires militaires, Instruction publique et culture.

Le Conseil d'Etat depuis 1925a
Parti19251931193619391942194719491950195919631989199119941999
PRD43211111121222
PS12222321212221
PDCb--1111-1111-11
UDC---1--111111-1
DPc----1---------
FPVd------11------

a Le tableau contient les années où intervient un changement dans la représentation des partis. Avant 1925, le Conseil d'Etat est radical (à l'exception de la période 1894-1896 où l'on relève un représentant de l'union des ouvriers et des paysans).

b Parti populaire catholique de 1920 à 1926, parti populaire catholique et association chrétienne-sociale de 1926-1961, parti conservateur chrétien-social de 1961 à 1970, PDC dès 1970.

c Parti démocratique.

d Association politique libre.

Sources:K. Birkhäuser, éd., Personenlexikon des Kantons Basel-Landschaft, 1997, 208-209

Etat-major des autorités cantonales, la chancellerie dépend du Landschreiber (chancelier). A sa création, le canton fut divisé en quatre districts, Arlesheim, Liestal, Sissach et Waldenburg, auxquels s'est ajouté celui de Laufon en 1994. Les préfets ont des tâches d'administration et de police; ils fonctionnent comme juges d'instruction. Les greffes de districts, à Arlesheim, Binningen, Liestal, Sissach, Waldenburg et Laufon, s'occupent du registre foncier, des affaires de succession, ainsi que d'autres affaires notariales, des poursuites pour dettes et des faillites. La Constitution de 1984 a institué un médiateur (ombudsman) pour régler les conflits entre le canton ou les communes et leurs administrés.

Dépenses publiques depuis 1840 (en milliers de francs)
 1840187019001930196019902000
Total 414 5981 29412 030111 4891 231 2662 221410
Domaines choisis: 
Administration  99 202 196 9433 99085 313158 475
Economie     3     7     54 4402 81029 02262 733
Education     8   22 2631 60116 536314 458522 564
Santé     5    6   22 87210 635246 415391 828
Prévoyance sociale 8     7    24 3927 169111 768333 219

Sources:Auteur, Office stat. du canton de B.-Campagne 

B.-Campagne, canton radical, fut un pionnier des droits populaires. Sont électeurs dès 1832 les hommes de vingt ans et plus. Le suffrage féminin ne date que de 1968. La majorité civique a été abaissée à 18 ans en 1981. Jusqu'en 1892, une votation n'était valable que si la majorité des inscrits y avait participé; pour une élection, une participation d'un tiers au moins était exigée. Le bulletin de vote a remplacé les assemblées électorales, partiellement dès 1896, complètement dès 1919. Les modifications de la Constitution sont soumises au référendum obligatoire depuis 1832. Il y eut en outre jusqu'en 1863 un droit de veto permettant, ce qui ne réussit que trois fois, d'abroger une loi si deux tiers des électeurs le demandaient dans les quinze jours (ou la majorité absolue dans les trente jours, dès 1838). La Constitution de 1863 élargit les droits politiques: référendum législatif obligatoire (limité en 1999 aux lois qui ont obtenu moins de 80% des voix au parlement), droit de révoquer le Grand Conseil (abrogé par la Constitution de 1984), élection par le peuple du Conseil d'Etat, ainsi que des hauts fonctionnaires (de certains seulement dès 1892), initiative législative et constitutionnelle (initiative générale dans la Constitution de 1984). S'y ajoutèrent en 1892 l'élection du conseiller aux Etats par le peuple et le référendum obligatoire (facultatif dès 1944) pour les grosses dépenses, puis en 1984 le référendum facultatif en matière de planification.

Depuis sa création, B.-Campagne connut, au moins en principe, la séparation des pouvoirs et la publicité de la justice. Très tôt aussi, en 1892, il inscrivit dans sa Constitution l'incompatibilité entre les mandats de juge et de député au Grand Conseil. Il ne promulgua son Code pénal qu'en 1873, appliquant auparavant le droit de B.-Ville ou des lois spéciales. La cour suprême (Obergericht), nommée par le Grand Conseil, et le tribunal administratif (inscrit dans la Constitution en 1926, mais organisé en 1959 seulement) sont, chacun dans son domaine, les instances suprêmes (réunies dès 2002 en un tribunal cantonal comprenant trois chambres). La plupart des causes civiles passent d'abord devant les juges, élus par le peuple, des tribunaux de district (qui siègent dans les cinq chefs-lieux et à Gelterkinden). Les causes pénales relèvent en première instance des tribunaux de police rattachés aux tribunaux de districts ou, généralement, de la cour pénale cantonale. La justice de paix rend dans ses vingt-trois cercles (dont quatre pour le Laufonnais) des audiences de conciliation et peut infliger de petites amendes. La juridiction constitutionnelle ne date que de la Constitution de 1984. Les mandats de répression, l'engagement des procédures, les demandes de mise en liberté, les recours contre les ordonnances de renvoi relèvent de l'autorité de renvoi jusqu'en 1999, puis d'un tribunal de procédure (Verfahrensgericht).

