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Schwytz (commune)

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Comm. SZ, distr. de S., s'étendant de l'extrémité orientale du lac de Lauerz à l'Ibergeregg en passant par la Haggenegg, englobant la majeure partie de la cuvette de S. et les Mythen, au pied méridional desquels se trouve le bourg de S. La commune comprend, outre le bourg, les fractions (Filialen) d'Ibach, Rickenbach et Seewen, les hameaux d'Aufiberg, Oberschönenbuch et Ried, ainsi que l'habitat dispersé, prédominant, d'Ängiberg, Haggen et Perfiden. Av. 972 (?) lat. Switz, 972 lat. Suittes, 1269 (?) all. Schwitz; aux XVIIe et XVIIIe s. souvent Schweitz. All. Schwyz, ital. Svitto, rom. Sviz. Chef-lieu de canton, le bourg de S. est le siège du gouvernement, du parlement, des tribunaux et de l'administration.

Population de Schwytz
AnnéeHabitants
16212 052
1669env. 2 500
17434 639
17996 338
1802env. 5 000
18375 225

Année18501870a18881900191019301950197019902000
Habitants5 4326 1376 6167 3988 0008 25610 25912 19412 87213 802
En % de la population cantonale12,3%12,9%13,2%13,4%13,7%13,2%14,4%13,2%11,5%10,7%
Langue          
Allemand  6 4247 0727 5497 8669 82711 20611 53012 441
Italien  110246352245255744453273
Français  6162519585354023
Autres  21184850922098491 065
Religion, Confession          
Catholiquesb5 4286 1146 5527 2687 8078 0049 88811 61511 42011 269
Protestants43864129184246358501667751
Autres 2 19613787851 782
dont communauté juive  13135
dont communautés islamiques       5225502
dont sans appartenancec       17160377
Nationalité          
Suisses5 4065 9876 3806 9117 3997 8309 89611 08011 31911 756
Etrangers261672364876014263631 1141 5532 046

a Habitants: population résidante; religion et nationalité: population "présente"

b Y compris catholiques-chrétiens de 1888 à 1930; depuis 1950 catholiques romains

c N'appartenant ni à une confession ni à un groupe religieux

Sources:Auteur; recensements fédéraux

1 - Origines

Pour les périodes antérieures à l'arrivée des Alamans, le territoire communal n'a livré que quelques objets isolés (dont des monnaies romaines), qui ne permettent aucune conclusion sur un éventuel habitat. L'occupation durable commença vers 700; elle est attestée par des trouvailles faites dans le cimetière de l'église paroissiale et par la construction, dans la première moitié du VIIIe s., d'une église dédiée à saint Martin. Le choix de ce patron qui deviendra celui de tout le canton, indique des liens culturels avec le royaume franc et laisse supposer qu'il s'agissait de l'église privée d'une famille noble.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

2 - Du haut Moyen Age à la fin du XVIIIe siècle

2.1 - Eglise, paroisse, couvents

La paroisse de S. englobait à l'origine tout l'actuel district, sauf Arth. Steinen et Muotathal s'en détachèrent peu avant 1281, Morschach en 1302, Oberiberg en 1481, Lauerz après 1600 et Ingenbohl en 1618. La collation appartint aux comtes de Lenzbourg, puis aux Habsbourg. En 1433, l'empereur Sigismond accorda aux Schwytzois le droit de désigner eux-mêmes les ecclésiastiques desservant toutes les paroisses du pays, y compris à S. Des fouilles archéologiques à l'occasion de la restauration de l'église paroissiale (1965-1966) ont montré l'existence, au même emplacement, de cinq édifices précédents: à la première église du VIIIe s. a succédé, vers l'an mille, une deuxième, de style ottonien, peut-être détruite par un séisme en 1117. Un troisième édifice, de style roman, fut consacré en 1121. Une quatrième église, nettement plus grande, élevée au XVe s., fut incendiée en 1642. La cinquième, du premier baroque, présentait de graves défauts de construction et fut remplacée par l'actuelle, de style baroque tardif, consacrée en 1774.

