11/08/2005 | communication | PDF | imprimer

Corsier (GE)

Comm. GE, rive gauche du Léman. 1297 Corsiacum. De 1816 à 1858, C. forma une commune avec Anières. 607 hab. en 1850 (avec Anières), 276 en 1860, 355 en 1900, 309 en 1930, 363 en 1950, 948 en 1970, 1682 en 2000.

1 - Les stations littorales

Une vaste station littorale préhistorique immergée a été signalée dès 1858 par Hippolyte-Jean Gosse et mentionnée en 1930 par David Viollier. Ce site palafittique est appelé La Gabiule par les auteurs anciens, mais sa localisation correspond plutôt au lieudit C.-Port. C'est le seul ensemble de vestiges lacustres où sont représentées toutes les périodes d'occupations préhistoriques des rives du Léman. Une étude globale du site, réalisée de 1977 à 1981, a mis en évidence des restes d'habitations attribués au Néolithique moyen (civilisation de Cortaillod), au Néolithique final, au Bronze ancien et au Bronze final. Les villages occupaient une surface totale de plus de 400 x 100 m, à env. 80 m de la rive actuelle. Ils se trouvent aujourd'hui sous une profondeur d'eau comprise entre 3 et 5 m. Les pilotis ne sont conservés que sur la moitié nord du site; ils sont datés du Néolithique moyen et du Bronze final. Un lambeau de couche archéologique déposée au Néolithique moyen est encore présent sur la moitié nord de la station. L'analyse dendrochronologique de 253 pieux a fourni huit phases d'abattage; une seule est attribuée au Néolithique moyen (3856 av. J.-C.), les autres correspondent au Bronze final et sont échelonnées entre les années 891 et 834 av. J.-C.

Auteur(e): Pierre Corboud

2 - De l'époque romaine au XXe siècle

Villa près de l'église actuelle. C. est mentionné pour la première fois au XIIIe s. quand les nobles de Compey, vassaux des Faucigny, cédèrent leurs droits au comte de Genève. Au XIVe s., toute la région est dominée par la maison de Savoie (bailliage du Chablais); occupée de 1536 à 1564/1567 par Berne, elle est restituée au duc. Des bourgeois de Genève, héritiers de certains droits du chapitre cathédral, exploitèrent des domaines à C. Sous le régime français, C. fit partie des départements du Mont-Blanc puis du Léman. En 1816, C. et Anières, réunis à Genève par le traité de Turin, formèrent une commune du nouveau canton. De faibles revenus conjugués à de grosses dépenses avivèrent les inimitiés entre les deux villages et aboutirent en 1858 à la division de la commune. La paroisse, citée dès 1323, releva de l'évêque de Genève puis du chapitre. L'église Saint-Jean-Baptiste s'élève sur des fondations romaines, possède un chœur rectangulaire (XIIIe ou début XIVe s.), une abside semi-circulaire et un clocher-porche; elle a été restaurée en 1970 et 1983. Berne imposa le culte réformé en 1536, mais la restauration des Savoie marqua le retour au catholicisme. A la fin du XVIe s., la paroisse d'Anières fut jointe à celle de C. Saint François de Sales fut curé de C. entre 1595 et 1601. La famille noble de C. (disparue après 1428) possédait une maison forte; le château actuel (bâti sans doute sur le même emplacement dans la seconde moitié du XVIIe s.) fut plusieurs fois rénové (la dernière fois en 1972). Il abrita au XIXe s. une brasserie. Les troupes genevoises manœuvrèrent à C. de 1853 à 1876 et la poudrière du canton y fut en activité à cette époque. Proche de Genève, sur la ligne du tramway Vésenaz-Hermance (1901, remplacé par un autobus), C. connaît un développement démographique constant depuis 1960. Malgré la construction d'un gros complexe immobilier (1971) et de nombreuses villas, C. a voulu sauvegarder son caractère rural, rejetant un projet de port dans la baie et refusant toute densification de l'habitat (1986).

Auteur(e): Fabia Christen

Références bibliographiques

Bibliographie
– A. Bayer, L'hist. de la paroisse de Corsier-Anières, 1980 (21987)
– A. Brulhart, E. Deuber-Pauli, Ville et canton de Genève, 1985 (21993)
– P. Corboud, V. Seppey, «Les stations littorales préhistoriques du Petit-Lac et la céramique Néolithique moyen de Corsier-Port GE», in ArS, 14, 1991, 181-189