B.-Campagne compte 86 communes: les 75 des origines, augmentées de celle de Birsfelden érigée en 1874 et des 13 du Laufonnais dès 1994, mais diminuées par le rattachement de Bärenwil à Langenbruck (1838), d'Olsberg à Arisdorf (1882) et par la fusion de Biel avec Benken (1972). En général, leur législatif ou plutôt pouvoir délibérant est l'assemblée des électeurs, sauf à Allschwil, Binningen, Birsfelden (jusqu'en 1993), Liestal, Pratteln et Reinach, qui ont un Conseil (Einwohnerrat). Leur exécutif est un Conseil communal (Gemeinderat) de trois à sept membres, dirigé par le président de la commune. Les communes de taille moyenne sans parlement disposent d'une commission communale consultative.

A l'origine, les communes jouissaient, en l'absence de dispositions constitutionnelles, d'une large autonomie, qui fut cependant toujours plus limitée, par la Constitution de 1850, par la loi sur les communes de 1881, enfin par la loi de 1970 sur l'organisation et l'administration communales, qui donne au canton un droit de surveillance. Les communes bourgeoise et politique sont séparées depuis 1881.

Auteur(e): Sibylle Rudin-Bühlmann / PM

2 - Société, économie et culture

2.1 - Population et habitat

2.1.1 - Evolution démographique

En 1837, lors du premier recensement cantonal à peu près fiable, B.-Campagne comptait 41 120 habitants. Ce nombre s'accrut au taux annuel moyen de 0,85% pour atteindre 107 549 habitants en 1950, malgré les déficits dus à d'ultimes épidémies de variole en 1885, de typhus en 1890, de grippe en 1918. De 1950 à 1970, l'accroissement annuel moyen, surpassant celui de tous les autres cantons, fut de 3,3%; entre 1970 et 1990, il était encore de 0,7% (204 889 habitants en 1970, 233 488 en 1990); il tendait à baisser au début des années 1990. Le 1er janvier 1994, avec l'arrivée du Laufonnais, la population s'accrut d'un coup de 6,5%, passant à 253 357 habitants. L'industrialisation, la liberté d'établissement (1848) et le chemin de fer déclenchèrent aux alentours de 1850 un exode vers les centres urbains, surtout pour B., qui dura un siècle. Malgré cela, la population augmenta à cause de l'excédent des naissances. Après la Deuxième Guerre mondiale, on observa un mouvement inverse de retour à la campagne; en particulier, de nombreuses personnes, tout en travaillant en ville de B., prirent domicile dans le district limitrophe d'Arlesheim, qui abrite trois cinquièmes de la population de B.-Campagne dès les années 1960, contre un quart en 1850. Deux tiers environ des personnes actives de B.-Campagne étaient des navetteurs en 1990. Pour la densité de la population, 513 hab./km², le canton occupe le quatrième rang en Suisse. La proportion des étrangers a beaucoup varié, mais a toujours été nettement plus faible qu'à B.-Ville.

Evolution démographique (1837-1990)
PériodeHabitantsaAccroissementbExcédent naturelbSolde migratoirebEtrangersaPart de la population âgée de 60 ans et plusa
1837-185041 12012o/oo13o/oo-1o/oo2,8% 
1850-186047 8857o/oo13o/oo-6o/oo3,7% 
1860-187051 5825o/oo13o/oo-8o/oo3,8%7,7%
1870-188054 026c9o/oo11o/oo-2o/oo4,0%8,0%
1880-188859 171c6o/oo11o/oo-5o/oo6,8%7,8%
1888-190061 9418o/oo12o/oo-4o/oo7,8%8,3%
1900-191068 49711o/oo12o/oo-1o/oo10,9%8,3%
1910-192076 4887o/oo9o/oo-2o/oo14,1%8,2%
1920-193082 39012o/oo8o/oo4o/oo10,5%8,7%
1930-194192 5412o/oo5o/oo-3o/oo9,7%9,9%
1941-195094 45914o/oo8o/oo6o/oo5,4%12,7%
1950-1960107 54932o/oo10o/oo22o/oo6,2%13,4%
1960-1970148 28232o/oo13o/oo19o/oo12,7%12,7%
1970-1980204 8897o/oo7o/oo0o/oo18,9%12,1%
1980-1990219 8226o/oo4o/oo2o/oo14,2%14,2%
1990233 488   15,6%17,9%

a Au début de la période

b Taux moyen annuel

c Population présente ou de fait

Sources:OFS, Stat. hist.

Auteur(e): Kaspar Birkhäuser / PM

2.1.2 - Habitat

La ville de B. fut et reste le centre de la région et de ses voies de communication. A l'époque de sa création, on ne trouvait guère dans le canton que des villages et des fermes isolées. Celles-ci subsistent aujourd'hui presque uniquement dans le haut du canton (1807 exploitations agricoles en 1990). Dans les vallées, bien des agglomérations se sont développées en raison directe de la proximité de B., ont créé des zones artisanales et industrielles et sont devenues, surtout dans le district d'Arlesheim, des communes de banlieues ou de petites villes. Les communes d'Allschwil, Binningen, Bottmingen, Münchenstein, Reinach, Arlesheim, Birsfelden, Muttenz, Pratteln, Oberwil, Therwil et Aesch, voisines de B., ont grandi avec la ville et sont reliées au réseau des transports urbains. En 1992, le nombre d'habitants au km² dans les districts était le suivant: Waldenburg 130, Sissach 199, Liestal 602, Arlesheim 1457.

