11/03/2008 | communication | PDF | imprimer

Guggisberg

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Comm. BE, distr. de Schwarzenbourg. Située dans les Préalpes, son territoire de 54 km2 s'étend de la Singine (frontière avec le canton de Fribourg) et de la zone de collines située sur sa rive droite jusqu'à la chaîne du Stockhorn. Il est partagé en deux par la chaîne de l'Egg: au sud, une zone d'exploitation d'alpages et de forêts, avec le hameau de Sangernboden; au nord, des terres agricoles comprenant, avec G., divers autres villages, hameaux et fermes isolées se trouvant entre 860 et 1120 m (Riffenmatt, Kalchstätten, Riedstätt, Kriesbaumen, Laubbach). 1076 Mons Guchani. 3400 hab. en 1764, 5693 en 1850, 5086 en 1860 (sans Rüschegg, 2823), 2809 en 1900, 2339 en 1950, 1560 en 1980, 1660 en 2000.

Des haches en pierre du Mésolithique ou du Néolithique ainsi que des vestiges (céramique) de l'époque romaine, mis au jour au confluent de la Singine froide et de la Singine chaude (site d'Understi), témoignent de l'ancienneté de la présence humaine dans la région. Des levées de terre du Moyen Age ont été découvertes près d'Ägerten, en amont de la scierie du Laubbach. Appartenant au domaine impérial, "les forêts et les terres incultes autour de G.", passèrent en 1075 au prieuré de Rüeggisberg, détenteur du patronat de l'église de G., qui fut ensuite remis au chapitre de Saint-Vincent de Berne (1485), puis, avec la Réforme, à Berne (1528). L'église de G., dédiée à saint Maurice et mentionnée en 1148, fut reconstruite entre 1453 et 1528 à l'emplacement d'un édifice plus ancien (VIIIe-XIe s.); elle fut agrandie à plusieurs reprises, la dernière en 1823-1824. Le lieudit Chappelen à Riffenmatt semble indiquer l'existence d'une chapelle médiévale aujourd'hui disparue. La paroisse de G., dont Rüschegg fut détaché en 1860, dispose depuis 1931 d'une chapelle à Sangernboden.

Dépendant de la seigneurie de Grasbourg, G. fut administré par des baillis impériaux, puis savoyards (dès 1310). En 1330, les communiers, déjà organisés en communauté sous l'autorité d'un président (Ammann), s'allièrent avec Berne, ce qui ne les empêcha pas de prendre parfois le parti de Fribourg dans les guerres qui opposaient les deux villes, se faisant rançonner par Berne en manière de représailles (1341, 1361). A partir de 1423, G. forma avec Rüschegg la basse juridiction, appelée obere Gemeinde ou Gewalt, du bailliage commun de Grasbourg (Berne et Fribourg). Une maison de commune fut construite à cette époque (mentionnée en 1555). Elle fut remplacée en 1863-1864 par un nouveau bâtiment, qui abrite aujourd'hui encore l'administration communale. G. fut rattachée au canton de Berne en 1798.

Que ce soit dans les fermes situées au nord de l'Egg ou dans les pâturages intermédiaires (1000-1300 m) et alpages situés "derrière l'Egg", les principales activités étaient l'agriculture et l'élevage (en altitude, fromageries et estivage des moutons). Les biens communaux du Scheidwald (prés et forêts) étaient exploités par G. et par les autres communes du bailliage. A partir du XVIe s., des pauvres et apatrides, rétameurs et vanniers, vinrent s'y installer, de sorte que jusqu'au XVIIIe s. plusieurs colonies de pauvres se constituèrent: au sud de G., Hirschmatt, Laubbach et Plötsch; du côté de Rüschegg, Heubach, Hirschhorn et Äugsten (entre autres). Un diaconat fut créé en 1809 à Rüschegg pour les secourir.

Après 1800, le village de G. (89 hab. en 1904, 60 en 1996) acquit une réputation de lieu de villégiature (vue sur le Guggershorn). Cependant, lorsqu'en 1819 le canton décréta que tous les habitants installés sur les communaux devaient recevoir la bourgeoisie, la commune fut submergée par les coûts de l'assistance. L'appauvrissement, qui s'accentua pendant les périodes de famine de 1816-1818 et des années 1840, fut général. Les paysans durent vendre leurs droits d'alpages à des gens de l'extérieur, et beaucoup émigrèrent en Amérique. Vers 1850, G. était la commune la plus pauvre du canton de Berne. En 1860, on ne trouva de remède que dans la création de deux communes, G. et Rüschegg.

Dans un contexte de baisse démographique due à l'émigration, la nouvelle commune de G. ne connut de relance économique qu'au XXe s. L'instauration de la péréquation financière entre les communes bernoises (1954), l'introduction du tourisme et de la petite industrie furent décisives. Les entreprises (fromagerie, scierie, charpenterie, constructions en bois, commerce du bois) sont réparties dans les différents villages et hameaux, notamment à G. et Riffenmatt. Le tourisme régional avec des infrastructures pour les sports d'été et d'hiver (hôtels, résidences secondaires, cabanes de montagne) s'est développé surtout à Riffenmatt, Sangernboden et dans le village de vacances d'Ottenleuebad. Les alpages sont exploités soit individuellement, soit en commun; les droits de jouissance appartiennent souvent à des communes ou à des étrangers à la commune, qui mettent des bovins et des chevaux en estivage. G. compte huit bâtiments scolaires, l'école secondaire se trouve à Schwarzenbourg.


Bibliographie
– E. Friedli, Bärndütsch als Spiegel bernischen Volkstums, 3, 1911
Guggisberg, Jahrbuch, éd. E.W. Stalder, 1946-1959
– H. Schöpfer, Guggisberg, 1984
– W. Aebischer, 1148-1998: 850 Jahre Guggisberg, 1998
– H.-P. Ryser, Bauinventar der Gemeinde Guggisberg, 1999

Auteur(e): Anne-Marie Dubler / VW