12/06/2002 | communication | PDF | imprimer | 

Afghanistan

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Lieu de passage des envahisseurs de l'Inde (passe de Khyber), l'A. fut protectorat anglais de 1879 à 1919. Le Conseil fédéral reconnut son indépendance en 1922, conclut une convention d'amitié, d'établissement et de séjour en 1928 et un accord sur les services aériens en 1961. Les échanges restent limités: la Suisse achète des tapis et de l'opium à l'A. et lui vend des machines et des produits pharmaceutiques. L'opinion publique et les milieux d'affaires suisses s'intéressent peu à l'A. qui en 1954 ne trouve pas de partenaire helvétique pour participer à l'exploitation des gisements pétrolifères. Dans les années 1960, une trentaine de Suisses réside à Kaboul, travaille dans le commerce ou pour des organisations internationales, en particulier pour l'Unesco. Après la réorganisation du Musée national de Kaboul par Jean Gabus (1957-1960), les contacts culturels continuent notamment grâce aux ethnologues suisses.

Provoquant une vive indignation en Suisse, l'invasion soviétique à la fin de décembre 1979 incite le Conseil fédéral à exprimer, le 9 janvier 1980, son inquiétude en raison de la violation des principes fondamentaux de l'ordre international; préoccupé par la défense des droits de l'homme et des gens, le gouvernement exprime l'espoir que le peuple afghan pourra déterminer son destin à l'abri de toute intervention étrangère. Sans rompre les relations diplomatiques avec le gouvernement installé par l'URSS (ambassade à Téhéran), le Conseil fédéral traduit l'émotion suscitée par cette intervention militaire qui va renforcer les réactions anticommunistes en Suisse et interrompre un début de coopération au développement. De plus, la solidarité avec les victimes de la guerre est favorisée par les échanges culturels antérieurs à 1979 (Association suisse des amis de l'A.). Par la suite, en réponse à des interventions parlementaires, le Conseil fédéral renouvelle sa condamnation de l'occupation soviétique et cherche à favoriser les efforts pour une solution pacifique et négociée. Son activité diplomatique reste limitée (rôle minime dans les entretiens entre belligérants à Genève; accueil de blessés en Suisse; garde temporaire de onze prisonniers soviétiques, à la suite d'un arrangement entre l'URSS, le CICR et la résistance afghane). De 1979 à 1990, plus de 35 millions de francs sont versés en faveur des réfugiés afghans au Pakistan et en Iran. Cette aide est gérée par l'intermédiaire du CICR et d'organisations internationales, dont le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l'Unicef et la Banque mondiale. De 1979 à 1991, plus de 1200 Afghans demandent l'asile en Suisse; les autorités les acceptent en partie. On recense quelque 540 Afghans en Suisse en 1990, 1174 (dont 265 demandeurs d'asile) à la fin de 1997. En 2000, le Conseil fédéral a décidé d'appliquer, comme l'ONU, des sanctions à l'encontre des talibans (3e république afghane, islamiste, depuis 1992). Une riche documentation sur l'A. est conservée à Liestal par la Stiftung Bibliotheca Afghanica (Schweizerisches Afghanistan-Archiv), créée en 1975.


Fonds d'archives
– Documentation du DFAE

Auteur(e): Marc Perrenoud