• <b>Petits maîtres</b><br><I>St. Margaretha bey Basel</I>, eau-forte au trait aquarellée, réalisée en 1793 par  Rudolf Huber (Staatsarchiv Basel-Stadt, BILD Falk. A 245). Le petit maître bâlois Rudolf Huber (1770-1844), que l'on voit peindre (à droite), a représenté un poste de garde militaire lors de la première guerre de coalition. Il publia plusieurs estampes anecdotiques de la région bâloise durant la période de l'occupation des frontières entre 1792 et 1798.

Petits maîtres

Expression désignant d'une part des graveurs européens du XVIe s. qui privilégièrent le petit format et d'autre part des artistes qui réalisèrent entre 1750 et 1850 en Suisse des gravures représentant des vues topographiques, des scènes de genre et des costumes folkloriques, en particulier les auteurs d'eaux-fortes aquarellées de la période 1765-1830. Outre le Bernois Johann Ludwig Aberli, inventeur de cette technique, et son successeur Sigmund Freudenberger, on citera Balthasar Anton Dunker, Heinrich Rieter, Johann Jakob Biedermann et Franz Niklaus König à Berne, Matthias Pfenninger à Zurich, Johann Jakob Aschmann à Thalwil, Heinrich Thomann à Zollikon, Pierre Samuel Louis Joyeux à Vevey et, plus tard, le cartographe Heinrich Keller à Zurich; plus marginalement, on trouve encore Johann Ulrich Schellenberg à Winterthour, maître de l'eau-forte coloriée, et Jean-Antoine Linck à Genève, qui peignait à la gouache. Tous ces artistes réalisaient principalement des vues et des scènes idéalisées de la nature, de divers format (jusqu'à l'in-folio), destinées à être encadrées. Après 1800, l'aquatinte, le plus souvent coloriée, remplaça progressivement la technique précédente. Son chef de file fut Franz Hegi à Zurich. Cette période est marquée par l'apparition de grandes maisons familiales d'édition de livres d'art, comme celles de Gabriel Lory père et fils à Neuchâtel et Berne, de Peter et Samuel Birmann à Bâle, de Johann Heinrich et Johann Ludwig Bleuler à Feuerthalen, Schaffhouse et au château de Laufen, ainsi que de Rudolf et Johann Rudolf Dikenmann à Zurich. Les éditeurs d'art, artistes eux-mêmes, alimentaient un marché répondant aux goûts des riches touristes qui visitaient la Suisse.

<b>Petits maîtres</b><br><I>St. Margaretha bey Basel</I>, eau-forte au trait aquarellée, réalisée en 1793 par  Rudolf Huber (Staatsarchiv Basel-Stadt, BILD Falk. A 245).<BR/>Le petit maître bâlois Rudolf Huber (1770-1844), que l'on voit peindre (à droite), a représenté un poste de garde militaire lors de la première guerre de coalition. Il publia plusieurs estampes anecdotiques de la région bâloise durant la période de l'occupation des frontières entre 1792 et 1798.<BR/>
St. Margaretha bey Basel, eau-forte au trait aquarellée, réalisée en 1793 par Rudolf Huber (Staatsarchiv Basel-Stadt, BILD Falk. A 245).
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Bibliographie
– W. Hugelshofer, Schweizer Kleinmeister, 1943
Die Schweiz in alten Ansichten und Schilderungen, éd. M. Bourquin, 1968
– P. F. Kopp et al., La Suisse aux couleurs d'autrefois, 1983 (all. 1982)
– M.-L. Schaller, Annäherung an die Natur, 1990
Schöne Aussichten!, cat. expo. Zurich, 2002
– U. Schenk, Idylles et idéaux sur les bords du Rhin, 2003

Auteur(e): Bruno Weber / FP