14/07/2005 | communication | PDF | imprimer

Charles Quint [Charles V]

naissance 24.2.1500 à Gand, décès 21.9.1558 à San Jerónimo de Yuste (Espagne). Fils de l'archiduc Philippe le Beau, roi de Castille, et de Jeanne la Folle. ∞ 1526 Isabelle de Portugal, fille du roi Emmanuel Ier. Duc de Bourgogne en 1515, roi d'Espagne en 1516, élu empereur (roi des Romains) en 1519 et couronné en 1530. La politique étrangère de C., visant l'hégémonie sur l'Europe, fut caractérisée par de nombreuses guerres contre la France. Les deux camps accordaient une importance décisive aux mercenaires suisses et entreprirent des efforts diplomatiques et financiers pour obtenir le monopole de leur recrutement. Lors des guerres d'Italie, les mercenaires étaient du côté français aux batailles de la Bicoque (1522) et de Pavie (1525). Après que C. eut remis à son frère Ferdinand, en 1521-1522, les biens patrimoniaux des Habsbourg, donc les territoires voisins de la Suisse au nord et à l'est, il considéra la Confédération du point de vue bourguignon et, de plus en plus, hispano-milanais. En conséquence, il envoya aux Confédérés des ambassadeurs bourguignons, puis italiens.

Lors des périodes de paix, C. s'occupa de la division religieuse de l'Empire. Après que l'interdiction de la doctrine luthérienne (édit de Worms, 1521) se soit révélée irréalisable, C. tenta de résoudre le conflit par des concessions temporaires aux réformés, d'autant plus qu'il dépendait des subsides des princes protestants de l'Empire pour financer la guerre contre les Turcs. A la diète d'Augsbourg de 1530, C. donna aux protestants l'occasion de présenter leurs thèses (Confession d' Augsbourg), et la Fidei ratio de Zwingli y fut également discutée. L'empereur avait sollicité du réformateur zurichois cette prise de position; mais ce résumé remarquable de la théologie zwinglienne n'influença pas la politique ecclésiastique impériale. Le conflit religieux eut également des conséquences sur les relations diplomatiques que C. entretenait avec les Confédérés: Zurich, traditionnellement plutôt favorable aux Habsbourg, n'entrait plus en ligne de compte comme résidence pour les ambassadeurs de l'empereur; ces derniers s'installèrent donc dans la Lucerne catholique, tout en déplorant souvent les tendances francophiles de cette ville. En 1555, les Etats allemands obtinrent la reconnaissance du statu quo politico-religieux lors de la paix d'Augsbourg -- un compromis que C. ne put accepter. Il abdiqua en 1556.

C. avait tenté de mener une politique supranationale, à l'aide d'un système de régences et d'une abondante correspondance. Compte tenu des moyens à sa disposition, il y est étonnamment bien parvenu. On parle beaucoup de son "échec", mais ce jugement est porté en fonction d'une conception de l'administration propre aux Etats des XIXe et XXe s. C. divisa son empire entre ses successeurs: son frère Ferdinand reçut les biens patrimoniaux des Habsbourg, son fils (Philippe II) les territoires espagnols et bourguignons. La Confédération eut donc pour voisins les Habsbourg d'Espagne à l'ouest (Franche-Comté) et au sud (Milanais) et les Habsbourg d'Autriche au nord (Autriche antérieure) et à l'est (Vorarlberg).


Bibliographie
– K. Brandi, Charles-Quint, 1939 (all. 1937-1941)
– G. Locher, «Huldrych Zwingli an Karl V.», in Theologische Zeitschrift, 46, 1990, 205-218
– H. Rabe, Deutsche Geschichte 1500-1600, 1991, 219-461
– B. Braun, Die Eidgenossenschaft, das Reich und das politische System Karls V., 1997

Auteur(e): Bettina Braun, Franziska Hälg-Steffen / ABI