• <b>Postes, téléphones et télégraphes (PTT)</b><br>Le buraliste Franco Zanetti devant le bureau de poste de Certara, 1988. Photographie de  Rolf Widmer (Ringier Bildarchiv, RC01230, n<SUP>o</SUP> 7) © Staatsarchiv Aargau / Ringier Bildarchiv. Comme en témoignent les enseignes rouges, l'offre de cette filiale des PTT comprenait la poste, le téléphone et le télégraphe. Jusqu'à la fin du XX<SUP>e</SUP> siècle, les PTT étaient souvent l'unique fournisseur de services liés à la communication dans les zones rurales.

Postes, téléphones et télégraphes (PTT)

Le service postal fut confié en 1848 à la Confédération; ce monopole fut expressément étendu à la télégraphie en 1874 (Télégraphe) et au téléphone en 1878. L'administration de la poste était à l'origine distincte de celle des télégraphes et téléphones, mais dès les années 1850, on songea à les regrouper afin d'économiser des frais de gestion et d'exploitation, car les services télégraphiques et téléphoniques étaient souvent installés dans les bâtiments postaux. La fusion se fit graduellement entre 1920 et 1928: en 1920, la direction de l'administration des télégraphes fut remise au directeur général des postes, qui reçut en 1926 le titre de directeur général des postes et des télégraphes, puis des postes, télégraphes et téléphones (PTT) en 1928. Néanmoins, les structures d'exploitation (arrondissements postaux d'une part, télégraphiques, puis téléphoniques d'autre part) ne furent pas modifiées. Les PTT furent chargés en 1921 de l'administration des postes et télécommunications du Liechtenstein. Dès 1923, ils assurèrent la transmission d'émissions radiophoniques et dès 1953 télévisuelles, avec le mandat d'organiser et d'entretenir les studios de la Société suisse de radiodiffusion et télévision depuis sa création en 1931 jusqu'à la fin des années 1980. Les PTT étaient une entreprise fédérale indépendante sans personnalité juridique propre (Régies fédérales). Le Conseil fédéral exerçait la haute surveillance sur la gestion et les finances et définissait les grandes orientations conformément à l'intérêt général du pays.

<b>Postes, téléphones et télégraphes (PTT)</b><br>Le buraliste Franco Zanetti devant le bureau de poste de Certara, 1988. Photographie de  Rolf Widmer (Ringier Bildarchiv, RC01230, n<SUP>o</SUP> 7) © Staatsarchiv Aargau / Ringier Bildarchiv.<BR/>Comme en témoignent les enseignes rouges, l'offre de cette filiale des PTT comprenait la poste, le téléphone et le télégraphe. Jusqu'à la fin du XX<SUP>e</SUP> siècle, les PTT étaient souvent l'unique fournisseur de services liés à la communication dans les zones rurales.<BR/>
Le buraliste Franco Zanetti devant le bureau de poste de Certara, 1988. Photographie de Rolf Widmer (Ringier Bildarchiv, RC01230, no 7) © Staatsarchiv Aargau / Ringier Bildarchiv.
(...)

Jusqu'en 1960, l'entreprise eut à sa tête un directeur général. La loi fédérale de 1960 sur l'organisation des PTT instaura trois départements (poste, télécommunications et présidence), chacun dépendant d'un directeur général. Le sigle PTT désigna désormais les "postes, téléphones et télégraphes" (dans cet ordre). En 1965 fut créée une conférence consultative pour les questions relatives aux rapports entre l'entreprise et la clientèle. En 1970, les PTT se virent octroyer une autonomie similaire à celle des CFF et un conseil d'administration désigné par le Conseil fédéral. Ils furent dès lors gérés selon les principes de l'économie d'entreprise, tout en respectant les intérêts nationaux, invoqués pour justifier un financement croisé de la poste par les télécommunications. Les critiques émises dans les années 1980 contre la situation de monopole dans les télécommunications débouchèrent sur la loi de 1991 en la matière. A peu près au même moment, les PTT durent faire face à une concurrence accrue dans la distribution des exprès et des colis. Une nouvelle stratégie d'entreprise orienta plus nettement les secteurs de la poste et des télécoms vers leurs marchés spécifiques. La réforme des PTT amena en 1990 la transparence des coûts et la fin des subventions croisées, puis en 1993 la division de l'entreprise en deux entités, Poste PTT et Telecom PTT. La seconde acquit des participations à l'étranger, mais cette stratégie échoua dans une large mesure. En revanche, le portail internet Blue Window, introduit en 1996, se retrouva rapidement en tête du marché suisse. La loi sur les télécommunications de 1997 (entrée en vigueur en 1998) entraîna une libéralisation des télécommunications; en revanche, la loi sur la poste, la même année, n'instaura qu'une ouverture limitée du marché, afin de garantir les services de base sur tout le territoire. Les PTT furent dissous en 1998 (loi sur l'organisation de la poste et loi sur l'entreprise de télécommunications). Swisscom SA, société gérée selon les principes de l'économie privée avec une participation majoritaire de la Confédération, et La Poste, établissement de droit public de la Confédération, constituèrent depuis lors deux entreprises indépendantes.

En 1950, les PTT employaient quelque 30 000 personnes, en 1975, 50 000 et à leur apogée en 1992, 63 992. Au moment de leur dissolution, ils étaient le principal employeur de Suisse, générant le chiffre d'affaires intérieur le plus élevé du pays avec 13 milliards de francs.


Bibliographie
– R. Cop, Im Netz gefangen, 1993
– J. Odermatt, L'hist. de la réforme des PTT, 1997
– K. Kronig, éd., L'épopée de la Poste, 1999 (all. 1999)
– Ph. Ischer, Umbau der Telekommunikation, 2007

Auteur(e): Karl Kronig / FP