13/01/2015 | communication | PDF | imprimer

Worb

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Comm. BE, distr. de Konolfingen, arrondissement administratif de Berne-Mittelland, dans le haut de la vallée de la Worble, comprenant les villages de W., Rüfenacht, Vielbringen, Richigen, Ried, Wattenwil, Enggistein et Bangerten. 1130-1146 Worw. 1543 hab. en 1764, 3185 en 1850, 3729 en 1900, 5116 en 1950, 10 895 en 2000.

De nombreux vestiges archéologiques furent mis au jour: trouvailles isolées du Néolithique et d'époque indéterminée au Murmösli et au Hubel, tumulus de Hallstatt au Buchliwald, nécropole de La Tène au Rohrmoos-Stockeren, tombes avec mobilier au Gschneitwald (La Tène) et à Vielbringen (haut Moyen Age), tombes à inhumation non datées à Rüfenacht ainsi qu'une villa des IIe-IIIe s. à la Sonnhalde et une sépulture romaine avec mobilier découverte en 1999 au Worbberg.

Des barons de Worvo sont mentionnés dès 1127. Dans la seconde moitié du XIIIe s., les barons de Kien héritèrent de la seigneurie et du château fort. Devenus combourgeois de Berne en 1336, ils cédèrent à la ville le service d'ost et la haute juridiction (peut-être seulement sur la zone du château). W. passa aux seigneurs de Seedorf en 1352, aux Krauchtal en 1393. Après plusieurs partages, la seigneurie fut réunifiée par Niklaus von Diesbach en 1469. Elle appartint plus tard à des bourgeois de Berne tels les Graffenried (1609) et les Sinner (1792). Elle correspondait au territoire de la paroisse de W., sans Rüfenacht ni Vielbringen (qui relevaient du tribunal de la ville de Berne) ni le hameau de Ried (seigneurie de Wil), mais avec Walkringen (jusqu'en 1398) et la seigneurie de Wikartswil (paroisse de Walkringen), Bangerten et les domaines d'Etzrüti, Schönbrunnen et Menzenwil (tous dans la paroisse de Vechigen), la seigneurie de Trimstein dès 1498 et Beitenwil dès 1473 (tous deux dans la paroisse de Münsingen). Elle détenait, outre la basse justice, les droits de chasse et pêche (coutumiers de 1473 et 1735) ainsi que le contrôle des poids et mesures (1762). Elle relevait, dans la juridiction (kibourgeoise, puis bernoise dès 1406) de Konolfingen, du sautier du district supérieur (sauf Trimstein, attribué au district inférieur) et, pour les affaires criminelles, du grand sautier de Berne. En 1469 éclata à Richigen un conflit de compétences entre le sautier et le représentant du seigneur de W., origine de la querelle des seigneurs justiciers (Twingherrenstreit, 1469-1471). Le château de W., centre de la seigneurie, fut construit avant 1130 (donjon, logis et maison des chevaliers), transformé et agrandi entre 1469 et 1594, puis pourvu d'un nouveau corps de logis en 1643. En 1734, Christoph von Graffenried fit bâtir le manoir de Neuworb appelé "nouveau château". Le château de Richigen, qui appartint aux Stettler, aux Wattenwyl et aux Dollfuss von Volckersberg, date de 1730 environ. Aux XVIIe et XVIIIe s., les trois seigneuries de W., Wikartswil et Trimstein constituaient un ressort unique; le tribunal siégeait à l'auberge de W. Les châteaux et domaines de W. passèrent en 1846 aux Goumoëns-Sinner. Le vieux château (sans les domaines) appartient depuis 1964 à la famille Seelhofer, le nouveau depuis 1985 aux Graffenried.

L'église Saint-Maurice, bâtie sur des tombes du haut Moyen Age, remplaça au XIe s. un édifice primitif en bois (ou une construction successive en pierre). Le clocher date d'après 1430, les peintures murales du troisième quart du XVe s., le chœur et ses vitraux de 1520-1521. Après la Réforme, la paroisse fut divisée en quatre quartiers pour la perception du droit des pauvres: W., Vielbringen-Rüfenacht, Richigen et Wattenwil-Enggistein. Les droits de patronage relevaient de la seigneurie; ils appartinrent brièvement aux Bubenberg au XVe s. et passèrent à l'Etat de Berne en 1839. L'église catholique Saint-Martin (1953), pour les communes de W. et Vechigen, a fait place en 1998 au centre paroissial actuel.

