27/03/2006 | communication | PDF | imprimer

Evolène

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Comm. VS, distr. d'Hérens. La commune portant le nom d'E. fut créée en 1882, lorsque la commune d'Hérens fut partagée entre E. et Saint-Martin. Très vaste commune, E. s'étend sur toute la partie supérieure du val d'Hérens (rivière de la Borgne) jusqu'à la frontière italienne; elle comprend plusieurs villages: E., Villa, La Sage, La Forclaz, Les Haudères et Arolla, ainsi que le vallon de Ferpècle. 1250 Ewelina, 1444 in loco de Evolena. 1040 hab. en 1850, 1208 en 1900, 1300 en 1910, 1315 en 1950, 1522 en 2000.

Roches gravées et pierres à cupules; abris sous roche du Néolithique, du Bronze ancien et de La Tène. Au Moyen Age, la communauté d'Hérens était possession des seigneurs de Bex, vassaux des Savoie. Le territoire fut l'objet de nombreux échanges et ventes entre le chapitre de Sion, la métralie d'Ayent et les seigneurs de Rarogne. E. enregistra, au cours des XIVe et XVe s., une importante immigration de familles venues de Zermatt; en 1498, les deux tiers des habitants étaient de langue maternelle allemande. E. entretenait aussi de nombreuses relations avec le val d'Aoste et bénéficiait d'une place pour son bétail à Aoste, en vertu de plusieurs conventions. En 1517, la décision de la Diète valaisanne de fermer le col de Collon, jugé trop difficile à défendre, provoqua la colère des gens d'Hérens qui demandèrent que le passage soit maintenu et promirent qu'ils en assureraient la défense. Vers 1550, l'évêque Jean Jordan reconnut les coutumes d'E. et de Saint-Martin. Dès le XVIe s., la communauté d'E. racheta les redevances féodales. Au XIXe s., E. subit le contre-coup des conflits politiques; au cours des années 1840, la communauté d'Hérens eut deux conseils, l'un conservateur, l'autre libéral-radical. En 1881, les biens bourgeoisiaux furent divisés entre E. et Saint-Martin et les communes séparées l'an suivant. Au spirituel, E. releva de Saint-Martin jusqu'en 1722, puis devint paroisse. En 1445 cependant, 101 chefs de famille avaient demandé la construction, à leurs frais, d'une église à E.; la chapelle (vocable de saint Jean et saint Théodule) fut consacrée en 1448. En 1849, une chapelle fut bâtie à La Sage; en 1850, un chanoine du Grand-Saint-Bernard vint desservir Villa, La Forclaz et La Sage. Jusqu'en 1950, E. vécut surtout de l'agriculture de montagne (vache d'Hérens), mais la commune exploita aussi des mines de plomb et de cuivre et des carrières de pierre ollaire. Le tourisme prit naissance vers 1860 avec l'ouverture de l'hôtel de la Dent Blanche; il connaîtra son réel essor dans la seconde moitié du XXe s. (ski, parapente). En 1950, E. vendit ses eaux à la Société de la Grande Dixence. Attachée aux traditions, E. est l'une des dernières communes romandes où le patois est encore utilisé.


Bibliographie
– A. Gaspoz, Monographie d'Evolène, 1950
– A. Maistre, Simples notes sur Evolène et son passé, 1971

Auteur(e): Bernard Monnet