Eaux-Vives, Les

Ancienne comm. GE, rattachée à la ville de Genève en 1930. Sur la rive gauche du lac Léman, Les E. comprennent les quartiers des Contamines, de Florissant, de Malagnou, de Montchoisy, de Villereuse et des Vollandes et les groupes d'habitations des Allières, de la Grande et la Petite Boissière, de la Cuisine et de Grange-Canal. 1442 iuxta nontum Fontium Vivorum. 2000 hab. en 1850, 11 872 en 1900, 20 917 en 1930. Le nom des E. est celui d'un lieudit au-dessous de Montchoisy où jaillissaient de nombreuses sources qui alimentaient Genève en eau potable. Plusieurs stations littorales (Néolithique et Bronze). On découvrit en 1888, dans l'actuel parc de la Grange, une villa datant de la seconde moitié du Ier s. apr. J.-C. La plus ancienne représentation que l'on connaisse des E. est celle qui figure sur un des panneaux du retable de Saint-Pierre (La pêche miraculeuse), peint en 1444 par Conrad Witz. Avant la Réforme, le territoire des E. faisait partie de la paroisse de la Madeleine. En 1727, Les E. furent rattachées à la paroisse de Cologny, jusqu'à la création d'une charge de pasteur en 1831. Situées hors les murs de la ville de Genève, mais comprises dans le territoire des Franchises, Les E. étaient une partie du riche faubourg du Temple, ainsi dénommé à cause de l'église que les templiers y avaient fondée au XIIe s. Les maisons se regroupaient principalement sur les bords du lac et autour du terrain marécageux du Pré-l'Evêque, où les membres de l'Exercice du jeu de l'arc, dont les premiers statuts datent de 1529, exerçaient leur art depuis le Moyen Age. Ce faubourg, ainsi que les quatre autres qui ceinturaient la ville, fut détruit par les Genevois dans les années 1530-1540, pour des raisons de sécurité militaire. Ce n'est qu'à partir du XVIIIe s. que les faubourgs renaîtront. Des pêcheurs, des bateliers et des artisans repeuplèrent alors Les E.; des manufactures d'indiennes, dont celle de Jean-Philippe Petit, s'y installèrent. Le déclin des indienneries s'amorça dès 1785 en raison des mesures protectionnistes prises par le gouvernement français; elles disparurent complètement vers 1830-1835.

Après l'annexion de Genève par la France en 1798, Les E. devinrent une commune politique: son Conseil municipal se réunit pour la première fois le 28 décembre 1800. La construction du port de la Scie en 1836-1838, premier grand port hors les murs de Genève, fut une source de revenus importants pour la commune, notamment grâce à la location des emplacements pour le dépôt de marchandises. Avec la démolition des fortifications de Genève, commencée en 1850, l'extension urbaine put se développer. Ce fut le premier pas vers la fusion des E. avec la ville de Genève. Les nouveaux quartiers genevois construits sur les terrains libérés vinrent se souder à la commune des E. et précipiter son urbanisation: de nombreuses artères furent percées afin de faciliter la communication avec la ville; on ouvrit en 1864 une ligne de tramway reliant Rive à Chêne-Bougeries. La construction par les Français en 1888 de la gare des Vollandes (gare des E.), terminus de la ligne Annemasse-Genève, s'inscrivit dans un vaste projet, celui de prolonger cette ligne jusqu'à la gare principale de Genève-Cornavin, ce qui aurait permis le raccordement de la ligne Lyon-Genève au réseau de Savoie. Ce projet n'ayant jamais abouti, la ligne, propriété de la SNCF, n'est actuellement utilisée que par des touristes et quelques travailleurs frontaliers. Le 18 mai 1930, le peuple genevois accepta la loi constitutionnelle du 22 mars 1930 prévoyant, entre autres, la fusion des communes des E., de Plainpalais et du Petit-Saconnex à celle de Genève. La commune des E. s'y était néanmoins opposée par 1256 non contre 1212 oui.


Bibliographie
– C. Fontaine-Borgel, Hist. des communes genevoises de Vandœuvres, Collonge-Bellevue, Cologny et des Eaux-Vives, 1890
– L. Blondel, Les Faubourgs de Genève au XVe s., 1919
– J.-P. Ferrier, La commune des Eaux-Vives de sa création à la fusion, 1931

Auteur(e): Jacques Barrelet