• <b>Bally</b><br>Affiche réalisée en 1925 par  Hugo Laubi (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).
  • <b>Bally</b><br>"Chaussures de sport", affiche réalisée en 1928 par  Emile Cardinaux (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).

Bally

Entreprise ayant son siège à Caslano, créée à Schönenwerd en 1851, lorsque Carl Franz Bally se mit à produire des chaussures dans la fabrique de rubans élastiques Bally & Co. qu'il dirigeait avec son frère Fritz, puis seul (dès 1854) sous la raison sociale C.F. Bally. Les exportations commencèrent en 1857, vers l'Amérique du Sud; la vente et, plus tard, la production s'organisèrent dans un cadre international, avec l'ouverture de représentations à Montevideo en 1870, à Paris en 1879 et à Londres, porte d'entrée des marchés de l'Empire britannique, en 1881. A la même époque, Eduard, fils de Carl Franz, acquit aux Etats-Unis une expérience qui lui permit de mécaniser peu à peu la fabrication. Il reprit la direction en 1892 avec son frère Arthur, sous le nom C.F. Bally Fils.

Les ouvriers de la filiale d'Aarau se mirent en grève en 1894 parce que l'introduction de machines à monter menaçait leurs emplois qualifiés et bien payés. Puis B. fut touché par la grande vague de grèves de 1907; l'entreprise licencia tous les grévistes. La société anonyme C.F. Bally, au capital de huit millions de francs en actions et quatre millions en obligations, fut fondée en 1907. La croissance des ventes et de la production se poursuivit, tant en Suisse qu'à l'étranger. L'entreprise s'intéressa au taylorisme avant la Première Guerre mondiale déjà et fit dès 1915 des études chronométriques et psychologiques. En 1921, elle se divisa en diverses sociétés coiffées par le holding C.F. Bally SA, qui dut bientôt affronter une période de crise: l'effondrement monétaire à l'étranger fit baisser les commandes et causa des pertes en capital; dans les années 1930, la concurrence suisse et étrangère toujours plus vive restreignit les débouchés; durant la Deuxième Guerre mondiale, la rareté des matières premières détériora encore la situation. La tendance se retourna ensuite brusquement et l'entreprise connut, comme l'ensemble de l'économie, un essor rapide et continu qui dura jusqu'au milieu des années 1960 avant de buter, spécialement à l'exportation, contre la concurrence venue de pays à bas niveau de salaires. Des fabriques furent donc fermées ou déplacées vers le milieu des années 1970.

<b>Bally</b><br>Affiche réalisée en 1925 par  Hugo Laubi (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).<BR/>
Affiche réalisée en 1925 par Hugo Laubi (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).
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<b>Bally</b><br>"Chaussures de sport", affiche réalisée en 1928 par  Emile Cardinaux (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).<BR/>
"Chaussures de sport", affiche réalisée en 1928 par Emile Cardinaux (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).
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Les membres de la famille B. se sont peu à peu retirés de l'affaire après 1970. Au début de 1977, le jeune financier Werner K. Rey acquit la majorité des actions et prit la tête du conseil d'administration et de la direction générale. A l'automne de la même année, le holding Oerlikon-Bührle racheta toutes les actions et le "groupe Bally" y fut incorporé.

Grâce à la croissance des marchés d'Extrême-Orient, le groupe B. renoua avec les bénéfices au début des années 1980. Cependant, des problèmes structurels apparurent en 1986 dans les domaines de la production, du marketing et de la vente. En 1991, la récession fit gravement chuter le chiffre d'affaires et provoqua une réorganisation et un nouveau recul de la production. La maison fut vendue en 1999 à la société financière américaine Texas Pacific Group qui, en 2000, décida de cesser la production de chaussure à Schönenwerd et déplaça le siège de l'entreprise à Caslano.


Bibliographie
– F.J. Klaus, Das Bally-Lehrstück, 1985
– R. Jaun, Management und Arbeiterschaft, 1986
– F. Oehler, Lebenswelten von Fabrikanten- und Arbeiterfamilien der Bally-Schuhindustrie in Schönenwerd, 1988
– K. Baumann, Die Bally Schuhfabriken 1870-1910 in Schönenwerd, 1992
– P. Heim, «Unruhe im Reich der Schuhkönige», in JbSolG, 66, 1993, 273-385
– P. Heim, Königreich Bally, 2000

Auteur(e): Karin Baumann Püntener / PM