Auteur(e): Kaspar Birkhäuser / PM

2.2 - Economie

2.2.1 - XIXe siècle

Le secteur primaire, agriculture et sylviculture en particulier, employait les deux tiers de la population active du canton dans les années 1830. Cette part s'abaissa à un quart jusqu'en 1900. Il n'y avait presque pas de grands domaines, sauf aux environs de B. et sur les hauteurs du Jura. Dès le milieu du siècle, les méthodes extensives firent place aux intensives, et la céréaliculture, victime de la concurrence des grains à bon marché importés par train et bateau, céda devant l'élevage; de 1866 à 1906, les bovins passent de 14 043 à 24 376, les porcs de 3766 à 6398, les chèvres de 3900 à 5439 (seuls les moutons régressent, de 5966 à 581). La forêt occupait 29,4% de la surface du canton en 1850 et 33,9% en 1897. Les salines de Schweizerhalle, exploitées dès 1837, permirent non seulement à la Suisse de ne plus dépendre des importations pour son approvisionnement en sel, mais procurèrent au canton de B.-Campagne de tels revenus qu'il put renoncer jusqu'en 1892 à percevoir un impôt direct régulier.

Le secteur secondaire représentait 58% des emplois en 1900. Il s'était développé à partir d'activités artisanales exercées en complément à l'agriculture, telle la passementerie (Soierie), c'est-à-dire le tissage de rubans de soie, pratiqué à domicile pour des entrepreneurs de B., avec l'appui d'un réseau de messagers-livreurs (Verlagssystem). Il y avait environ 3500 métiers en 1836, 4909 à l'apogée en 1880. En outre, on tissait des rubans dans des fabriques à Gelterkinden, Sissach et Liestal. Les premières usines s'installèrent dans le district d'Arlesheim et le long des voies ferrées; on en recensait 26 en 1860 qui se répartissaient entre le textile (dix-huit), la papeterie (deux), la métallurgie (deux), l'horlogerie (deux) et la chimie (les salines de Schweizerhalle et l'usine de Schweizerhall). L'horlogerie était présente dans la vallée de Waldenburg dès 1853.

La part du secteur des services était modeste vers 1830. Pour répondre au besoin de crédits, une banque hypothécaire, première du genre en Suisse, fut fondée en 1849, et la Banque cantonale en 1864. Les auberges n'étaient pas rares. Le tourisme débuta par le thermalisme dans les hôtels de Schauenburg, de Ruch-Eptingen et de Schweizerhalle (le "Soolbad" fondé en 1850). Le transport des marchandises faisait vivre de nombreuses entreprises sur les voies de transit du Hauenstein. L'ère du chemin de fer commença en 1854 avec la ligne B.-Liestal, prolongée jusqu'à Olten par le tunnel du Hauenstein en 1858 (compagnie du Central-Suisse). Puis vinrent les lignes B.-Brugg du Nord-Est suisse et B.-Delémont du Jura-Simplon en 1875, Liestal-Waldenburg en 1880, B.-Therwil (chemin de fer de la vallée du Birsig) en 1892. La ligne Sissach-Gelterkinden, exploitée de 1891 à 1916, compta le premier tronçon non-urbain électrifié en Suisse. Les principaux fournisseurs d'électricité aux communes et à l'industrie furent les coopératives Elektra Birseck (1897) et Elektra B.-Campagne (1898), lancées par Stephan Gschwind, fondateur en 1895 de la coopérative de production et de consommation du Birseck, qui fusionna en 1919 avec la Société générale de consommation de B. (Coop).

Auteur(e): Kaspar Birkhäuser / PM

2.2.2 - XXe siècle

La part de la population active occupée dans le secteur primaire chuta de 25% en 1900 à 2,4% en 1990. L'agriculture souffrit de son endettement (les cas de poursuites passèrent dans cette branche de 1576 à 2425 par an entre 1921 et 1931), de l'effondrement de la passementerie comme activité accessoire, des épizooties (peste porcine, charbon bactéridien ou symptomatique, fièvre aphteuse, en particulier dans les années 1920) et surtout de la concurrence internationale. Elle réagit en fondant des coopératives (association des éleveurs et des coopératives d'éleveurs de B.-Campagne en 1902, association des coopératives laitières de la Suisse du Nord-Ouest en 1904, coopérative des grainiers des deux Bâles en 1917), en rationalisant, en améliorant les sols. L'Etat prit des mesures de soutien et favorisa les remaniements parcellaires. Une école d'agriculture d'hiver fut ouverte à Liestal en 1919, la nouvelle école d'agriculture d'Ebenrain près de Sissach, avec école ménagère et ferme modèle, en 1956. La loi cantonale de 1895 sur les remaniements parcellaires n'eut pas d'effets rapides. Le recensement fédéral de 1905 montrait que sur les 5547 exploitations agricoles du canton, 2886 étaient de 0,5 à 3 ha seulement et 2076 de 3,1 à 10 ha. La plupart des remaniements eurent lieu entre 1930 et 1970. Il restait 1807 exploitations en 1991 (861 de moins de 10 ha, 785 entre 10,1 et 30 ha, 161 de plus de 30 ha). L'extraction du sel à Schweizerhalle s'accrut fortement dès 1960 (salage des routes, usages industriels) et se maintint à un haut niveau dès la fin des années 1970.

