08/11/2004 | communication | PDF | imprimer

Eriswil

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Comm. BE, distr. de Trachselwald, tournée vers la Haute-Argovie, comprenant le village d'E. avec Vorderdorf et Hinterdorf, les hameaux de Neuligen et Schwendi (acquis à la suite d'une correction de frontière avec Wyssachen en 1888-1889), ainsi que des fermes isolées. 1256 Erolzwile. 1726 hab. en 1730, 2092 en 1764, 1973 en 1850, 2083 en 1900, 1847 en 1950, 1439 en 2000.

Les von E., ministériaux des Kibourg, s'éteignirent au XIVe s. Appartenant à la mayorie de Rohrbach relevant de Saint-Gall, E. passa dans le dernier quart du XIVe s. aux mains des barons de Grünenberg et dans l'orbite de Berne, qui, en 1421, attribua la haute justice d'E. à la juridiction de Ranflüh et par là à l'Emmental. Après l'acquisition de Rohrbach en 1504, Berne assigna la basse justice d'E. (avec celle de Wyssachen) au bailliage de Trachselwald (district dès 1803), coupant ainsi l'étroite relation d'E. avec la Haute-Argovie. A la Réforme, le droit de patronage de l'église, relevant jusqu'alors de l'abbaye de Saint-Gall, revint à Berne; l'édifice (tour peut-être du XIVe s., chœur du XVIe s., nef de 1905) servit aussi aux gens de Wyssachen jusqu'en 1966. E. et Wyssachen se séparèrent après le partage des communaux (1455) et de la bourse des pauvres (1755, 1796). Vorderdorf et Hinterdorf se scindèrent en 1518 après le partage des pâturages. Suite à une longue querelle, l'exploitation en commun avec Luthern des forêts et pâturages du Schluckwald et du Hegenwald (Warmisbachwald) cessa en 1709-1713. Sous la pression démographique, la commune se ferma aux indigents étrangers (coutumier de 1622), réglementa le droit des pauvres de mener paître sur les biens communaux, d'y enclore un jardin et tenta d'y empêcher les constructions des journaliers. L'industrie à domicile des toiles de lin, née du besoin de revenus complémentaires, se développa rapidement vers 1750 pour le compte d'entrepreneurs locaux (Schmid); la concurrence des fabriques lui fut fatale dans les années 1860. Malgré la crise du textile, trois entreprises de tissage du lin se maintinrent jusque dans les années 1970 et 1980, ainsi qu'une bonneterie de 1855 à 1990. Aujourd'hui E. se consacre à l'agriculture et à la petite industrie (électronique, matériel pour étables, emballage). Grâce à sa situation et à ses liaisons par la route et le train (ligne E.-Huttwil en 1915, bus depuis 1975) avec Huttwil et Sumiswald, E. a vu la construction de nouveaux logements.


Sources imprimées
SDS BE, II/8
Bibliographie
– F. Häusler, Das Emmental im Staate Bern bis 1798, 2 vol., 1958-1968
– B. Schmid, A.O.R. Schmid, Sieben Generationen, 1962
– J. Rettenmund, Amtsbezirk Trachselwald, 1991
– H. Schneeberger, Bauinventar der Gemeinde Eriswil, 1999

Auteur(e): Anne-Marie Dubler / PM