04/11/2004 | communication | PDF | imprimer | 

Bülach (commune)

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Comm. ZH, chef-lieu de district. Centre régional de l'Unterland zurichois comprenant un noyau urbain et le village de Niederflachs dans la basse vallée de la Glatt, ainsi que les hameaux à caractère plus rural de Heimgarten sur le Rinsberg, d'Eschenmosen (comm. Winkel jusqu'en 1919) et de Nussbaumen sur le Dettenberg. 811 Pulacha. Bachenbülach, au sud de B., devint commune indépendante en 1849. B. se trouve sur l'ancienne route de Zurich à Eglisau par Kloten. Moins de 500 hab. vers la fin du Moyen Age, 1000 env. aux XVIe-XVIIIe s., 1278 en 1836, 1545 en 1850, 2175 en 1900, 3239 en 1920, 4634 en 1950, 11 043 en 1970, 13 999 en 2000.

On a découvert en 1980 des fosses à incinération du Bronze final dans la Schwerzgrueb et au XIXe s. des tumulus à mobilier (armes, bijoux et ustensiles) de Hallstatt tardif dans les forêts de Höhragen et de Hard, ainsi que des tombes de La Tène à la Herti et dans la gravière des Trois Rois. Le site fortifié de Mangoldsburg, au nord-ouest de la ville, a livré des monnaies romaines, des outils en fer et des objets en bronze de date incertaine. Les premiers indices d'un groupe d'habitations datent du VIe et du début du VIIe s.: des nécropoles alémanes offrant un riche matériel archéologique ont été fouillées en 1919-1923 près du centre de la ville. Au Moyen Age se forma un village, de plan ovale, ceint d'une muraille dès le XIIIe s. Trois graves incendies ravagèrent B. en 1386, 1444 et 1506, le premier à l'occasion de la guerre de Sempach, le deuxième lors de la seconde guerre de Zurich. Les portes furent abattues en 1838 et 1840; on conserve des restes d'enceinte à l'ouest, au nord et à l'est de la ville. Jusqu'en 1376, B. releva de la justice des barons de Tengen, qui possédaient également d'importants droits fonciers. Des ministériaux des Tengen à B. sont attestés au XIIIe s. L'achat de la juridiction par le duc Léopold III d'Autriche s'accompagna, en 1384, de l'octroi de franchises analogues à celles que Winterthour avait obtenues en 1264. En 1409, B. fut donné en gage à Zurich, qui l'annexa définitivement en 1419. Devenu bailliage zurichois (Obervogtei) dès 1412, avec Bachenbülach, Niederflachs et Nussbaumen, B. ne jouit que d'une autonomie restreinte jusqu'à la révolution helvétique (avoyer et assemblée des bourgeois). Le nouvel hôtel de ville (1672-1673) reflète ce statut.

L'église-halle Saint-Laurent peut être datée du VIIe s., d'après la sépulture d'une noble alémane (la fondatrice?) qu'on y a retrouvée en 1968. Elle est mentionnée en 811, en relation (mal connue) avec l'abbaye de Saint-Gall. Vers 1188, elle appartient avec le droit de collation aux barons de Tengen, qui ne la cédèrent à Zurich qu'en 1463. L'édifice actuel date des années 1508-1514. La nef et le clocher subirent plusieurs transformations aux XVIIe et XIXe s. (dernière rénovation en 1969-1970). A l'époque de la Réforme, B., comme toute la région, fut un important foyer de l'anabaptisme, durement réprimé par les autorités réformées zurichoises. Des conflits religieux éclatèrent au XIXe s., quand les néoévangéliques (une branche du Réveil piétiste) et les néo-baptistes commencèrent à tenir des assemblées, les premiers en 1820, les seconds en 1835. Réunions méthodistes depuis 1864; fondation d'une "paroisse libre" (auj. Eglise baptiste) en 1881. La paroisse réformée inclut aujourd'hui Bachenbülach, Hochfelden, Höri et Winkel. Le premier office romain que l'Unterland zurichois ait connu depuis la Réforme fut célébré en 1882 à l'auberge du Rössli de B. Les catholiques inaugurèrent leur église en 1902 et se constituèrent en paroisse en 1943.

