02/07/2009 | communication | PDF | imprimer | 

Altendorf

Comm. SZ, distr. de la Marche, sur le lac de Zurich (Obersee), comprenant le village d'A. entre la voie ferrée Pfäffikon-Lachen et l'autoroute A3, le hameau de Seestatt au bord du lac, des habitats dispersés dans la zone des collines préalpines (Muschelberg, Mittlisberg, Schlipf et Vorderberg), ainsi que le quartier de Steinegg qui jouxte Lachen. 972 Rahprehteswilare. 745 hab. en 1743, 978 en 1799, 1403 en 1850, 1279 en 1900, 2079 en 1950, 2348 en 1970, 4638 en 2000.

Malgré quelques vestiges romains isolés (tessons et monnaies des Ier-IIIe s.), l'occupation durable du site est alémanique et ne remonte qu'au VIIe/VIIIe s. A. est mentionné pour la première fois en 972 dans un diplôme de l'empereur Otton II en faveur du couvent d'Einsiedeln, son premier seigneur. Au-dessus du village se trouvait la résidence des futurs comtes de Rapperswil, ville qu'ils fondèrent en y transférant leur siège peu après 1200. Le nom d'A. fut donné au village en 1449 et celui d'Alt-Rapperswil à l'ancien château fort, bâti sans doute avant 1100, dont subsistent des fondations fouillées en 1972. A la chapelle castrale, dédicacée selon la tradition en 1076, succéda, à l'emplacement d'une tour circulaire, la chapelle Saint-Jean, mentionnée en 1476, remarquable bâtiment de la seconde moitié du XIVe s., de pur style gothique tardif, abritant trois retables en forme de triptyques. Le château fort d'Im Tal, siège de la famille de Turri (= zum Turm?), ministériaux des Rapperswil, a disparu vers 1350 ou peu après, de même que celui d'ob Meienberg (le "vieux château" des diplômes d'Einsiedeln) et celui des ministériaux Rambach près de Grüt. Au spirituel, A. dépendait à l'origine d'Ufenau. La paroisse d'A. est mentionnée dès 1275; Lachen, qui gagnait en importance politique et, grâce à son marché, en poids économique, en fut détaché en 1520. Les seigneurs de Rapperswil avaient au village une église privée, sans doute de la fin du XIe s., attestée par les fouilles de 1960-1961. Sous le clocher actuel subsistent des murs de la deuxième église, du XIIIe ou du XIVe s. L'actuelle église Saint-Michel, de 1464, fut rénovée vers 1790, en 1844-1845, 1960-1961 et dans les années 1990. La chapelle Sainte-Anne, au cimetière, fut d'abord un ossuaire (1503). L'école put quitter l'auberge du Cygne pour son propre bâtiment en 1840; de 1934 aux années 1970, il exista une école de montagne. Seestatt, très pittoresque, possédait quatre auberges des XVIIe, XVIIIe et XIXe s. (l'Ange, le Brochet, la Couronne, l'Aigle), étapes sur le chemin de pèlerinage d'Einsiedeln.

L'élevage, la céréaliculture et l'exploitation forestière dominèrent à A. jusqu'au XXe s. La population décrut dans la seconde moitié du XIXe s., faute d'industries, qui ne vinrent qu'au XXe s. La route cantonale fut ouverte en 1848, le chemin de fer du Nord-Est en 1875, mais la gare d'A. en 1918 seulement. La construction de l'A3 (1970) a nettement orienté l'économie d'A. vers Zurich: construction de machines et de bateaux, usine électrique CFF de l'Etzel qui exploite les eaux du lac de Sihl (1937), commerces de textiles, de tapis, de meubles, import-export. La République d'Ouzbékistan gère son commerce avec la Suisse et l'Europe à partir du centre qu'elle a construit à A. en 1994. De nombreux petits domaines agricoles, ainsi qu'un vignoble au pied de Saint-Jean, sont les témoins de l'ancienne activité dominante. Deux noyaux s'étaient développés, au port et autour de l'église paroissiale, reliés au Moyen Age par le chemin de pèlerinage; depuis l'ouverture de l'A3, maisons locatives et villas, bâtiments industriels et entrepôts s'y sont adjoints. En 1990, 62% de la population active d'A. travaille à l'extérieur, et des navetteurs viennent occuper 58% des emplois.


Bibliographie
MAH SZ, N.S. 2, 1989, 47-96

Auteur(e): Josef Mächler / PM