Un grand nombre de chapelles, privées ou le long des chemins, ainsi que des oratoires enrichissent le paysage sacré. Un tronçon du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle va d'Einsiedeln à S. par le col de Haggenegg. L'ermitage du Tschütschi, dans la forêt au-dessus de Rickenbach, remonte à la fin du XIIe s. Un béguinage est à l'origine du couvent de dominicaines de Saint-Pierre am Bach, fondé avant 1275. A l'époque de la Réforme catholique, deux pères capucins s'installèrent au Tschütschi (1585). Sept pères purent occuper dès 1586 le petit couvent de Saint-Joseph im Loo, construit en marge du village de S. en vertu d'une décision de la landsgemeinde. En 1620, les capucins prirent possession d'un nouveau couvent, à l'extrémité occidentale de la localité.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

2.2 - Le site

La plus ancienne représentation fiable du centre de S. est une illustration de la chronique de Johannes Stumpf (1548); on y remarque la place du village, l'église avec son cimetière, le Rathaus, l'auberge, la tour des archives et plusieurs maisons, sans doute encore pour la plupart en bois, regroupées mais non alignées. Vers 1500, S. était parfois appelé Kilchgassen, probablement pour se démarquer du Pays de S.; avant de tomber en désuétude, ce toponyme désignait le village serré autour de l'église paroissiale, sans les fractions (Filialen). L'incendie de 1642, qui détruisit quarante-sept bâtiments, permit de remodeler le centre du village, revalorisé grâce à une place plus grande vers laquelle convergèrent toutes les rues principales, grâce à une nouvelle église, à un nouveau Rathaus et à des maisons bourgeoises en pierre, alignées selon un ordre urbain. Le plan d'ensemble accentua la différence entre le village de S., clairement désigné comme centre, et les fractions. Le site se caractérise en outre par une trentaine de domaines et maisons de maître qui l'entourent comme une couronne.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

2.3 - Commune et chef-lieu de canton

S. était marqué par sa double fonction de commune et de chef-lieu. Le bourg abritait de nombreuses institutions cantonales (Rathaus, hôpital, marché, boucherie cantonale, place de la landsgemeinde, maladrerie, gibet, par exemple), ce qui eut pour corollaire une certaine faiblesse de ses structures administratives communales, car de nombreuses de tâches municipales étaient assumées par les magistrats, secrétaires, fonctionnaires et commissaires du canton. Deux des six quartiers du canton, l'Altviertel et le Neuviertel, étaient tout ou partie inclus dans le territoire de la commune actuelle. Certains ont pensé que ces deux quartiers étaient issus du partage d'un quartier plus ancien du nom d'Obwässerviertel, mais aucune preuve ne vient étayer cette hypothèse.

Vers 1500, on repère une organisation villageoise dans les domaines de la lutte contre le feu (objet essentiel du premier règlement pour les villageois, soit les propriétaires de maison au centre du village, en 1491) et de l'approvisionnement en eau (une liste des fontaines et conduites publiques fut établie la même année).

L'inventaire des maisons de 1506 offre un aperçu sur la structure du village, qui se divisait en deux parties: devant l'église (à l'ouest) et derrière l'église (à l'est). Les propriétaires des 125 maisons mentionnées devaient un impôt au canton. A la fin du XVIe s. et au début du XVIIe, une association des bourgeois est attestée dans la moitié orientale; en plus des tâches normales incombant à tout bourgeois de l'une ou l'autre partie, elle s'occupait d'ensevelir les étrangers inconnus décédés dans la commune. Elle assumait en outre une importante fonction de sociabilité.