Population active habitant le canton (sans la population occupée à temps partiel jusqu'en 1960)
AnnéeSecteur primaireSecteur secondaireSecteur tertiaireaTotal
18608  29713  4405  23826  975
1870b8  29514  9782  20125  474
1880b9  06216  1383  13028  330
18888  30415  8694  04728  220
19007  87718  7605  28631  923
19107  98221  5976  88736  466
19207  91522  8099  30840  032
19306  97324  04313  00744  023
19417  49622  72613  92044  142
19506  07627  37816  31649  770
19604  81841  40522  65468  877
19703  91454  82938  92397  666
19803  46047  52457  436108  420
19902  88642  36079  037124  283

a Y compris inconnus

b Population "présente"

Sources:Recensements fédéraux, Stat. hist.

La part du secteur secondaire se maintint assez constamment à 58% des emplois de 1900 à 1975, puis baissa (34,5% en 1990). La mode féminine se détournant des rubans, la passementerie entra dès 1925 dans une crise mortelle (3920 métiers domestiques en 1920, 1650 en 1930, 631 en 1945 et 5 en 1978). Elle fit place à d'autres branches, bien diversifiées, comme l'horlogerie, les instruments de précision, l'électrotechnique, la métallurgie, la construction de machines et de véhicules, la chimie (au voisinage des salines de Schweizerhalle), le textile. D'abord concentrées près de B., les fabriques ont essaimé de plus en plus dans le haut du canton. Citons par exemple les sociétés Revue Thommen à Waldenburg (instruments de mesure, fondée en 1859), Ronda à Lausen (horlogerie, fondée en 1944), Brown, Boveri & Co. à Münchenstein (qui a repris Alioth électricité, 1895-1911, transférée pour l'essentiel à Baden en 1935), JRG Gunzenhauser à Sissach (fonderie, fondée en 1887), Buss (constructions métalliques, à Pratteln depuis 1893), Frech-Hoch à Sissach (carrosserie, fondée en 1898), Schweizerhall à Pratteln (chimie, fondée en 1844), une filiale de Bally à Gelterkinden (1925-1978), les maisons Hanro à Liestal (lingerie, fondée en 1895), Schindler à Pratteln (wagons, fondée en 1945, Adtranz en 1998) et Firestone à Pratteln (1934-1978). De grandes entreprises chimiques, à l'étroit en ville de B., ont transféré leurs usines à Schweizerhalle, dont l'accès était aisé et où les salines et la fabrique d'acide fournissaient du sodium et du chlorure. Lausen et l'ouest du canton avaient une industrie de la terre cuite, par exemple la tuilerie Passavant-Iselin & Co. à Allschwil, fondée en 1878. Les arts et métiers les plus développés sont ceux du bâtiment (2734 emplois en 1905, 4502 en 1950, 10 245 en 1991) et du bois (1452 emplois en 1929, 1810 en 1955, 2617 en 1991).

Les deux coopératives Elektra ont continué de fournir l'électricité au canton. Les centrales au fil du Rhin d'Augst-Wyhlen (1914) et Birsfelden (1955) satisfaisaient environ un cinquième des besoins en 1980, l'essentiel venant des barrages alpins et des usines atomiques (Atel). La consommation de courant dans le canton était de 1716 GWh en 1995, la consommation totale d'énergie de 8027 GWh. Plus de la moitié de l'énergie était fournie par le pétrole; toutefois, de 1990 à 1995, la part du mazout baissait tandis que celle du gaz naturel augmentait. Celle due aux déchets industriels, en forte augmentation, était de 5% en 1995.

Vers 1900, le secteur des services offrait 17% des emplois (surtout dans l'hôtellerie). Depuis la fondation en 1898 de l'Association du Jura suisse et jusqu'à la Première Guerre mondiale, des communes comme Langenbruck et Eptingen parvinrent à attirer les touristes avec quelque succès (cures d'air, balades, bains, sports d'hiver). Avec 38% des emplois en 1975 et 63,1% en 1990, le secteur tertiaire dépassa le secondaire entre 1975 et 1980. De 1980 à 1990, les emplois augmentèrent d'environ 50% dans les transports et l'hôtellerie, de 100% dans le commerce, la banque, les assurances et l'immobilier. Ils se concentraient à Muttenz (15% en 1991), Liestal, Pratteln, Münchenstein, Reinach et Allschwil (42% en 1991 pour les cinq localités).

