Noirmont, Le

Comm. JU, distr. des Franches-Montagnes. S'étendant du haut plateau (à 1100 m env.) aux rives du Doubs, elle comprend plusieurs hameaux: Les Barrières, Le Cerneux-Joly, Le Creux-des-Biches, Les Esserts, Le Peu-Péquignot, Sous-les-Craux, Les Côtes. 1454 Noirmont, ancien nom all. Schwarzenberg. 878 hab. en 1818, 1544 en 1850, 1892 en 1870, 1681 en 1900, 1455 en 1950, 1561 en 2000. Dans l'évêché de Bâle, Le N. fit partie de la seigneurie des Franches-Montagnes, avant d'être rattaché aux départements français du Mont-Terrible puis du Haut-Rhin (1793-1813) et au canton de Berne (1815-1978). Au plan spirituel, la communauté du N., apparue vers 1400, releva de la paroisse mère de Montfaucon jusqu'à la création de la paroisse en 1596. Une chapelle fut érigée en 1513. L'ancienne église Saint-Hubert (XVIIe s., nef reconstruite en 1883-1884), désaffectée en 1969, est devenue un espace d'animations culturelles. La nouvelle église Saint-Hubert a été construite entre 1964 et 1969. L'horlogerie introduite dans les Franches-Montagnes à la fin du XVIIIe s. fit du N. un centre important de la boîte argent et or, avec bureau de contrôle des métaux. Le grand essor horloger de la seconde moitié du XIXe et du début du XXe s., avec l'apparition des fabriques de montres (Pronto, Aubry Frères), transforma Le N. en village urbanisé au détriment des hameaux désertés. Station des Chemins de fer du Jura (lignes Saignelégier-La Chaux-de-Fonds, 1892, Le N.-Tramelan, 1913). Usine électrique de La Goule sur le Doubs (bâtie en 1893-1894). Ecole secondaire (1904) et école libre catholique des Côtes (1919-1999) dans l'ancien orphelinat de 1904. L'économie est en expansion depuis 1985: horlogerie, décolletage, mécanique de précision, fabrication de fromage (tête de moine), restauration, tourisme (entre autres équestre). Le secteur secondaire offrait 46% des emplois en 2005 (60% en 1910, 68% en 1960). L'ancien pensionnat de Roc-Montès (1905-1907) abrite depuis 1985 le Centre jurassien de réadaptation cardio-vasculaire. Un festival de musique, le Chant du Gros, est organisé au N. depuis 1991, ainsi que le carnaval des Franches-Montagnes depuis le début des années 1990.


Bibliographie
– A.-P. Prince, Le Noirmont à travers les âges, 1955
– F. Noirjean, «La grande communauté du Noirmont», in Le Franc-Montagnard, 21.2.1974
– M. Arnoux, «Le Noirmont: un village périphérique face à son avenir économique», in Les Intérêts de nos régions, 1984, 165-190
– L. Marti et al., Carimentran: le carnaval franc-montagnard, 1998

Auteur(e): François Kohler