Luxembourg

Grand-duché et membre de la Confédération germanique depuis 1815, le L. adhéra en 1843 au Zollverein, par l'intermédaire duquel il eut des liens économiques avec la Suisse. Indépendant depuis 1866, ce pays neutre fut victime par deux fois (en 1914 et 1940) d'une invasion allemande; c'est pourquoi il rejoignit après la Deuxième Guerre mondiale les alliances militaires du pacte de Bruxelles (1948) et de l'Otan (1949). Après avoir signé en 1929 un accord avec l'Union économique belgo-luxembourgeoise, formée par la Belgique et le L. en 1921, la Suisse fut confrontée en 1948 aux nouvelles modalités douanières des Etats du Benelux (union d'abord douanière, puis économique dès 1958). Les relations commerciales avec le L. sont proportionnelles à sa modeste grandeur; dans les statistiques, ces échanges étaient regroupés avec ceux de la Belgique jusqu'en 1999. Les exportations suisses s'élevaient en 2005 à 577,3 millions de francs contre des importations de 283,9 millions.

Outre les accords économiques, la Suisse a signé d'autres traités importants avec le L.: sur le règlement pacifique des conflits (1929), le trafic aérien (1951), les assurances sociales (1955), la sécurité sociale (1967) et la double imposition (1993). Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis 1938. Le ministre (ambassadeur dès 1957) suisse à Bruxelles était aussi accrédité au L. (1938-1970), puis une ambassade suisse y fut installée en 1970. Le Conseil fédéral y envoya en outre un consul suisse en 1945. Des consulats luxembourgeois furent ouverts à Berne (1918), Genève (1922) et Lausanne (1925). En 2005, 956 Suisses (dont 499 doubles nationaux) vivaient au L. et 1027 Luxembourgeois en Suisse. La grande-duchesse Charlotte et le prince Félix se rendirent en Suisse en 1947 et le conseiller fédéral René Felber(Affaires étrangères) fit de même au L. en 1989. Depuis lors, les visites officielles se sont multipliées de part et d'autre. Les places financières des deux pays sont entrées en concurrence dès les années 1990, bien qu'une certaine division des tâches se soit établie ces derniers temps. Elles ont toutefois des intérêts communs, face aux attaques contre le secret bancaire et l'autonomie fiscale.


Sources imprimées
DDS, 9 et 16-18

Auteur(e): Eric Flury-Dasen / EVU