B.-Campagne se trouve sur le grand axe reliant le nord et le sud de l'Europe par le Simplon et le Gothard. Dans le domaine ferroviaire, le tunnel de base du Hauenstein fut mis en service en 1916, la gare de triage de Muttenz devint en deux étapes (1933 et 1976) la plus grande de Suisse, avec ses 72 voies. Depuis le milieu des années 1990, les CFF améliorent la ligne B.-Olten dans le cadre de Rail 2000 et des NLFA en perçant les tunnels de l'Adlerberg (ouvert en 2000) et du Wisenberg (en projet).

Tandis que la population de B.-Campagne doublait entre 1950 et 1980, le nombre des véhicules privés était multiplié par vingt, de 4000 à 82 000, pour atteindre 112 220 en 1996, et l'intensité du trafic de transit nord-sud s'accroissait fortement. L'autoroute A2, reliant B. au Plateau par le tunnel du Belchen, fut construite de 1960 à 1970. La route jurassienne J18 fut ouverte dans la basse vallée de la Birse en 1983. En moyenne, 28 000 véhicules franchissaient chaque jour le tunnel du Belchen en 1980 et 37 400 en 1990. Le tronçon d'autoroute sis entre l'échangeur d'Augst et la frontière allemande était en 1995, avec 100 000 passages quotidiens, la voie la plus fréquentée de Suisse.

L'aérodrome du Sternenfeld près de Birsfelden (1924-1950) précéda l'aéroport de B.-Mulhouse (auj. EuroAirport), au conseil d'administration duquel le Conseil d'Etat de B.-Campagne a un représentant. En 1992, les ports de Birsfelden et d'Au/Muttenz (1941) ont connu un trafic de quelque 5 millions de tonnes (4197 bateaux déchargés).

La Société automobile Liestal-Reigoldswil, active dès 1905, fut la première entreprise concessionnaire de transports par autobus en Suisse. Au cours du XXe s., toutes les communes ont été raccordées au réseau des transports publics. Le chemin de fer du Birseck B.-Dornach circulait dès 1902, le tram B.-Aesch dès 1907. La ligne de la vallée du Birsig fut prolongée jusqu'à Rodersdorf en 1910. La ligne à voie étroite Saint-Jacques-Muttenz ouvrit en 1921, prolongée vers Pratteln en 1922. Ces lignes fusionnèrent en 1974 pour constituer la société Baselland Transport (BLT). Les transports publics de la ville de B., les BLT, les CFF, les bus PTT, le chemin de fer de Waldenburg, les autobus de Liestal et ceux de Rheinfelden ont créé en 1987 la communauté tarifaire de la Suisse du Nord-Ouest.

L'Etat a toujours limité ses interventions dans l'économie cantonale aux périodes de grandes crises (conflits mondiaux, crise de la passementerie, crises des années 1930 et 1990). Un office de promotion économique des deux Bâles a ouvert en 1996.

Parmi les associations d'intérêts, citons celles des paysans, des arts et métiers, des industriels, des entrepreneurs (qui a fusionné en 1997 avec la chambre bâloise du commerce pour devenir la Chambre de commerce des deux Bâles) et du côté des travailleurs celle des passementiers, les syndicats et les associations ouvrières.

Auteur(e): Kaspar Birkhäuser / PM

2.3 - Société

2.3.1 - XIXe siècle

A l'époque de la création du canton, la majorité de sa population vivait pauvrement dans une société de type agraire. Presque la moitié des habitants tiraient leurs revenus de l'agriculture, comme paysans indépendants ou Tauner salariés. Un petit quart des chefs de famille étaient passementiers à titre principal et travaillaient à domicile dans le haut du canton, surtout dans le district de Waldenburg. Les autres étaient artisans ou ouvriers de fabrique, mis à part un petit groupe mieux loti de médecins, avocats, commerçants, ingénieurs, fonctionnaires, meuniers et aubergistes, qui constituait la classe dirigeante du nouveau canton.

Les étrangers étaient peu nombreux, mais des réfugiés politiques (surtout ceux de la Jeune Allemagne) jouèrent un rôle dans l'édification du nouvel Etat, notamment comme instituteurs. Beaucoup de femmes n'avaient pas seulement des tâches ménagères, mais devaient travailler comme paysannes, passementières, ouvrières. Elles représentaient 42% de la population active et même 73% des travailleurs à domicile en 1905. Plus d'une s'engageait en outre dans l'aide sociale. Comme partout, elles subissaient encore de grossiers désavantages au point de vue légal et juridique, telle la tutelle civile.

