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Grindelwald

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Comm. BE, distr. d'Interlaken, située dans la vallée de la Lütschine noire, au pied des sommets les plus connus des Alpes bernoises. Très étendue (171 km2), la commune est divisée en sept communautés d'alpage. Son habitat, essentiellement dispersé, se densifie dans le centre touristique de G., qui forme un village allongé. 1146 Grindelwalt. 1816 hab. en 1764, 2924 en 1850, 3346 en 1900, 3662 en 1910, 2998 en 1920, 3053 en 1950 et 4069 en 2000.

Quelques objets du Néolithique ont été découverts au village et une monnaie romaine au Männlichengrat. Une place forte médiévale se trouvait sur le Burgbühl. En 1191, le bailli impérial Berthold V de Zähringen vainquit, dans la vallée de G., les barons révoltés de l'Oberland. Dès 1146, l'empereur Conrad III y donna des biens d'Empire au couvent de chanoines de Saint-Augustin d'Interlaken qui, du XIIIe au XVe s., arrondit ses possessions dans la région par des donations et des achats de droits de justice, de terres et d'alpages, succédant ainsi peu à peu aux barons (notamment les Rotenfluh-Unspunnen, Ringgenberg et Eschenbach) et aux Habsbourg d'Autriche. La politique pro-autrichienne du monastère força les serfs de G. à participer en 1315 et 1332 à des expéditions militaires contre Unterwald, qui les attaqua en 1342. En 1348-1349, ils furent parmi les Oberlandais qui se soulevèrent contre la domination du couvent. En 1528, ils s'opposèrent en vain à l'introduction de la Réforme. Après leur capitulation devant les troupes bernoises, la basse juridiction de G. fut intégrée au bailliage d'Interlaken.

Une église en bois fut élevée dans la vallée au milieu du XIIe s. et remplacée vers 1180 par une construction en pierre, dédiée à Marie. A la suite de glissements de terrain, un nouveau sanctuaire dut être bâti au début du XVIe s. L'église actuelle date de 1793. Son patronage appartenait au couvent d'Interlaken depuis 1180 au plus tard. Il passa à Berne en 1528. La chapelle Sainte-Pétronille est mentionnée en 1341.

En 1538, les gens de la vallée élaborèrent leur premier rôle commun (Taleinung) sur la base d'anciens règlements d'alpages. Dès lors et jusqu'à aujourd'hui, les droits d'alpages communautaires furent liés à la possession d'un domaine dans la vallée et ils ne pouvaient être vendus à des étrangers. Chacune des sept communautés d'alpage (Itramen, Wärgistal, Scheidegg, Grindel, Bach, Holzmatten et Bussalp), qui existent toujours, formait une corporation indépendante avec son propre conseil. Les revenus provenaient de l'élevage, du travail du bois et du tissage à domicile.

Dès la fin du XVIIIe s., un nombre croissant d'étrangers, surtout anglais, fascinés par les Alpes furent attirés par le panorama exceptionnel de G. et par les langues de ses glaciers (le supérieur et l'inférieur), qui descendaient jusque dans la vallée. Les nombreuses descriptions et gravures qu'elle suscita firent connaître la région dans le monde entier. Né au début du XIXe s., l'alpinisme se développa depuis 1850. Des guides locaux accompagnèrent les alpinistes anglais lors des premières ascensions du Finsteraarhorn (1812), Wetterhorn (1854), Eiger (1858), Schreckhorn et Fiescherhorn (1861-1862). La construction de la route (1860-1872) et d'une ligne des chemins de fer de l'Oberland bernois (1890) facilitèrent l'accès à G., première station climatique de l'Oberland bernois à s'ouvrir aux sports d'hiver en 1888, avec la luge, le curling et le patinage comme principales attractions, le ski dès 1891, plus tard encore le bob et le hockey sur glace. Le nombre d'hôtels passa de dix en 1889 à trente-trois en 1914. Le premier chemin de fer à crémaillère, menant de Wengen à la Petite Scheidegg (Wengeralpbahn), fut inauguré en 1893 et prolongé en 1912 jusqu'au Jungfraujoch. Le Club alpin suisse construisit de nombreuses cabanes, destinées aux alpinistes et aux randonneurs. Après une longue crise, due aux deux guerres mondiales et à la grande dépression, le tourisme reprit vigoureusement après 1945, notamment grâce à la mise en place d'un système para-hôtelier important (location de chalets, pensions, colonies de vacances, campings). Les télésièges du First (1947) et du Männlichen (1978), des skilifts, des lignes d'autobus ouvrirent aux skieurs et aux randonneurs un vaste domaine avec auberges de montagne. Aujourd'hui, l'économie de la commune dépend à 90% du tourisme, réparti à égalité entre les saisons d'été et d'hiver, étroitement associé à l'agriculture traditionnelle et à l'artisanat indigène (bois et construction). La région de G. a fait l'objet d'études scientifiques, comme celle de l'alpiniste anglais William Augustus Brevoort Coolidge dans les Alpine Studies (1912) ou celle, portant sur les effets du tourisme, menée par l'institut de géographie de l'université de Berne dans le cadre du programme de recherche de l'Unesco, Man and Biosphere, (1979-1984). Très étendue, la commune comprend sept écoles primaires et une secondaire.


Bibliographie
– H. Michel, Grindelwald, 1953 (all. 1953)
– A. Kröner, Grindelwald: Die Entwicklung eines Bergbauerndorfes zu einem internationalem Touristenzentrum, 1968
– C. Rubi et al., Im Tal von Grindelwald, 6 vol., 1985-1993
Leitbild Grindelwald 2000, 1987
– M. Matile, Kirche und Pfarrhaus von Grindelwald, 1990

Auteur(e): Anne-Marie Dubler / LD