Grâce notamment à ses propriétés foncières, la corporation d'usagers des bourgeois de S., ou Oberallmeind, acquit un rôle considérable. Elle devint peu à peu une institution dès le milieu du XVIIe s. et se substitua à la landsgemeinde comme organe de décision en matière économique, juridique et politique (vente de terrains par exemple). Elle répartissait aussi le bois et les terrains utilisés comme potagers.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

2.4 - Economie

Au bas Moyen Age, on passa de l'économie de subsistance à l'élevage de bovins et de chevaux destinés à l'Italie du Nord et aux villes de Lucerne et Zurich. Bien que le village de S. ne fût pas situé directement sur la route du Gothard, il y était lié par le port de Brunnen qui, fort actif dans les échanges vers le sud comme vers le nord, jouait un rôle central pour l'économie schwytzoise. Le trafic avec le sud fit prospérer par exemple la maison Castell, qui se livra dès le XVIIe s. au commerce du drap et au transport de marchandises (vin, fromage, denrées alimentaires) de et vers l'Italie.

Un marché est mentionné à S. dès 1313, confirmé dans un accord de 1413 et dans le statut villageois de 1491. Le coutumier de 1501 parle d'un marché hebdomadaire et de quatre foires annuelles. La boucherie cantonale gérée par l'Etat et le poids public ("balance du beurre") soulignent l'importance de S. comme marché régional. L'approvisionnement en grains et en sel passait surtout par Lucerne et Zurich.

Dès le XVIe s., S. devint un centre d'artisanat, comme le montrent la fondation de corporations de métiers (tailleurs et cordonniers vers 1550, menuisiers, forgerons et autres métiers en 1751), la création de la tuilerie d'Ibach et les nombreuses dispositions limitant les activités par temps de foehn. En 1750, quinze établissements (moulins à grains et à huile, broyeuse, pilon, scieries, tanneries) étaient installés sur le cours du Dorfbach. A la même époque, la protoindustrie commença à se développer dans la cuvette de S. sous la forme de travail à domicile pour des marchands-entrepreneurs en soierie de Gersau.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

2.5 - Formation et culture

Une école allemande est attestée à S. depuis le XVe s.; elle était financée par le Pays de S. (d'où son nom d'école du pays, Landesschule) et disposait d'un bâtiment cité dès 1520. L'école de la fraction de Seewen est mentionnée dès 1668. Sur le site de l'ancien petit couvent du Loo, on construisit en 1627 l'école latine. Les écoliers montaient à l'occasion des pièces de théâtre; des troupes itinérantes faisaient parfois halte à S. L'église paroissiale, le Rathaus et les maisons de maître sont ornés de remarquables ouvrages d'art dus à des ébénistes indigènes (marqueterie) et à des stucateurs venus d'Italie du Nord et d'Allemagne du Sud. Le médailleur Johann Carl Hettlingen acquit au XVIIIe s. une renommée européenne.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

3 - XIXe et XXe siècles

3.1 - Histoire politique et administrative

En mai 1798, S. devint le chef-lieu du canton des Waldstätten, mais ce rôle fut dévolu à Zoug en mai 1799, après le Hirthemmlikrieg ("guerre des chemises de pâtre"), mouvement de résistance de la population schwytzoise contre la République helvétique. S. resta le centre du district homonyme et fut administré par une municipalité. La localité eut à souffrir des combats de la mi-août 1799 entre l'armée française et les troupes impériales assistées par un corps d'émigrés. En 1803, S. fut à nouveau érigé en chef-lieu du canton, dont les anciennes structures administratives furent rétablies; une organisation communale s'affirma néanmoins peu à peu. Les archives communales de S. conservent les procès-verbaux du Conseil paroissial (dès 1814), appelés procès-verbaux du Conseil communal (dès 1847). Des troupes fédérales occupèrent S. lors de la scission du canton (1833) et après la défaite du Sonderbund (1847). Le premier projet de Constitution cantonale de 1848 prévoyait de priver S. d'une partie de ses prérogatives de chef-lieu (siège du Grand Conseil); mais il fut refusé par le peuple et S. resta le centre incontesté du canton et du district.

Un Conseil communal (exécutif) de douze membres fut institué en 1848 (neuf membres dès 2002). Les conservateurs populaires y prédominèrent jusque dans la seconde moitié du XXe s., puis les partis bourgeois leur succédèrent. L'administration communale fut d'abord logée au Spittel; depuis les années 1970, elle est répartie sur divers sites. Le centre sportif de Wintersried et le centre de congrès MythenForum, tous deux ouverts en 1997, sont des équipements importants pour le canton et le district. S. collabore avec les communes voisines dans le domaine des affaires sociales, de la santé et de l'épuration des eaux. La commune a accueilli nombre de fêtes fédérales, depuis celle des officiers de 1856 jusqu'à celle des costumes de 2010, en passant par les jubilés de 1891, 1941 et 1991.

