12/11/2014 | communication | PDF | imprimer

Küssnacht (SZ)

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Comm. et distr. SZ, au pied du Rigi, entre le lac des Quatre-Cantons et celui de Zoug, composé des villages de K., d'Immensee et de Merlischachen, ainsi que des hameaux de Haltikon et de Seebodenalp. Vers 840 in Chussenacho (selon copie du XIe s.), 1179 Chussenacho. Jusqu'en 2004 Küssnacht am Rigi. 1506 hab. en 1743, 1987 en 1799, 2788 en 1850, 3562 en 1900, 5680 en 1950, 10 704 en 2000. Vestiges isolés du Bronze et de La Tène. Malgré la découverte de divers trésors monétaires, dont l'un trouvé en 1809 près de Römerswil, qui comptait 4000 pièces romaines, la plupart datant de l'empereur Gallien (259-268), il n'a pas été possible de situer avec certitude un établissement de cette époque. Au haut Moyen Age, les propriétaires fonciers étaient le couvent de Lucerne, les comtes de Lenzbourg et de Habsbourg. Les biens des Lenzbourg (un tiers de l'église de K.) passèrent au chapitre de Beromünster en 1036 alors que les droits de basse juridiction restaient entre leurs mains, pour être repris après leur extinction par les Kibourg, puis les Habsbourg. Les Habsbourg firent don de leur part au couvent de Muri en 1055, mais conservèrent l'avouerie. Muri est également mentionné comme propriétaire de l'église en 1179. Avoués du couvent de Lucerne, les Habsbourg le devinrent aussi par ce biais du domaine (Dinghof) de K. Jusqu'au XIVe s., l'influence de Lucerne fut prépondérante. Au Moyen Age déjà, les seigneurs de K. (éteints en 1352) sont attestés comme avoués et propriétaires fonciers de K. Leur château fort, mentionné pour la première fois en 1263 et que le chroniqueur Aegidius Tschudi croyait être le château du bailli Gessler, appartint dès 1400 à des Uranais, les nobles de Silenen. Abandonné après 1517, il tomba en ruine et a été acquis par la Confédération en 1908.

A la fin du XIIe s., l'abbaye d'Engelberg possédait également des biens à K. Le couvent féminin d'Engelberg reçut en 1361 le patronage de l'église de K., dédiée à saint Pierre. Reconstruite en 1488 en style gothique, elle devint l'église Saints-Pierre-et-Paul. Après de nombreuses querelles entre les détenteurs du patronage et les paroissiens, ces derniers obtinrent le patronat en 1551; Udligenswil fut alors séparé de K. La paroisse d'Immensee fut érigée en 1940, le rectorat de Merlischachen en 1980, la paroisse protestante en 1932. L'église paroissiale fut reconstruite en style baroque à trois nefs en 1708 et transformée en église-halle (sans colonnes) en 1963.

Vers la fin du XIVe s., Schwytz gagna si bien en influence à K. qu'il put y installer un poste de douane en 1383. Johanna von Tottikon vendit en 1402 ses droits de justice et de bailliage à K. aux gens de Schwytz et à ceux de K. En 1424, les habitants de K. jurèrent la lettre de combourgeoisie avec Schwytz. K. conserva son conseil, sa basse justice et une administration communale autonome, mais devint pays sujet de Schwytz. Les sept communaux de K. furent redistribués en 1573 entre les familles bourgeoises. Ils furent partagés au début du XIXe s.; seuls les bois et pâturages de la Seebodenalp, mis en valeur par une route et un téléphérique, appartiennent toujours à la commune bourgeoise (Korporation) de Berg und Seeboden. Une maîtrise vit le jour en 1754; elle continue d'exister comme Société des arts et métiers.

En 1798, vingt habitants tombèrent en combattant les Français. Pendant la République helvétique, K. forma avec Arth un district. En 1831, dominé par des partisans de la Régénération, K. se rallia au "canton de Schwytz-Extérieur". Après des heurts entre les libéraux et les partisans du "Vieux-Schwytz", K. fut occupé le 31 juillet 1833 par des troupes schwytzoises jusqu'à l'intervention des unités fédérales. K. devint alors un district (avec tribunal) jouissait des droits que le vieux canton de Schwytz, et obtint en outre le statut de commune en 1848. Les habitants de K., en majorité libéraux, furent hostiles à l'entrée du canton dans le Sonderbund et à la guerre qui suivit. Ils saluèrent l'ordre nouveau en Suisse et adoptèrent clairement la Constitution fédérale de 1848.

En 1851, Konstantin Siegwart fonda une verrerie, en activité jusqu'en 1972. La première édition du journal local, le Freie Schweizer, parut en 1877. La liaison avec le chemin de fer du Gothard à Immensee suivit en 1882. Après que la gare de K. eut été connectée à la ligne Immensee-Lucerne en 1897, des rapports plus serrés avec l'espace économique lucernois s'instaurèrent. A cette époque, l'agriculture prédominait encore; l'amélioration de la production agricole entraîna la naissance de plusieurs distilleries et, en 1922, de la fromagerie Baer, spécialisée dans les produits à pâte molle, d'importance nationale. Les marais de Fänn furent transformés en terres arables (1941-1942), puis en une vaste zone industrielle et commerciale (près de la sortie de l'autoroute A4) à partir de 1974. Le téléphérique de la Seebodenalp (1030 m), but apprécié d'excursions, fut installé en 1954. La scierie Ernst Schilliger SA est devenue depuis quelque temps une entreprise renommée dans la région. Entre 1920 et 1980, on aménagea par étapes une berge et un port le long du lac des Quatre-Cantons, ce qui amena à K. un flux d'excursionnistes, attirés surtout par le Chemin creux (Hohle Gasse). La commune dispose d'une école de district, d'un complexe sportif avec patinoire artificielle.

La grande place avec l'auberge de l'Ange (zum Engel) et la place du Lac avec l'église, la cure (1927), la maison de commune (1728) et celle qui abrite aujourd'hui l'administration du district (1725), ainsi que la fontaine de Tell sculptée par Emilio Stanzani (1959), sont les principales attractions du village. Le musée régional (1951) contient notamment quelques vestiges préhistoriques et des documents concernant le château dit de Gessler et le Chemin creux. Au bord du lac, la chapelle de la reine Astrid de Belgique rappelle sa mort survenue en 1935 à la suite d'un accident d'automobile. Le cortège des Chlausjäger ("chasseurs de la Saint-Nicolas" qui font fuir les mauvais esprits) le 5 décembre est la coutume populaire la plus connue.


Sources imprimées
Quellen zur Geschichte der Landschaft Küssnacht, 5 vol., 1982-1999
Bibliographie
– F. Wyrsch, «Die Landschaft Küssnacht am Rigi im Kräftefeld von Schwyz und Luzern», in MHVS, 53, 1959, 29-45
– F. Wyrsch, Die Landschaft Küssnacht am Rigi, 1988

Auteur(e): Franz Wyrsch / WW