Les villages de la paroisse constituaient autant de terroirs, mais qui pouvaient partager leur vaine pâture (par exemple, le bois de Gschneit était ouvert aux gens de W., Trimstein et Richigen). L'essor démographique dans le quartier de W. rendit nécessaires en 1645-1685 et 1797 des règlements sur les droits d'usage des forêts et pâtures, fixant les parts de la seigneurie, des paysans et des Tauner. Le partage des communaux intervint en 1841-1845 dans le quartier de W., en 1851 dans celui de Richigen. La majorité des exploitations non agricoles, surtout dans le village de W., étaient des banalités: auberge, pinte, forges, teinturerie, scierie et moulin. Ce dernier détenait un monopole; pour lui fournir de l'énergie, les seigneurs de Kien avaient creusé après 1380 un canal captant les eaux du Biglenbach à Walkringen. L'industrialisation commença sur ses bords en 1804, avec un martinet. Après 1900, d'autres établissements apparurent: fabriques de machines, de meubles, de feutre, filature de laine, toilerie, brasserie, cidrerie, zinguerie, imprimerie, entreprise de construction. Les bains d'Enggistein, avec auberge et tribunal (mentionnés dès 1454, premier règlement en 1552, renouvelé en 1585) étaient affermés par la seigneurie de W.; ils fermèrent vers 1900.

La station de W. sur la ligne Berne-Lucerne (1859) était à l'écart du village, mais non celle des chemins de fer Berne-W. (1898) et du Worblental (1913), qui fusionnèrent en 1927. Grâce à ces trains, au réseau de bus postaux, aux liaisons routières (Berne-Lucerne et Rubigen-Berthoud) et à l'échangeur autoroutier de Rüfenacht, la commune est très bien desservie; le taux des migrations quotidiennes est élevé. En 1960-1980, W. se développa dans la plaine et sur les coteaux de la Sonnhalde et de la Lindhalde. Les zones industrielles de Worbboden et W.-CFF s'étendirent le long de la ligne du Worblental et autour de la station CFF, avec de nouvelles branches (électronique, fabrication d'appareils, ameublement et aménagement). En 2012, les plus gros employeurs étaient les transports régionaux et des entreprises actives dans les pompes à chaleur et le bois.

Avec l'école secondaire (1837), l'école des métiers (1860) et l'école ménagère (1886, puis centre de formation pour adultes de 1993 à 2004), W. joua un rôle régional. En 1860, la Société d'utilité publique fonda l'institut d'éducation pour pauvres d'Enggistein (maison d'éducation pour garçons dès 1911), fermé en 1936. Le foyer pour la jeunesse de la Fondation Viktoria prit ses quartiers à Richigen en 1961. En 2012, la commune entretenait dix établissements scolaires. La piscine, la patinoire, les places de sport et l'installation de protection civile de la Hofmatt sont utilisés à l'échelle régionale.

La commune se constitua en 1834 sur le territoire de la paroisse. Chacun des quatre quartiers conserva jusqu'en 1920 ses compétences et son exécutif. Par décret, le village de Bangerten fut donné à W. en 1881, en échange de l'enclave de Wiler (auj. comm. Vechigen). Un parlement communal de quarante membres et un Petit Conseil de neuf membres, dont un président à plein temps, furent introduits en 1972. Si les villages de W. et Rüfenacht ont pris un aspect urbain, le reste de la commune a gardé un caractère rural.


Bibliographie
– S. Rutishauser, Kirche Worb BE, 1985
– A. Burri, Die Siedlungs- und Flurnamen der Gemeinde Worb, 1995
– Z. Caviezel, Bauinventar der Gemeinde Worb, 2003
– H.R. Schmidt, éd., Worber Geschichte, 2005
– P. Eggenberger et al., Worb, Pfarrkirche, 2012

Auteur(e): Anne-Marie Dubler / PM