L'hebdomadaire Schwyzer Wochenblatt parut en 1819 et à nouveau de 1823 à 1830 et le Waldstätter Bote de 1833 à 1844. La Schwyzer Zeitung , fondée en 1846, fut de 1848 jusqu'au milieu des années 1860 le principal journal conservateur de Suisse. Au début du XXIe s., la Neue Schwyzer Zeitung était une édition de la Neue Luzerner Zeitung. Le Bote der Urschweiz (dès 1858) fut d'abord un organe radical; il se transforma dans les années 1980 en une tribune d'opinions.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

3.2 - Développement urbanistique et infrastructures

Au XIXe s., la croissance démographique fut lente et resta inférieure à celle d'autres communes. La construction et la mise en service de la ligne du Gothard provoquèrent cependant une poussée dans les années 1870 et 1880. La limite des 10 000 habitants fut franchie en 1950, faisant passer S. au rang de ville. La part de la commune dans la population cantonale s'accrut de 1850 à 1950 pour atteindre 14,4%; en 2009, elle était retombée à 9,8%, la cuvette de S. ayant été dépassée par d'autres régions quant au dynamisme économique et démographique. En 2004, S. céda à Freienbach le titre de commune la plus peuplée du canton.

Le développement urbanistique se fit sur deux fronts: d'une part avec l'extension des anciens noyaux (S., Ibach, Rickenbach et Seewen), d'autre part avec l'apparition de nouveaux quartiers résidentiels (villas et locatifs). En conséquence, village et fractions finirent par se rejoindre, faisant disparaître la ceinture verte sous les constructions. Malgré cette évolution, S. bénéficie encore de nombreux espaces verts, même tout près du centre, qui lui donnent, à certains égards, un air de gros bourg correspondant mieux à la réalité que sa définition statistique de ville.

Les artisans se concentrèrent longtemps dans le quartier du Dorfbach et de Hinterdorf. Mais l'implantation des industries à Ibach et de la gare à Seewen (1882) modifia la géographie économique de la commune. Les fractions furent parfois amenées à contester la politique du village en matière d'infrastructures. Pour le reste, elles avaient une vie locale assez autonome, comme le montre par exemple le grand nombre de sociétés.

Après 1848, on entreprit d'améliorer le réseau routier: construction des routes pour Sattel (Schlagstrasse, 1859-1864), pour Muotathal (1864-1865), pour Ibach et Brunnen (Schützenstrasse, 1867) et pour l'Ybrig (1873), ainsi que des accès à la gare de Seewen (sur la ligne du Gothard inaugurée en 1882) à partir de S. (Bahnhofstrasse) et d'Ibach (Gotthardstrasse, 1882). Le tramway S.-Seewen circula dès 1900; la ligne fut prolongée jusqu'à Brunnen en 1915 et remplacée par un bus à la fin de 1963. Des bus desservirent le Muotatal et Sattel dès 1922, Oberiberg dès 1947. L'A4, qui relie S. à Zoug et à Zurich, fut ouverte par étapes dès 1976.

Après la Deuxième Guerre mondiale, S. se dota d'infrastructures pour le tourisme d'hiver, alors que la commune, à l'exception de Seewen, était restée à l'écart du tourisme mondain de la Belle Epoque. Le funiculaire Schlattli-Stoos (dont la station inférieure est sur le territoire communal de S.) était déjà entré en service en 1933. Le téléski Handgruobi-Brünnelistock ouvrit en 1947, le téléphérique Rickenbach-Rotenfluh fonctionna de 1957 à 2004. L'offre de téléskis fut élargie dans les années 1970; on comptait quinze installations en 2010 dans la région des Mythen. Un bain pour hommes fut aménagé en 1853 à Seewen sur le lac de Lauerz. Un second établissement suivit en 1913, accueillant les deux sexes, mais séparément; il appartient depuis 1948/1949 à la commune de S.

