26/04/2012 | communication | PDF | imprimer

Rarogne (commune)

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Comm. VS, chef-lieu du distr. de Rarogne occidental, sur la rive droite de la vallée du Rhône à l'entrée du Bietschtal, à l'ouest de Viège, comprenant les villages de R. et de Saint-Germain ainsi que les hameaux de Turtig et de Rarnerchumma. 1101-1200 Rarogni, 1146 Rarun, all. Raron. 360 hab. vers 1800, 411 en 1850, 553 en 1900, 969 en 1950, 1672 en 2000. Un habitat sur le Heidnischbiel, une nécropole à Blatt et des vestiges dispersés dans les vignes attestent une occupation continue du Néolithique à La Tène. L'habitat semble avoir été abandonné à l'époque romaine. Au Moyen Age, la colline à l'ouest du Heidnischbiel, sur laquelle la tour d'habitation romane, siège des vidomnes, avait été bâtie au XIIe s., fut fortifiée et devint l'image emblématique de R. L'évêque de Sion remit en fief le vidomat aux R., aux Asperlin et aux Chevron-Villette. La tour d'habitation, partiellement détruite en 1417 durant l'affaire de Rarogne, achetée par la commune en 1538, servit de maison du dizain et de prison (auj. propriété privée). La tour de la majorie, qu'habita entre autres la famille Asperlin, date du XIIIe s. R. a fourni un évêque et une série de grands baillis, ce qui valut à la localité le titre honorifique de Raronia prudens.

Le centre spirituel se trouvait initialement à Saint-Germain, où l'église remonte au VIIIe ou IXes. L'église de R. semble avoir été érigée en paroissiale en 1299 seulement. La grande paroisse englobait les quatre communes du tiers moyen du dizain de R. Unterbäch et Bürchen s'en détachèrent en 1554, Ausserberg en 1867. Dédiée à saint Romain, l'église de R. fut détruite par le torrent du Bietschbach en 1494 (à l'exception de la tour, démolie en 1938). Elle fut remplacée au début du XVIe s. par l'église de la forteresse (Burgkirche, même patron), installée dans la tour de la majorie, inhabitée, transformée en édifice gothique par Ulrich Ruffiner en 1508-1514. Restaurée dans les années 1970, la Burgkirche n'est plus desservie depuis la construction d'une église creusée dans le rocher au pied de la forteresse en 1974.

Les grandes maisons de pierre témoignent de l'aisance des bourgeois de Rarogne aux XVIIe et XVIIIe s.: maisons des Maxen, des Zentriegen, des Zmilacher, des von Roten, des Kalbermatt à Turtig, tour d'habitation à Rotigoblatt. L'intense trafic de transit sur l'ancienne route de la vallée par R. et Saint-Germain vers Viège contribua à la prospérité de l'endroit. Cette source de revenus disparut après la construction de la route de la rive gauche au XIXe s. L'endiguement du Rhône et du Bietschbach, ainsi que l'assèchement de la plaine (1865-1885) et la construction du canal de drainage de la Lonza en 1920 permirent de gagner des terres agricoles dans la vallée. Au cours de la seconde moitié du XXe s., R. s'est mué en commune vouée à la petite industrie et à l'artisanat, dont les immeubles locatifs et bâtiments d'exploitation s'étendent loin dans la vallée. L'aérodrome militaire, construit dans les années 1940, fut abandonné dans le sillage de la réforme Armée 95. Les hélicoptères d'Air Zermatt y disposent d'une base depuis 1980. Dans le cadre des NLFA, le portail sud du tunnel ferroviaire de base du Lötschberg a été ouvert à l'est de R. (2007). La commune est connue pour ses représentations régulières de mystères et de jeux de la Passion. En 2000, plus des trois cinquièmes de la population active travaillaient hors de la commune, essentiellement à Viège, Brigue-Glis et Steg.


Bibliographie
Raron, Burg und Kirche, 1972
– A. Pfammatter, Raron, St. German, 1988
– F. Cleusix-Fux, Raron - St. German, [1997]

Auteur(e): Anton Riva / AN