L'Unterland zurichois est traditionnellement une région de terre ouverte. B., Niederflachs, Eschenmosen et Nussbaumen eurent chacun jusqu'au XVIIIe s. leur système d'assolement. Dans la seconde moitié du XIXe s., l'élevage des bovins gagna en importance (foires au bétail régulières), à la suite de changements conjoncturels. Le vignoble du Dettenberg remonte au XVIe s. au moins. Conformément à ses franchises, B. servit de marché aux produits agricoles des environs (règlement de 1450). Le rachat des dîmes et charges foncières dura de 1810 à 1867. D'importantes expositions agricoles eurent lieu en 1851 et 1907. En 1918 s'ouvrit l'école d'agriculture. De vastes forêts communales contribuent depuis le bas Moyen Age à la prospérité de B. De nombreuses entreprises artisanales se sont développées à l'aube des Temps modernes. En 1801, on comptait 101 patentes, et en 1850 env. 150 artisans et 20 commerçants. Les métiers de l'habillement (cordonniers, tailleurs, chapeliers) étaient particulièrement bien représentés. Aujourd'hui, l'Union des arts et métiers groupe 250 membres.

Comparativement au reste de l'Unterland, l'industrialisation à B. fut précoce. La première filature mécanique, avec 850 broches et 25 ouvriers, vit le jour en 1819 à l'Obermühle. Des tentatives de tissage (soie, drap) échouèrent au milieu du XIXe s. D'autres entreprises industrielles d'une certaine importance ne s'implantèrent à B. qu'à la fin du siècle: en 1890-1891 la verrerie (la fabrique Vetropack était jusqu'en 2001, en association avec les verreries de Saint-Prex et de Wauwil, le plus grand producteur suisse d'emballages en verre); en 1917 la fonderie Sulzer frères. D'autres fabriques de moyenne importance produisent aujourd'hui des moteurs, des appareils et des machines ou travaillent dans la construction métallique et l'informatique. En 1990, le secteur primaire offrait 1% des emplois, le secondaire 34% et le tertiaire 65%. Les lignes de B.-Regensberg (Oerlikon-B., Oerlikon-Dielsdorf) furent inaugurées par les Chemins de fer du Nord-Est en 1865. Le tracé d'une ligne Winterthour-Koblenz souleva des discussions interminables (la "guerre du Dettenberg"). En 1893 fut ouvert le tronçon B.-Schaffhouse. Les besoins croissants du trafic privé ont modifié considérablement le paysage dès 1970 (route à grande circulation vers Kloten, voies de contournement).

En 1884, les immeubles privés commencèrent à être alimentés en eau courante. La première réglementation des canalisations date de 1910 (raccordement obligatoire en 1934). Une station d'épuration fonctionne depuis 1957. Comme la nappe phréatique du bassin de la Glatt ne suffit plus à satisfaire les besoins actuels en eau, un projet prévoit d'en amener du Rafzerfeld mélangée à de l'eau du Rhin. Ouverte en 1967, la station d'incinération des ordures a dû fermer en 1975 par mesure de protection de l'environnement. L'hôpital construit en 1887 offrait douze lits. Un nouveau bâtiment financé pour l'essentiel par John Brunner (Fondation Brunner) accueillit des malades dès 1901. Depuis 1937, B. dispose d'un hôpital de cercle. La réalisation d'un établissement d'enseignement secondaire fut suggérée pour la première fois au parlement cantonal en 1956; l'école cantonale de l'Unterland zurichois s'ouvrit finalement en 1972. Issue de l'école technique dite "du dimanche" (1860), l'école professionnelle emménagea dans ses locaux en 1982. La construction de l'actuelle place d'armes fut décidée en 1909. A l'initiative de la Société de lecture fondée en 1818 furent créés le Wochenblatt für die Bezirke B. und Regensberg (1849), hebdomadaire libéral, puis démocratique, précurseur du Zürcher Unterländer (1949) et, en 1866, le Bülacher Volksfreund, de tendance libérale, ancêtre du Neues Bülacher Tagblatt (1957). On doit en outre à la Société de lecture la fondation d'une Société agricole (1867), la publication des Bülacher Neujahrsblätter (depuis 1930), la bibliothèque communale (publique dès 1940), l'aménagement d'une galerie et d'un théâtre dans la “cave du sacristain”, l'encouragement des recherches sur l'histoire locale et l'entretien du musée inauguré en 1984. Aujourd'hui, B. compte plus de 150 associations. Sous l'Helvétique, B. perdit temporairement son statut de ville (1802), mais, érigé en chef-lieu de district, redevint dès 1831 un centre administratif. En 1974, un Grand Conseil communal de trente-six membres et un Conseil de ville (exécutif) de neuf membres ont remplacé l'assemblée communale traditionnelle.


Bibliographie
– W. Hildebrandt, Bülach, 1967, (21985)
– K. Moser, «Bülach», in Zürcher Chronik, 1988, no 3, 117-121

Auteur(e): Thomas Hanimann / WW