Les crises des années 1870 et 1880 dans l'agriculture (mévente des céréales et conversion à l'élevage) et dans la passementerie après 1890 (mesures protectionnistes en Allemagne et aux Etats-Unis, changement de mode) appauvrirent une grande partie de la population. Les cas d'enfants abandonnés, de mendicité et d'alcoolisme se multiplièrent. Mais à côté de communes pauvres comme Känerkinden (187,24 fr. de revenu annuel et 527,75 fr. de fortune nette par tête en 1894), il en était de plus riches comme Arlesheim (770,26 fr. de revenu annuel et 9077,73 fr. de fortune nette par tête en 1894). Känerkinden était un village de petits paysans et de passementiers du haut du canton, tandis qu'à Arlesheim venaient s'installer de plus en plus de Bâlois aisés. Beaucoup de chômeurs retrouvaient du travail dans les usines de B. et des alentours. Environ 12 000 émigrants quittèrent B.-Campagne au XIXe s., surtout pour l'Amérique du Nord.

Auteur(e): Kaspar Birkhäuser / PM

2.3.2 - Des années 1890 à 1945

Les années précédant la Première Guerre mondiale furent une époque de renouveau et un âge d'or pour la vie associative. Aux sociétés de chant, de tir, aux associations féminines fondées depuis 1830 environ vinrent s'en ajouter beaucoup d'autres: sociétés de gymnastique, de tourisme pédestre, d'assistance aux malades, d'éducation des pauvres, d'utilité publique, d'abstinence, ainsi que des coopératives et des partis. Les étrangers étaient nombreux dans la décennie précédant 1914: jusqu'à 25% de la population du district d'Arlesheim en 1910. L'influence culturelle allemande était alors prépondérante, comme ailleurs en Suisse alémanique.

Les changements de la période 1914-1945 firent des perdants et des gagnants: beaucoup de travailleurs agricoles et de passementiers durent accepter de changer de métier, donc de mode de vie. Les tensions sociales (grève générale de 1918, grèves et lock-out, par exemple en 1922 à la fabrique de chaussures d'Allschwil, chez Buss à Pratteln, dans le bâtiment et la fabrication de meubles, chez Rohner & Co. à Pratteln, chez Messerschmidt à Pratteln, à l'imprimerie Lüdin à Liestal) ébranlèrent les équilibres politiques, même au sein des partis et associations. L'Union des arts et métiers date de 1919, comme le Cartel créé par vingt syndicats de B.-Campagne. La lutte des classes s'apaisa durant la grande crise des années 1930 et la Deuxième Guerre mondiale. Des mesures sociales entrèrent alors en vigueur: assurance chômage cantonale obligatoire (1930) et création d'une caisse de chômage publique. Le taux de chômage dans le canton fut supérieur à la moyenne suisse au début des années 1930, à cause du déclin de la passementerie, puis inférieur; chômeurs au jour de référence mensuel: 1132 (2,6%) en 1931, 1564 (3,6%) en 1935, 2016 (4,6%) en 1936, 1549 (3,5%) en 1937, 1338 (3%) en 1938.

Auteur(e): Kaspar Birkhäuser / PM

2.3.3 - De 1945 à la fin du XXe siècle

Après 1945 vinrent trois décennies de croissance en tous domaines. La population doubla. La reconstruction de l'hôpital cantonal de Liestal en 1962, l'édification de quatre gymnases et d'un second hôpital cantonal au Bruderholz en 1974 permirent de combler certains retards. La paix sociale régnait. On percevait une ouverture et une "urbanité" croissantes dans la société dite de consommation. La part des étrangers dans la population s'accrut jusque vers 1970 (18,9%), puis se maintint à ce niveau. L'égalité entre hommes et femmes progressa, mais plutôt dans les lois que dans les faits. Certes 49,2% des femmes exerçaient une activité professionnelle en 1990, contre 40,2% en 1970, mais leur part de revenu a diminué avec la crise économique des années 1990: plus fréquemment que les hommes elles travaillent à temps partiel dans des métiers mal rétribués. Elles gagnent 25 à 30% de moins que les hommes, ce qui les défavorise aussi à l'égard des assurances sociales, telle la prévoyance professionnelle. Dans l'administration cantonale, elles occupent 37% de l'ensemble des postes, mais moins de 20% aux échelons supérieurs.

Après trente années de croissance, la société eut à subir le contrecoup non seulement de phases de récession économique (fermetures par exemple de Firestone, Oris Watch, Bally; chômeurs à temps complet: 269 en 1980, 808 en 1990, 4248 en mars 1995, 5166 en mars 1997), mais aussi de la dégradation de l'environnement (appauvrissement de la flore et de la faune, pollution de l'air et de l'eau, incendie d'un dépôt de produits chimiques à Schweizerhalle). Ainsi se ravivèrent d'anciens antagonismes sociaux, politiques et idéologiques, ou s'en créèrent de nouveaux, par exemple entre les écologistes et leurs adversaires. Des mouvements civiques telle que l'occupation du site de la future centrale nucléaire de Kaiseraugst en 1978 rappelèrent ceux des années 1832 à 1861. Mais l'époque était aussi au retrait dans la sphère privée. Lorsque les groupes chimiques de B. se restructurèrent et transférèrent certains départements à l'étranger, bien des gens comprirent à quel point ils dépendaient de cette industrie et un sentiment d'insécurité se répandit.

