29/09/2004 | communication | PDF | imprimer

Bevaix (commune)

Comm. NE, distr. de Boudry. Village groupé devant un petit plateau marécageux, proche du lac de Neuchâtel. 998 in villa Bevacensi, 1139 Betuaci. 36 feux en 1559, 431 hab. en 1750, 740 en 1850, 1074 en 1900, 1217 en 1950, 1945 en 1970, 3603 en 2000.

Huit stations lacustres ont été dénombrées au bord du lac, cinq du Néolithique et trois de l'âge du Bronze. De la même époque, on a retrouvé un menhir au pied de la montagne et une nécropole de la civilisation des Champs d'urnes à l'ouest du village. La baie de B. a livré des pirogues monoxyles et des embarcations qui ont permis de connaître les techniques de construction navale aux temps gallo-romains. Des tombes murées sur trois étages, d'époque burgonde, ont été détruites lors de l'abaissement du Châtelard. En 998, un prieuré fut fondé à B. Il fut doté d'un petit territoire sur lequel s'érigea une seigneurie dont l'étendue correspond à l'actuelle commune de B. Vers 1263, elle appartenait en commun aux seigneurs de Gorgier, de Colombier (NE) et au prieur. Le comte de Neuchâtel possédait la garde, le droit de bannière et l'exécution des peines capitales. B. suivait la coutume de Neuchâtel. Après la Réforme, la seigneurie de B. passa à Jean-Jacques de Watteville, seigneur de Colombier (partie en 1541, partie en 1545), puis aux comtes de Neuchâtel (1564). A B., la justice civile était rendue par un maire, avec appel aux trois avoués, puis au comte de Neuchâtel. La mairie, citée dès 1362, fut supprimée en 1832 au profit de Boudry, qui exerçait déjà la justice criminelle. Le sanctuaire de B., près du monastère, tombait en ruine. Une nouvelle église, terminée en 1605, le remplaça au centre de la localité. Le village de B. est cité dès la fondation du prieuré. En 1263, un accord entre les avoués fixa les droits des habitants du lieu. A la fin du XVe s., ils s'organisèrent et réussirent à acquérir du prieur quelques propriétés (bois, prés, terres vagues). Au début du XVIe s., ils voulurent sans succès émettre des règlements et s'affranchir des amendes les plus lourdes. Le XVIIIe s. fut marqué par un violent conflit avec les habitants non-communiers pour l'usage des bois. B. se rangea résolument sous la bannière républicaine au début du XIXe s. Les fabriques d'indiennes de la basse Areuse attiraient beaucoup de Bevaisans. Cependant, le village resta agricole. Des drainages vers 1900, des remaniements parcellaires en 1941-1945 et en 1960 changèrent le paysage. La création d'une gare en 1859-1860 et l'essor des transports routiers en firent une commune de plus en plus résidentielle. L'industrie s'occupe surtout de microtechnique.


Bibliographie
– A. Schnegg, «Bevaix, du prieuré clunisien à la seigneurie», in MN, 1958, 12-28
MAH NE, 2, 1963, 395-418
– J.-D. Morerod, «La fondation de Bevaix et les débuts de l'hist. neuchâteloise», in RHN, 1998, 193-210

Auteur(e): Germain Hausmann