• <b>Norvège</b><br>Le couple royal norvégien en compagnie du président de la Confédération Moritz Leuenberger à Saint-Gall, le 6 avril 2006  © KEYSTONE / Regina Kuehne. Lors de la visite d'Etat du roi Harald V (à droite) et de la reine Sonja, les services du Conseil fédéral avaient organisé une visite de la bibliothèque baroque de l'abbaye de Saint-Gall.

Norvège

Royaume scandinave de 323 800 km², comptant 4,7 millions d'habitants (2008), la N. vécut dès 1380 sous le régime de l'union avec le Danemark. En 1814, la couronne norvégienne échut à la Suède. La N. obtint alors une constitution parlementaire. Cette seconde union fut abolie en 1905, à la suite de deux scrutins populaires, et la N. devint un Etat indépendant, avec sa propre monarchie, aussitôt reconnu par la Suisse.

Dès le XVIIe s., des Suisses émigrèrent en N. et y firent souche. Le premier serait Samuel Plietz, directeur de la mine d'argent de Kongsberg dès 1624. Au XVIIIe s., plusieurs Glaronais s'installèrent dans des villes norvégiennes, où certains ont aujourd'hui encore des descendants (familles Trümpy et Blumer). Les plus importants appartenaient aux familles Hefti et Tschudi. Une rue d'Oslo porte le nom de Thomas Heftye, banquier et consul, naturalisé en 1791. Son beau-frère, Melchior Tschudy, directeur de la mine de sel de Vallö, s'établit à Oslo en 1814. Friedrich Otto, résidant à Farsund, fonda au XVIIIe s. une famille de comédiens. Des ressortissants d'autres cantons s'installèrent en N., ainsi le Thurgovien Otto Herzog qui, entre 1888 et 1930, fit des usines Arne à Ytre Arna (Bergen) la plus grande entreprise cotonnière du pays (filature et tissage). A l'instigation de la Société pour le bien-être de la N., des paysans suisses vinrent dans le pays pour y diffuser de nouvelles méthodes, surtout dans le domaine de la production laitière. Environ quatre-vingts fromagers et laitiers glaronais, zurichois et schwytzois se rendirent ainsi en N. entre 1836 et 1869.

La Suisse eut dès 1847 un consulat à Oslo (consulat général en 1921). La N. ouvrit en 1906 un consulat général à Zurich; dès 1918, son ambassadeur à Rome fut accrédité à Berne et le représentant suisse à Stockholm le fut à Oslo. Les légations ouvertes à Berne et Oslo après la Deuxième Guerre mondiale furent élevées au rang d'ambassades en 1955 et 1957. Les compétences du ministre, puis ambassadeur de Suisse à Oslo s'étendirent à l'Islande en 1951. Les traités de commerce et d'établissement conclus au temps de l'union (1894) restèrent en vigueur après l'indépendance. Il s'y ajouta en 1906 la clause de la nation la plus favorisée, étendue au Spitzberg en 1920, des accords sur la résolution des conflits (1925), le trafic aérien (1954), la double imposition (1956, 1957, 1987), la sécurité sociale (1979) et l'échange de stagiaires (1986). Les visites d'Etat des rois Olav V (1968) et Harald V à Berne (2000, 2006), comme la visite du président de la Confédération Kaspar Villiger en N. (2002) ont contribué à renforcer les relations politiques entre les deux pays.

<b>Norvège</b><br>Le couple royal norvégien en compagnie du président de la Confédération Moritz Leuenberger à Saint-Gall, le 6 avril 2006  © KEYSTONE / Regina Kuehne.<BR/>Lors de la visite d'Etat du roi Harald V (à droite) et de la reine Sonja, les services du Conseil fédéral avaient organisé une visite de la bibliothèque baroque de l'abbaye de Saint-Gall.<BR/>
Le couple royal norvégien en compagnie du président de la Confédération Moritz Leuenberger à Saint-Gall, le 6 avril 2006 © KEYSTONE / Regina Kuehne.
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Les relations économiques se déroulent dans le cadre multilatéral de l'OCDE, de l'OMC et de l'AELE (qui depuis 1995 ne compte plus que quatre membres, dont la N. et la Suisse). En raison de scrutins populaires négatifs (1972 et 1994), la N. n'a pas adhéré à l'UE, mais elle fait partie depuis 1994, comme l'Islande et le Liechtenstein, de l'EEE. La balance commerciale est traditionnellement positive pour la Suisse, dont les exportations vers la N., consistant surtout en machines (31%) et produits pharmaceutiques (19%), atteignaient 835 millions de francs en 2007, contre 408 millions d'importations (produits métalliques pour 28%, machines, produits agricoles, produits chimiques de base). En 2005, les investissements directs en N. d'entreprises suisses (principalement Nestlé, ABB, Electricité de Laufenbourg et Georg Fischer dans le secteur industriel, Adecco, Kuoni, la Société générale de surveillance, Hangartner et SwissLife dans le secteur des services) se montaient à 2,3 milliards de francs, ce qui plaçait la Suisse, à cet égard au septième rang en N.; la même année, les investissements norvégiens en Suisse représentaient 820 millions de francs. En 2007, 1538 Norvégiens habitaient en Suisse, surtout des étudiants (on en comptait plus de 300 à l'EPF de Zurich entre 1960 et 1970) et 2103 Suisses en N., dont 1252 doubles nationaux. Le plus connu des Norvégiens ayant vécu en Suisse est Fridtjof Nansen (1861-1930), explorateur de l'Arctique et diplomate, qui travailla dès 1920 à Genève pour le CICR et comme haut commissaire de la SdN pour les réfugiés.


Fonds d'archives
– AFS
– Documentation du DFAE
Bibliographie
– D. Enersen, «Schweizer Einwanderung in Norwegen», in Schweizer Revue, cah. 2, 3, 1986
– A. Guddal-Sägesser, Zur Auswanderung von Schweizer Melkern und Käsern nach Norwegen im 19. Jahrhundert, mém. lic. Zurich, 1991

Auteur(e): Rolf Stücheli / PM