11/01/2015 | communication | PDF | imprimer
No 5

Welti, Emil

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naissance 23.4.1825 à Zurzach,décès 24.2.1899 à Berne, prot., de Zurzach, bourgeois d'honneur de Genève (1860) et d'Aarau (1867). Fils de Jakob Friedrich, juge cantonal et député au Grand Conseil, et de Barbara Fischhaber. Frère de Johann Jakob ( -> 11). ∞ 1853 Carolina Gross, fille de Johann Ulrich, membre de l'exécutif de Zurzach. Ecole cantonale d'Aarau (1840-1844), études de droit à Iéna et Berlin (1844-1847). Renonçant à une carrière universitaire, W. obtint le brevet argovien d'avocat en 1847. Président du tribunal de district de Zurzach (1852). Conseiller d'Etat argovien (1856-1866, landamman en 1858, 1862 et 1866). Chef du Département de justice (1856-1862), W. mena à bien l'introduction du nouveau Code pénal et de celui de procédure pénale, ainsi que la construction du pénitencier de Lenzbourg. Il échoua à réaliser la pleine égalité des juifs qu'il avait expressément soutenue. Directeur de l'instruction publique (1863-1866), il influença de façon déterminante la révision de la loi scolaire. W. représenta de 1857 à 1866 son canton au Conseil des Etats, qu'il présida en 1860 et 1866. Il œuvra comme commissaire fédéral à Genève lors de l'affaire de Savoie en 1860 et lors des troubles de 1864. Colonel fédéral en 1866, docteur honoris causa de l'université de Zurich en 1866 pour ses travaux en histoire du droit.

Au Conseil fédéral dont il fit partie de 1867 à 1891, W. occupa bientôt une place dominante. Il fut président de la Confédération en 1869, 1872, 1876, 1880, 1884 et 1891. Jusqu'en 1875, il dirigea la plupart du temps le Département militaire. Sa principale mission consista à transformer une armée composée de contingents cantonaux en une armée fédérale unifiée sur le plan de l'armement et de la formation. En lien avec la question militaire, il travailla à la révision de la Constitution fédérale de 1848 dans le sens d'un renforcement du pouvoir fédéral et il est considéré comme le père spirituel de la révision de 1872. Si la Constitution de 1874 ne remplit que partiellement ses desiderata, elle correspondait néanmoins à sa conception d'un droit unifié. Le Code suisse des obligations fut adopté en 1881 alors qu'il dirigeait le Département de justice et police.

La politique ferroviaire constitua un autre domaine où W. fut particulièrement actif. Partisan décidé du Gothard, il joua un rôle essentiel dans la mise en place du cadre juridique par lequel l'Italie et les Etats allemands subventionnèrent la ligne suisse à travers les Alpes. W. assura en même temps un droit de codécision et de surveillance à la Confédération. Il s'engagea avec énergie, en 1878, en faveur d'une subvention fédérale complémentaire au profit de la compagnie du Gothard, contribuant de la sorte au sauvetage de cette dernière. Chef du Département des postes et des chemins de fer depuis 1879, il poussa à l'étatisation des grandes lignes ferroviaires moyennant leur rachat par la Confédération. Il réussit pour la compagnie du Jura-Simplon, en 1890; en revanche, le contrat conclu avec celle du Central-Suisse fut rejeté en votation populaire le 6 décembre 1891, à une large majorité. Le même jour, W. annonça sa démission du Conseil fédéral.

Membre du camp libéral, il sut préserver son indépendance face à l'ensemble des forces politiques. Favorable à la séparation de l'Etat et de l'Eglise, il n'adhéra cependant pas à la politique du Kulturkampf menée par les radicaux. Adversaire inconditionnel du référendum, il se distancia des démocrates. Quant à ses projets centralisateurs, ils paraissaient excessifs au centre libéral auquel il fut rattaché plus tard. Magistrat visionnaire, épris d'action, capable d'imposer ses vues, possédant le format d'un homme d'Etat, W. sut conserver l'estime des politiciens de tous bords et celle de la population.


Fonds d'archives
– Fonds, AFS
Bibliographie
– Gruner, L'Assemblée, 1, 683-684
– Altermatt, Conseil fédéral, 178-183

Auteur(e): Heinrich Staehelin / OME