La région, relevant du seigneur de Valangin, fut colonisée tardivement. La C. connaît un début de colonisation venue du Val-de-Ruz dès le milieu du XIVe s. A cette colonisation provenant du sud s'ajoutera aux XVe s. et XVIe s., lors de la seconde colonisation du Jura neuchâtelois, une migration issue du Clos de la Franchise, soit des vallées du Locle et de La Sagne affranchies en 1372 par Jean II d'Aarberg. Les défricheurs s'installent durablement sur le territoire actuel de La C., divisé en dix quartiers dîmeurs. L'activité principale est l'élevage. L'absence de structure administrative et ecclésiastique explique partiellement le faible développement de la communauté. Il n'y a à La C. ni église, ni mairie, ni plaid (justice). L'espace géographique demeure flou, notamment à l'est où la frontière avec l'évêché de Bâle est mal définie. Une première église dédiée à saint Humbert (Imier?) est consacrée en 1528 par l'évêque de Besançon Pierre Tassard qui agit au nom de l'évêque de Lausanne. Comme le reste de la seigneurie, La C. adoptera la Réforme dans les années 1530. Les limites de la paroisse sont fixées en 1550 par René de Challant, seigneur de Valangin. Avec la paroisse naît une petite communauté de bourgeois de Valangin, de francs-habergeants et de taillables. En 1616, La C. devint dépendante du Locle et de La Sagne pour la basse et la moyenne justice, la justice criminelle étant rendue à Valangin. La vie économique demeure liée à l'agriculture. Elle est complétée par l'activité des moulins au bord du Doubs. La C. devient un carrefour important pour le trafic entre Neuchâtel et la Franche-Comté ou l'évêché de Bâle.
Auteur(e): Jean-Marc Barrelet