14/10/2004 | communication | PDF | imprimer

Bourg-Saint-Pierre

Comm. VS, distr. d'Entremont, à la frontière italo-suisse, qui se compose de B., de l'hospice du Grand-Saint-Bernard et du hameau d'Allèves, dépeuplé à la fin du XIXe s. 1125 Burgus Sancti Petri, ancien nom all. Sankt Petersburg. 305 hab. en 1850, 400 en 1870, 355 en 1900, 227 en 1950, 524 en 1960, 212 en 2000.

Etape obligée sur la route du Mont-Joux, fréquentée depuis le IVe s. av. J.-C. au moins, B. est probablement habité dès l'époque romaine. Un monastère-hospice (abbaye Saint-Pierre du Mont-Joux) est mentionné dès 812/820. Plusieurs fois ravagé, il perd de l'importance après 1050, au profit du nouvel hospice du Grand-Saint-Bernard. Au milieu du XIe s., B. devient possession des comtes de Savoie qui lui accordent franchises et privilèges pour le transport par le col, en échange de l'ouverture et de l'entretien du chemin. Après la conquête de 1475 par les Haut-Valaisans, B. obtient de l'évêque de Sion le maintien du droit de souste et le monopole de la "viérie" (entretien des routes). Il perd celui-ci en 1809, mais profite de l'augmentation du trafic due à la liberté de commerce.

Dès le XIIIe s., le village de B. devient bourg fortifié, défendu par les châteaux de Quart et d'Allinges, détruits en 1475. B. fit partie du gouvernement du Bas-Valais de 1475 à 1536, de celui de Saint-Maurice de 1536 à 1798. Le premier sanctuaire (VIIIe s.?) est détruit par les Sarrasins au Xe s., peut-être vers 940. Vers 1000, Hugues, évêque de Genève (env. 993-1020), reconstruit l'église. En 1739, on bâtit l'édifice baroque actuel en conservant l'ancien clocher roman. Commune d'altitude (le bourg est à 1632 m), au climat rude, à la majeure partie des terres incultes, B. a vécu surtout du transit. Avec l'ouverture du tunnel du Simplon (1906) et la modernisation des moyens de transport au début du XXe s., B. s'est progressivement dépeuplé. Le percement du tunnel routier du Grand-Saint-Bernard en 1964, son exploitation et le tourisme de passage ralentissent l'exode en créant de nouveaux emplois.


Bibliographie
– L. Blondel, «L'Eglise et le Prieuré de Bourg-Saint-Pierre», in Vallesia, 1, 1946, 21-41
– L. Moret-Rausis, Bourg-Saint-Pierre, souvenirs d'autrefois et images d'aujourd'hui, 1956
– L. Quaglia, La Maison du Grand-Saint-Bernard des origines aux temps actuels, 21972
– L. Quaglia, «Les services du passage du Saint-Bernard établis à Bourg-Saint-Pierre», in Ann. val., 1973, 43-76
HS, III/1, 248-252
– P. Dubuis et al., Une région, un passage, 1989

Auteur(e): Catherine Raemy-Berthod