28/03/2007 | communication | PDF | imprimer
No 1

Anderwert, Fridolin

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naissance 19.9.1828 à Frauenfeld, décès 25.12.1880 à Berne, cath., cath.-chr. dès 1871, d'Emmishofen et Tägerschen (auj. Tobel-Tägerschen; 1829). Fils de Johann Ludwig ( -> 2). Célibataire. Après des études d'histoire et de philosophie, puis de droit à Lausanne, Heidelberg et Berlin, A. fut avocat à Frauenfeld dès 1851, juge de district (1853-1856) et député au Grand Conseil thurgovien en 1861. Il compta dès 1864 parmi les plus farouches adversaires d'Eduard Häberlin, qui au début l'avait soutenu. En février 1868, il lança la révision de la Constitution cantonale thurgovienne ("programme de Frauenfeld"). Président de la Constituante (1868-1869), il aplanit la voie des postulats démocratiques en Thurgovie. A la chute de Häberlin, A. devint président du Grand Conseil et conseiller d'Etat (1869). Directeur de l'Instruction publique (1869-1874), il releva les salaires des enseignants et créa l'école de perfectionnement. Conseiller national dès 1863 dans les rangs de la gauche démocratique, radicale et centralisatrice, il empêcha, lors de sa présidence en 1870-1871, le départ prématuré du général Herzog et dirigea les négociations du Gothard. Il fut membre des commissions de révision en 1872 et 1874. La nouvelle Constitution fédérale portait la marque de ses nombreuses propositions. Sans provocation, mais avec décision, A. s'engagea pour le Kulturkampf, pour une plus claire formulation de la liberté de conscience et de croyance, pour l'interdiction des jésuites et pour que soit garantie la primauté de l'Etat sur l'Eglise. A. fit partie du comité central de l'Association suisse des catholiques libéraux, constituée en 1871 lors du congrès des catholiques suisses à Soleure. Il devint juge fédéral (président de la chambre criminelle) en 1874 et conseiller fédéral en 1875, après deux candidatures malheureuses en 1872. S'en tenant strictement, dans ses décisions, à l'objectivité et au droit en vigueur, sans considération des intérêts de parti, il vit d'anciens amis se muer en adversaires. Chef du Département de justice et police, il s'est occupé surtout du droit des obligations et du droit commercial. Attaqué sur sa vie privée par la presse en un moment d'épuisement physique total et de dépression, il se suicida, peu de jours seulement après avoir été élu président de la Confédération pour 1881.


Bibliographie
– Gruner, L'Assemblée, 1, 692-693
– W. Michel, «Bundesrat Josef Fridolin Anderwert im Spiegel der Presse», in ThBeitr., 115, 1978, 85-126
Die Weltwoche, 8.1.1987
– Altermatt, Conseil fédéral, 207-211

Auteur(e): André Salathé / PM