Mali

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Le Conseil fédéral reconnaît la Fédération du M. (avec le Sénégal) le 20 juin 1960, puis, après sa désagrégation, la République du M. le 26 septembre 1960; il établit des relations diplomatiques en 1961. Les premières années de l'indépendance de cette ancienne colonie française se déroulent sous le signe du "socialisme africain" et de l'amitié avec les pays communistes. Les autorités helvétiques gardent donc une prudente expectative. Des négociations entamées en 1962 n'aboutissent pas à garantir des conditions satisfaisantes pour les investissements suisses et les échanges bilatéraux. Toutefois dès 1970, le M. intéresse certains industriels actifs dans la chimie, le textile et le ciment. Cette évolution aboutit en 1977 à un accord de coopération technique, puis en 1978 à deux accords, l'un de commerce et de coopération économique, l'autre d'encouragement et de protection réciproque des investissements. Bien que les échanges économiques restent modestes, le M. est désormais un "pays de concentration" de la coopération au développement suisse qui favorise notamment les services de santé, l'entretien des routes, l'emploi de machines agricoles, l'approvisionnement hydraulique et un programme forestier. Les Suisses sont environ 30 en 1941, plus d'une centaine, surtout des coopérants, en 1988 et 62 en 2006. En 1983, le Conseil fédéral garantit contre les risques à l'exportation 155 millions de francs investis dans la construction d'un barrage. Ce projet, cofinancé avec des fonds arabes et européens, n'est pas soutenu par la Banque mondiale et suscite des critiques en Suisse en raison des conséquences économiques et écologiques qu'il entraîne. En 1987, des œuvres suisses aident à la réinstallation des 20 000 personnes déplacées du fait de cette réalisation. Dès 1989, des accords bilatéraux visent à rééchelonner les dettes du M. et à soutenir le "programme d'ajustement structurel" décidé par la Banque mondiale. En 1991, après le renversement du président accusé par la presse malienne d'énormes détournements de fonds, le DFAE prend une décision sans précédent en soutenant financièrement les démarches du gouvernement malien afin de lui permettre de retrouver et de récupérer ces capitaux publics qui auraient pris le chemin de la Suisse.


Fonds d'archives
– Documentation du DFAE
Bibliographie
– A.-M. Hochet, Appui aux initiatives de base Niafunké-Mali, 1989

Auteur(e): Marc Perrenoud