26/08/2010 | communication | PDF | imprimer

Engelberg (commune)

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Comm. OW (1803-1815 NW). Situé au pied nord du Titlis, E. comprend également les localités de Mülibrunnen, Oberberg, Niederberg et Schwand, dans la partie supérieure de la vallée, ainsi que les hameaux d'Obermatt et de Grafenort, dans la partie inférieure de la vallée, séparés du haut par un éboulement préhistorique. 1122 Engilperc. 678 hab. en 1709, 1468 en 1799, 1737 en 1850, 1973 en 1900, 2544 en 1950, 3544 en 2000. Les défrichements et l'habitat permanent dans la vallée ne doivent pas remonter au-delà de la fondation du couvent, en 1120, même si l'alpage de Trübsee était déjà exploité collectivement. Jusqu'à l'obtention de l'indépendance politique en 1798, les habitants de la vallée furent sujets du couvent. Leurs droits furent consignés dans des statuts vers 1350, en 1582 et 1603. En 1422, ils rachetèrent au couvent le droit de mainmorte. En 1469, ils acquirent le droit de participer à l'exercice de la justice et de désigner un amman, appelé aussi sautier jusqu'au début du XVIIe s.

Les habitants vivaient de l'élevage et de la production laitière. Les corrections apportées au cours de l'Aa en 1514 permirent d'augmenter les terres cultivables. A la fin du XVIIe s. le couvent se mit à exporter du bétail de boucherie et d'élevage, ainsi que du fromage (sbrinz), dans les bailliages italiens et en Lombardie. Le couvent se procurait les biens destinés à l'exportation soit dans les fermes qu'il exploitait directement, soit auprès des gens de la vallée, qui lui remettaient leurs surplus contre une participation aux bénéfices. Le peignage à domicile de la soie, introduit par l'abbé Leodegar Salzmann en 1761, puis, dès 1860, son tissage constituèrent pour les habitants une source de revenu hivernal importante jusqu'à la fin du XIXe s.

A partir de 1850, E. devint un lieu de villégiature international (cures d'eau minérale, de petit-lait et d'air). De nombreux hôtels furent édifiés par les familles Cattani, Hess et Odermatt, pionnières du tourisme. De 1872 à 1874, on construisit une nouvelle route menant à E., plus large que l'ancienne, et la ligne ferroviaire électrifiée Stansstad-E. fut ouverte en 1898. La mise en place d'une infrastructure communale moderne est due aux efforts du Kurverein, société de développement fondée en 1883. La randonnée et autres sports de montagne se développèrent à la fin du XIXe s. et E. connut sa première saison d'hiver en 1903-1904. Dès 1913, un funiculaire relie E. à la Gerschnialp (avec piste de bob) et, de là, le deuxième téléphérique de Suisse (1927) conduit au Trübsee. La décennie qui précéda la Première Guerre mondiale fut une période de haute conjoncture (165 922 nuitées en 1911). L'élargissement de la route et la prolongation du chemin de fer jusqu'à Lucerne (1964) étendirent considérablement la zone de recrutement touristique de la station et, en 1967, on put ouvrir la section supérieure du téléphérique du Titlis. Récemment, la tenue régulière de congrès à E. est venue compléter le tourisme hivernal. En 2000, le secteur tertiaire, surtout le tourisme, offrait trois quarts des emplois d'E.


Bibliographie
– H. Beck, Engelberg, 41970
– G. Dufner, Engelberger Dokumente, 1-20, 1975-1997
– G. Heer, Aus der Vergangenheit von Kloster und Tal Engelberg 1120-1970, 1975
– G. Dufner, Engelberg, 1983
– R. De Kegel, R. Bürcher, Quellen - Brunnen - Wasserhahnen, 1993
– K. Odermatt et al., "Engelberg ist ganz anders geworden", 2002

Auteur(e): Rolf De Kegel, Urban Hodel / UG