Le télégraphe arriva en 1857, le téléphone en 1893. Les Forces motrices de S. ouvrirent en 1897 la centrale de Wernisberg, qui sera reprise en 1957 par les Forces motrices du district de S. fondées en 1952. La production de gaz commença en 1911. La construction d'un réseau d'eau moderne débuta après 1891. Depuis 2009, la société Agro Energie gère un réseau de chauffage à distance auquel sont raccordés des bâtiments publics et privés de la cuvette de S., fondé sur l'exploitation de biogaz et de copeaux de bois.

Les dangers naturels ont toujours constitué une menace. Pour la maîtriser, on consacra 4,1 millions de francs entre 1923 et 1990 et 1,7 million après 1990 à des travaux de drainage et de reboisement dans la forêt protectrice couvrant les pentes des Mythen, forêt devenue domaniale à la suite de l'acquisition par le canton de vastes surface à reboiser. La Muota fut endiguée après la crue dévastatrice de 1910; on corrigea ensuite le Tobelbach et le Nietenbach.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

3.3 - Economie

Le secteur primaire fournissait 24% des emplois en 1910, 16% en 1960 et 5% en 2007, le secondaire (aux mêmes dates) 48%, 47% et 29%, le tertiaire 28%, 37% et 66%. L'agriculture avait longtemps prédominé, mais, en 1910 et 1960, le premier rang revenait à l'industrie et à l'artisanat. Le passage à la société de services, lié au développement de l'administration cantonale, intervint après 1960.

Le bâtiment était une branche solide; dans ce domaine, l'entreprise Blaser occupa jusqu'à 200 ouvriers à la fin du XIXe- début du XXe s. et plusieurs autres acquirent une taille respectable grâce à la haute conjoncture après 1945. L'industrie prit pied en 1858 avec la filature de coton d'Ibach. La fabrique de couteaux Victorinox suivit en 1884; elle connut une forte expansion après 1945. L'usine Celfa/Folex (1951) produit des films et papiers spécialement traités pour l'impression. La chocolaterie Felchlin (1908) est spécialisée dans le chocolat de couverture et les grands crus. L'arsenal fédéral à Seewen (1899-2005) fut un gros employeur (plus de 500 personnes pendant la Deuxième Guerre mondiale).

La Caisse d'épargne de S. fut fondée en 1812, la Banque de S. en 1873 (mise au bénéfice d'un délai de paiement en 1920, elle fut reprise par la Banque de Zoug en 1920 et par le Crédit suisse en 1937) et la Banque cantonale en 1890. De nombreuses personnes travaillent dans les centres commerciaux d'Ibach (Mythencenter, 1972) et de Seewen (2004). En outre, depuis 1960, l'administration cantonale (1450 postes à plein temps en 2010), l'hôpital de S. (382 postes en 2010) et les ateliers pour handicapés de Seewen constituent d'importants pourvoyeurs d'emplois.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

3.4 - Eglise, formation, culture

Tous les catholiques de la commune relevaient de Saint-Martin à S. jusqu'à l'érection en 1966 des paroisses d'Ibach et de Seewen. La commune ecclésiastique (Kirchgemeinde) de S., fondée en 1972, regroupe ces trois paroisses. La paroisse protestante de Brunnen-S., née en 1886, fut officiellement reconnue en 1957. Elle comprenait à l'origine les districts de S., Küssnacht et Gersau ainsi que des parties du canton d'Uri; en 2010, elle englobait huit communes du district de S. Un temple fut inauguré à S. en 1958.

