09/11/2009 | communication | PDF | imprimer | 

Olten, comité d'

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Réunis à Olten le 4 février 1918, le comité de l'USS, la direction du PSS, le groupe socialiste du Conseil national et des représentants de la presse socialiste créèrent le "comité d'Olten", destiné à piloter sur le plan national la grève générale. En faisaient partie à l'origine Robert Grimm, Rosa Bloch, Friedrich Schneider, Konrad Ilg, Karl Dürr, August Huggler et Franz Reichmann, qui furent rejoints le 3 mars par Fritz Platten (à la place de Rosa Bloch), Charles Schürch et Ernest Paul Graber, puis le 12 avril par Werner Allgöwer (Harald Woker dès octobre), Emil Düby et Bernhard Kaufmann. Platten et Reichmann se retirèrent sans être remplacés. Ajouté à d'autres causes plus générales - énormes profits de guerre d'une petite minorité conjointement à l'appauvrissement d'une grande partie des travailleurs, refus d'associer les organisations ouvrières aux décisions politiques -, l'instauration d'un service civil obligatoire projetée par le Conseil fédéral servit de déclencheur au mouvement. Sous l'impulsion de Grimm, le comité, qui n'avait pas de compétences statutaires, devint l'organe exécutif des organisations ouvrières. Il exprima de manière réitérée une série de revendications, dont un programme économique en quinze points portant en priorité sur l'établissement d'un service de ravitaillement (mars) et la renonciation à une hausse du prix du lait (avril), assorti de onze requêtes demandant l'abrogation des restrictions frappant les droits politiques, un approvisionnement assuré, une augmentation des salaires ainsi qu'une réduction du temps de travail (juillet). Menaces et préparatifs de grève amenèrent les autorités à quelques concessions. Exposé davantage que les organes du PSS et de l'USS à la pression de courants plus radicaux, le comité d'Olten s'efforça de les contenir tout en gagnant à la grève générale les travailleurs modérés. Le 7 novembre, il appela à une grève de protestation pour le surlendemain afin de s'opposer à la levée de troupes. Sous le mot d'ordre "Au peuple travailleur de Suisse", l'action se transforma en grève générale le 10 novembre. Le comité exigeait neuf réformes dans le domaine syndical (semaine de quarante-huit heures), social (AVS) et politique (renouvellement du Conseil national, suffrage féminin), ainsi que, pour remédier aux conséquences de la guerre, l'instauration du travail obligatoire, la réorganisation de l'armée, la mise sur pied d'un service de subsistance, le monopole d'Etat pour le commerce extérieur et un impôt sur la fortune. Après un ultimatum du Conseil fédéral, le comité capitula au matin du 14 novembre et ordonna la reprise du travail. Etant donné qu'ils n'avaient rien commis qui relevât du droit civil, Grimm, Platten et Schneider furent déférés à la justice militaire qui, le 10 avril 1919, les condamna à six mois de prison pour incitation à l'émeute (proclamation de la grève). Des tentatives de poursuivre l'action du comité d'Olten en tant que "comité central d'action" échouèrent, de même que, par la suite, les velléités d'établir une direction commune pour un mouvement ouvrier syndical et politique.


Fonds d'archives
– Arch. USS
Sources imprimées
Der Landesstreik-Prozess gegen die Mitglieder des Oltner Aktionskomitees, 1919
– W. Gautschi, éd., Dokumente zum Landesstreik, 21988
Bibliographie
– M. Vuilleumier et al., La grève générale de 1918 en Suisse, 1977
– B. Degen, Richtungskämpfe im Schweizerischen Gewerkschaftsbund, 1980
– W. Gautschi, Der Landesstreik 1918, 21988

Auteur(e): Bernard Degen / DVU