Ce sont aujourd'hui les arts et métiers qui ont repris la position prépondérante autrefois dévolue aux représentants de la paysannerie. L'Union des arts et métiers, aux troupes nombreuses, domine la scène sociale et politique et forme la majorité du parti radical, le "parti de l'Etat" à B.-Campagne. A l'extérieur, B.-Campagne a encore une réputation de "pauvre canton campagnard", économe, un peu avare même. Beaucoup de Bâlois de la ville semblent n'avoir pas encore pardonné à ceux de la campagne l'humiliation du 3 août 1833 et la vente consécutive du retable en or de la cathédrale (musée de Cluny, Paris). Inversement, à B.-Campagne on a souvent le sentiment de ne pas être pris au sérieux à B.-Ville. On se méfie de la ville, dont on craint la tutelle politique, comme en témoigne le refus de la réunification en 1969, mais on se sent aussi de plus en plus sûr de soi. On cultive une identité paysanne, bien qu'en 1990 il n'y ait plus que 4500 personnes actives de plus de quinze ans (sur 133 094) occupées dans l'agriculture. Les scrutins mettent en évidence les différences de mentalité qui persistent: le haut du canton, plutôt conservateur, le district d'Arlesheim, plus progressiste, le Laufonnais catholique.

Auteur(e): Kaspar Birkhäuser / PM

2.4 - Culture et formation, Eglises et vie religieuse

2.4.1 - Culture et formation

Il n'y a jamais eu de vrai centre culturel sur le territoire du canton. La culture communautaire traditionnelle était liée à la vie paysanne, à ses saisons, aux légendes et aux croyances populaires; le carnaval (cortèges aux flambeaux, lancer de petits disques de bois incandescents dit Reedli schigge), la mi-carême, la période de Pâques (courses aux œufs), l'arbre de mai, la fête paroissiale, l'abattage du cochon, les fêtes villageoises de la moisson et du battage (Sichellöse et Pflegelhänggi à Therwil), les fêtes des récoltes lui donnaient l'occasion de s'exprimer. L'Eglise et la famille servaient de cadre aux fêtes religieuses. Les chorales apparurent vers 1830. Au XIXe s., la vie culturelle fut aussi marquée par des personnalités comme la pianiste Charlotte Widmann-Wimmer et le pasteur-poète Jonas Breitenstein.

Le canton put recourir, pour ses dépenses dans le domaine de la formation, aux fonds de l'Eglise, des écoles et de l'université, partagés en 1834 avec B.-Ville, le troisième étant obligatoirement réservé à la formation supérieure. Il les utilisa pour établir en 1835 les quatre écoles de district de Liestal, Böckten, Waldenburg et Therwil. Vers la fin du XIXe s., les communes et le canton commencèrent à s'intéresser au domaine culturel: aménagement de bibliothèques et d'un musée cantonal, mise sur pied de commissions, créations d'offices (archiviste de l'Etat, bibliothécaire cantonal, conservateur du musée cantonal), de prix (prix culturel cantonal par exemple), commandes, achats, crédits et bourses. En 1894, l'industriel Heinrich Handschin, sans enfant, créa par testament une fondation, gérée par le Conseil d'Etat, pour aider à la formation de jeunes gens doués mais pauvres.

B.-Campagne avait de nombreux journaux au XIXe s. Le premier se nommait Der unerschrockene Rauracher (1832-1837). En 1869, on trouvait la Basellandschaftliche Zeitung, le Landschäftler (1849-1964, opposition modérée), le Neue Baselbieter (1868-1873, feuille d'opposition du haut du canton), le Baselbieter, la Sissacher Zeitung (1868-1872, soutien du mouvement démocrate de Christoph Rolle), l'Arbeiter (1868-1869, organe de l'Association internationale des travailleurs des deux Bâles) et le Demokrat aus Baselland (1866-1871, feuille du parti de Christoph Rolle). Un siècle plus tard, seuls subsistaient, outre des feuilles d'avis locales, la Basellandschaftliche Zeitung et la Volksstimme. Une radio privée a commencé à émettre en 1983: Radio Raurach (auj. Radio Edelweiss).

Après plusieurs décennies de luttes, une nouvelle loi scolaire entra en vigueur en 1911, prévoyant entre autres la création d'écoles secondaires. En 1924, les deux demi-cantons conclurent un concordat qui réglait la question des frais de formation des élèves de B.-Campagne dans les écoles de la ville. En 1946, les écoles de district et les écoles secondaires furent réunies sous le nom d'écoles réales, rebaptisées écoles secondaires en 1979. Depuis les années 1960 le canton a fait de grands efforts pour la formation: création des quatre gymnases de Liestal, Muttenz, Münchenstein et Oberwil (1963-1972), de dix-sept écoles de musique, de l'école d'ingénieurs des deux Bâles (1971, haute école spécialisée en 1997). Il a un représentant au conseil de l'Université de Bâle depuis 1996, année où il porta sa contribution annuelle de 44,5 à 75 millions de francs (89 millions en 2001).