La loi scolaire de 1848 introduisit l'école obligatoire et réforma l'enseignement primaire. Des collèges furent construits à S. en 1879 (sur des plans de Dagobert Kaiser), à Ibach et Seewen vers 1900, à Rickenbach en 1949, ainsi que dans plusieurs hameaux. S. abrite depuis 1972 un centre scolaire pour le secondaire inférieur. L'école des métiers créée en 1929 assurait la formation des apprentis. L'école professionnelle cantonale du sud du canton se trouve à Goldau depuis 1967. L'école professionnelle commerciale de S. a pris possession de ses nouveaux locaux en 1978. L'école normale de Seewen ouvrit ses portes en 1856; transférée à Rickenbach en 1868, ouverte aux jeunes filles en 1973, elle fut remplacée en 2006 par la filiale de Goldau de la haute école pédagogique de Suisse centrale. L'école latine rétablie en 1800, fut confiée en 1836 aux jésuites; ceux-ci instituèrent un collège en 1844, qui ferma quand ils furent expulsés après la guerre du Sonderbund. Le père capucin Theodosius Florentini relança la formation gymnasiale en 1856. Le collège Maria Hilf vit ses effectifs croître rapidement et compta jusqu'à 800 élèves (incendie en 1910). En 1972, il fut transformé en école cantonale.

La Société de la bibliothèque de S., fondée en 1823, disparut lors des troubles politiques du début des années 1830. A l'origine (1848), la bibliothèque cantonale servait surtout à l'administration; après son installation dans des locaux appropriés et l'engagement d'un bibliothécaire à plein temps, elle fut ouverte au public (1970). En 1986, elle fut transférée au domaine Ital Reding.

Le Musée des chartes fédérales fut ouvert en 1936. Le musée de la Tour, consacré à l'histoire locale, exista de 1953 à 1995. Le Forum de l'histoire suisse, annexe du Musée national suisse, aménagé en 1995 dans l'ancien arsenal (bâtiment originellement construit comme grenier), présente surtout la vie quotidienne dans la Confédération entre le XIVe et le XVIIIe s. Depuis 1982, le domaine Ital Reding est ouvert au public qui peut y visiter une maison de maître de 1609 et la maison Bethlehem, construite en bois en 1287.

Il existe à S. une riche tradition de théâtre amateur, qu'illustrent, outre de nombreuses représentations dans les écoles et les soirées de sociétés, les jeux du carnaval (Japanesenspiele dès 1857) et ceux des jubilés de la Confédération (1891, 1941 et 1991), ainsi que la Bühne 66, institution réputée pour ses spectacles de qualité (dès 1966). Le théâtre de poche Chupferturm a été fondé en 1989. Une salle de cinéma fut brièvement exploitée dans les années 1910; plus importants furent les cinémas ambulants Wallenda et Leuzinger, qui organisèrent des séances de 1907 à 1938. Le cinéma Kino Schwyz exista de 1946 à 1984 et fut rouvert en 1997.

Auteur(e): Erwin Horat / PM

Références bibliographiques

Fonds d'archives
– ACom et APar, Schwytz
– Landes- und Volkskunde, StASZ
Bibliographie
– H. Ammann, «Die Talschaftshauptorte der Innerschweiz in der mittelalterlichen Wirtschaft», in Gfr., 102, 1949, 105-144, surtout 117-123
– W. Keller, I. Müller, Schwyz, Pfarrkirche St. Martin, 1774-1974, 1974
MAH SZ, N.S. 1, 1978
– J. Wiget, Wasser und Wacht: Geschichte der Dorfgenossenschaft Schwyz vom Spätmittelalter bis zum ausgehenden 19. Jahrhundert, 1988
– A. Suter, J. Wiget, Schwyz, 1990
– J. Wiget, «Die Gesellschaft der Burger zu Schwyz», in MHVS, 86, 1994, 55-70
INSA, 8, 425-504
– H. Steinegger, Schwyz, Ibach, Seewen, Rickenbach kennen lernen, 1996
HS, IV/5, 841-888; V/2, 575-603
– E. Horat, 250 Jahre Schreiner- und Hammerzunft Schwyz, 2001
– A. Hug, «Geschichte der Urpfarrei Schwyz im Mittelalter», in MHVS, 100, 2008, 20-23
– O. Landolt, «Der Dorfbrand von Schwyz 1642 und der Wiederaufbau des Fleckens», in MHVS, 102, 2010, 31-89

Auteur(e): Erwin Horat / PM