Courgenay

Comm. JU, distr. de Porrentruy, comprenant C. et le hameau de Courtemautruy. Les localités de Courtemblin et de Courtari ont été abandonnées avant ou lors de la guerre de Trente Ans. 1139 Corgennart. 739 hab. en 1770, 823 en 1818, 1098 en 1850, 1568 en 1900, 1511 en 1950, 2062 en 2000.

Monolithe de la Pierre Percée (env. 3000 av. J.-C.). Villa romaine partiellement explorée au XIXe s. au lieudit La Condemène. Le chapitre de Saint-Ursanne était propriétaire d'une terre à C. en 1139. L'abbaye de Lucelle y avait de vastes propriétés (entre autres une grange à Courtemautruy) et le patronage de l'église dès 1254. A la fin du XIIIe s., C., qui dépendait jusqu'alors du comté de Ferrette, fut rattaché à l'avouerie d'Ajoie, intégrée à l'évêché de Bâle. Le village fit partie de la grande mairie d'Alle jusqu'en 1792, des départements français du Mont-Terrible, puis du Haut-Rhin (1793-1814), du bailliage puis district bernois de Porrentruy (1815-1978). Il fut particulièrement touché par la guerre de Trente Ans et fut au centre des Troubles de 1730-1740; l'un des chefs des paysans révoltés, Pierre Péquignat, était de C. Statut de commune mixte en 1836. La paroisse (droit de collature à l'abbaye de Lucelle) releva du diocèse de Besançon jusqu'en 1779, ensuite de celui de Bâle. L'église Notre-Dame-de-l'Assomption fut reconstruite en 1761 et en 1854-1856. Chapelle Saint-Eloi à Courtemautruy (1783). De la sentence de 1314 au jugement de 1865, C. et la commune voisine d'Alle se disputèrent la jouissance de la forêt dite Montagne d'Alle, située sur C. L'arrivée du chemin de fer en 1877 favorisa l'industrialisation du village (horlogerie, bonneterie, cigares). Une zone industrielle (techniques de précision, mécanique, microtechnique) intercommunale a été inaugurée en 1983. Remaniement parcellaire en 1985. C. est connu depuis la Première Guerre mondiale dans toute la Suisse grâce à la "petite Gilberte de C.".


Bibliographie
– L. Vautrey, Notices hist. sur les villes et les villages du Jura bernois, 1, 1863, 171-323 (réimpr. 1979)

Auteur(e): Dominique Prongué