Le centième anniversaire du canton en 1932 fut l'occasion de lancer de nouvelles activités, institutions et publications (Baselbieter Heimatblätter dès 1936, Baselbieter Heimatbuch dès 1941). La société des beaux-arts de B.-Campagne, fondée en 1944, organisait tous les deux ans une exposition cantonale. Après la Deuxième Guerre mondiale, la période de haute conjoncture permit au canton, aux communes, à des sociétés, à des entreprises et à des particuliers de consacrer de plus en plus de moyens à la culture. Le site romain d'Augusta Raurica fut systématiquement fouillé. Beaucoup de communes ouvrirent un musée local. Une communauté de travail fondée en 1964 publie depuis 1966 une collection d'études régionales (Baselbieter Heimatkunden), imprimée par le canton de même que, entre autres, la série historique Quellen und Forschungen zur Geschichte und Landeskunde des Kantons Basel-Landschaft. Une équipe s'est formée à Liestal en 1987 afin d'élaborer une nouvelle histoire du canton (publiée en 2001).

La Constitution de 1984 contient un article sur la culture qui permet de définir une politique cohérente, en collaboration avec B.-Ville. Un conseil de la culture (organe consultatif du Conseil d'Etat) et six groupes spécialisés appuient des projets (plutôt que des institutions) et des infrastructures mises à la disposition des créateurs. Des "points d'appui culturels" ont été créés à Liestal, Arlesheim, Laufon, Gelterkinden et Birsfelden. Le canton et quelques communes soutiennent aussi certaines institutions de la ville de B., en versant chaque année plusieurs millions à ses théâtres. La société des beaux-arts a acheté en 1997 une ancienne usine pour en faire un musée. La vie sociale et culturelle des villages dépend largement des sociétés, dont les activités de toutes sortes (chant, musique, formation, théâtre, gymnastique, sports, jeux) sont d'utilité publique. La bibliothèque cantonale a prêté 247 659 ouvrages en 1996 et les nombreuses bibliothèques communales 702 193.

La gymnastique et les sports se sont énormément développés au XXe s., avec le soutien, dès 1946, de l'Etat et du fonds du Sport-Toto, qui contribuent par exemple à la construction de salles de sports et de piscines. Selon la loi sur les sports de 1991, l'Etat "encourage et soutient la pratique du sport dans toutes les classes d'âge de la population". L'office des sports à Pratteln est l'élément central du dispositif cantonal dans ce domaine.

Auteur(e): Kaspar Birkhäuser / PM

2.4.2 - Eglises et vie religieuse

A sa création, le canton comptait environ 80% de protestants. Les catholiques, moins de 20%, se concentraient dans le Birseck, bâlois depuis 1815, et relevaient du décanat de B.-Campagne dans le diocèse de B.. L'Eglise réformée resta unie à l'Etat jusqu'en 1950. La loi ecclésiastique de 1950 rendit les Eglises protestante, catholique romaine et catholique-chrétienne égales en droit et garantit leur indépendance et leur liberté interne tout en leur assurant le soutien financier de l'Etat. Les paroisses furent complètement séparées des communes en 1991.

Les deux grandes confessions virent s'opposer plusieurs courants dans les années 1870. Chez les protestants, les "réformateurs", proches de l'Union suisse du christianisme libéral, s'opposaient aux tenants de l'orthodoxie ou "positifs" et soutenaient que "les vraies sources de la foi (étaient) la raison, la conscience et l'expérience". Le débat sur "l'Eglise de l'humanité" s'apaisa après 1874, sous l'influence de personnalités comme le pasteur Heinrich Tanner et le conseiller aux Etats Martin Birmann. Chez les catholiques, le conflit sur le dogme de l'infaillibilité du pape conduisit à la loi sur l'élection des curés en 1871, à la destitution de l'évêque de B. Eugène Lachat en 1873 et à l'érection d'une paroisse catholique-chrétienne, la seule du canton, à Allschwil en 1875.

Les juifs, auxquels les lois cantonales de 1839 et 1851 interdirent l'établissement, à nouveau autorisé en 1866 seulement en vertu d'une révision partielle de la Constitution fédérale, n'avaient ni synagogue ni centre religieux dans le canton, où ils ne furent jamais plus de 0,4% de la population (taux atteint en 1880).

Les protestants représentaient encore 73,3% de la population en 1950, mais les mouvements migratoires ont modifié ce chiffre. En 1990, on recensait 51,2% de protestants, 33,6% de catholiques romains, 0,4% de catholiques-chrétiens (contre 1% en 1950), 2,8% de musulmans (dont les lieux de culte sont à B.) et 9,8% de sans confession (contre 1,7% en 1970: ce groupe est en forte progression).

Auteur(e): Kaspar Birkhäuser / PM

Références bibliographiques

Fonds d'archives
– AKB
– KBBL
– StABL
Sources imprimées
Amtsblatt für den Kanton Basel-Landschaft, 1832-
Gesetze, Verordnungen und Beschlüsse des Kantons Basel-Landschaft, 1838-74
Gesetzessammlung für den Kanton Basel-Landschaft, 1879-1979
Statistisches Jahrbuch Basel-Landschaft, 1964-
Chronologische Gesetzessammlung, 1979-
Bibliographie

Auteur(e): Bernard Degen / PM