26/06/2012 | communication | PDF | imprimer

Saint-Léonard

Comm. VS. distr. de Sierre. A l'origine village situé sur la rive gauche de la Lienne, au pied du flanc droit de la vallée du Rhône, S. s'est étendu dans celle-ci depuis le milieu du XXe s. 1218 apud Sanctum Leonardum, ancien nom all. Sankt Leonhard. 140 hab. en 1802, 366 en 1850, 678 en 1900, 1070 en 1950, 1872 en 2000.

1 - Préhistoire

Plusieurs sites ont été découverts sur le territoire de S. L'habitat de Sur-le-Grand-Pré occupe une crête rocheuse (498 m) surplombant la plaine du Rhône; découvert en 1956, il a été fouillé par Marc-Rodolphe Sauter jusqu'en 1962. Le principal secteur se situe dans une longue dépression de 4 à 6 m de largeur comblée de lœss postglaciaire. L'occupation la plus importante remonte au Néolithique moyen (3700-3350 av. J.-C.), auquel il est possible de rattacher de nombreuses fosses-silos creusées dans le lœss stérile. Le matériel permet de définir un "faciès Saint-Léonard", ensemble tardif au sein du complexe Chassey-Cortaillod-Lagozza qui présente de nombreuses affinités méridionales. L'industrie lithique taillée comprend une forte proportion d'outils en cristal de roche et le débitage des roches vertes par sciage est fréquent. La céramique est caractérisée par un décor cannelé. Il est possible qu'une partie du matériel appartienne à une phase plus ancienne, proche du Chasséen (vers 4000-3700 av. J.-C.). La couche néolithique est surmontée par plus d'un mètre de terre, remaniée par l'implantation d'une vigne, et contenant des vestiges protohistoriques et romains. En contrebas du site se trouve la roche gravée de la Crête des Barmes, signalée en 1912 par Burkhard Reber, étudiée en 1974 par Pierre Corboud: quatre phases de gravures s'étendent du Néolithique à l'âge du Bronze, associées à deux zones de cupules. Enfin, un habitat du Néolithique moyen assez étendu, signalé en 1961 par Sauter, paraît présent dans le cône d'alluvions de la Lienne, à l'emplacement de l'actuel village. Ce dernier a livré, au lieudit Les Bâtiments, en 1975-1977, trois tombes en ciste de type Chamblandes (inhumations en position contractée), contenant respectivement quatre, trois et un individus associés à des ossements humains incinérés. Le nombre élevé d'individus permet d'attribuer ces tombes à une phase évoluée du Cortaillod, contemporaine de l'habitat de Sur-le-Grand-Pré.

Auteur(e): Alain Gallay

2 - Commune

Au Moyen Age, S. fit partie de la châtellenie de Granges (VS). Grâce à la donation de l'évêque de Sion Boson de Granges, S. passa vers 1240 à la mense épiscopale. Des familles de vassaux (S., Saillon et Chevron-Villette) administrèrent la seigneurie jusqu'en 1556, lorsque l'évêque la remit en fief à la communauté de S. Celle-ci nommait un châtelain qui, jusqu'en 1798, prêtait hommage à l'évêque et acquittait les redevances seigneuriales. La chapelle qui dépendait du prieuré bénédictin d'Ayent, mentionnée au XIe s., avait comme saint patron Léonard qui donna son nom au village. Elle devint paroissiale vers 1200; l'église paroissiale actuelle, néogothique, date de 1894. Au XIXe s., la correction du Rhône transforma la vallée et S. devint une région où prospèrent les vergers, les cultures maraîchères et les vignes (six caves en 2008). Economiquement, le village est tourné vers Sion et vers la fabrique d'aluminium de Chippis. L'érosion d'un banc de gypse a formé le plus grand lac souterrain d'Europe (longueur 300 m, largeur 20 m, profondeur 10 m) qui attire chaque année à S. plus de 100 000 visiteurs.

Auteur(e): Bernard Truffer / LH

Références bibliographiques

Bibliographie