Soudan

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Les relations de la Suisse avec le S. ont souvent été déterminées par les rapports helvético-égyptiens. Sans avoir reconnu en 1951 l'abrogation du traité d'alliance anglo-égyptien de 1936 par le roi d'Egypte qui étend sa souveraineté au S., le Conseil fédéral reconnaît l'indépendance du S. le 11 janvier 1956, établit des relations diplomatiques en 1960 et ouvre une ambassade à Khartoum (dirigée par un chargé d'affaires) en 1961. Les Suisses y sont une trentaine en 1960, environ 80 en 1980 et 109 en 2010 (dont 49 doubles nationaux); les Soudanais dans la Confédération étaient 341 en 2010. Des missionnaires sont présents, notamment dès 1955. Les relations commerciales se développent surtout à partir des années 1950 (importations de coton et d'arachides; exportations de produits chimiques, de machines, de montres). Lors de la première période du gouvernement du général Nimeiry (1969-1971), la volonté d'instaurer un "socialisme soudanais" et de suivre l'exemple de Nasser entraîne la nationalisation de capitaux suisses en 1970. Leurs propriétaires (actifs dans les secteurs du coton, du ciment, des insecticides, des barrages et des assurances) mènent, avec des diplomates suisses et d'autres investisseurs étrangers, des négociations afin d'être indemnisés. Dès 1971, Nimeiry change de politique et accepte partiellement les requêtes suisses. De plus, une convention bilatérale signée en 1974 encourage et protège les investissements. Le S. ayant mis en œuvre dès 1978 un programme établi par le FMI, la Suisse lui accorde une aide financière relativement importante pour des raisons géopolitiques (32 millions de francs). Dès 1979, la Suisse participe au Club de Paris en tant que créancier de moyenne importance (env. 47 millions de francs) et apporte une aide humanitaire afin de secourir les victimes des guerres, famines et sécheresses. La seconde guerre civile soudanaise, opposant les séparatistes non musulmans du Sud (Soudan du Sud) au gouvernement central (1983-2005), et la guerre dans la province du Darfour (dès 2003) provoquent une véritable catastrophe humanitaire (env. 2,3 millions de morts et 6 millions de déplacés). La Direction du développement et de la coopération est présente au S. depuis 1994 où elle soutient des organismes des Nations unies et des organisations non gouvernementales. En 2010, la Confédération a investi 15,89 millions de francs dans l'aide humanitaire et la coopération bilatérale au développement. Si, en 2010, les exportations suisses s'élevaient à 43,9 millions de francs, les importations étaient quasi nulles (0,5 million).


Fonds d'archives
– Documentation du DFAE

Auteur(e): Marc Perrenoud